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Urbanisation et végétalisation

Les politiques et l’aménagement urbains ne sont pas à la hauteur des enjeux climatiques. Aujourd’hui, ils répondent encore à des logiques croissancistes et développementalistes.
Au réchauffement climatique et aux épisodes de canicule, les pouvoirs publics opposent des réponses souvent assez cosmétiques, gestionnaires et techniques. Les modèles d’architecture bioclimatique proposés par les chercheurs sont pourtant très clairs : il faut libérer les espaces aux sols, construire en biosourcé, stopper les concentrations et ainsi désurbaniser massivement pour freiner un tant soit peu la dévastation écologique en cours.

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Les médias et la classe politique parlent davantage des pics de chaleur que connaissent les grandes métropoles. Mais, en ce qui concerne les solutions, on tourne en rond. Les raisons de cette stagnation sont simples : politiquement, il n’est pas très vendeur d`appeler à la désurbanisation et à la déminéralisation, y compris à gauche. De la même manière, un responsable politique qui souhaiterait imposer une limitation du peuplement des métropoles urbaines serait perçu comme usant d’une autorité dramatique au regard des enjeux économiques et marchands liés à la densification.

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Les îlots de fraîcheur, ce n’est absolument pas suffisant. Il n’y a ni assez d’emplacement ni assez d’espace au sol pour inverser la courbe des températures et plus largement la dégradation de la qualité environnementale des cadres de vie urbains. Les grandes villes sont devenues des lieux de rente immobilière, de rendement du capital. Si l’on veut libérer de l’espace au sol, il faut les sortir des mécanismes du marché. Mais cela semble très compliqué puisque, a priori, un arbre génère un peu moins de profit qu’un investissement de Nexity ou de Bouygues.

Dans ce cadre, re-végétaliser sans intervenir sur le régime de propriété foncière et immobilière ne pourra se faire que sur des micro-parcelles, là où les municipalités ont encore quelques moyens d’intervention. Les pouvoirs publics ne sauraient être à la hauteur, car nous sommes soumis à une économie globalisée, qui s’appelle le capitalisme, dans son temps néolibéral, avec attractivité et compétition urbaines.

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La ville est toujours considérée comme la solution, y compris dans les derniers écrits du Giec, alors même que c’est d’abord le problème.

Extraits d’un entretien de Guillaume Faburel dans Politis du 23 juin 2022.

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