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Dégradation de nos démocraties

Nos gouvernants […] n’ont pas compris que le FN est le fruit d’une dégradation de nos démocraties où le cynisme et l’impuissance viennent s’ajouter à l’isolement, voire à l’individualisme entretenu par le chômage, la précarisation de l’emploi et dans le travail.
On est confronté à deux réflexes. Un réflexe presque citoyen malgré les apparences : adresser un bras d’honneur électoral par l’abstention en réponse au bras d’honneur de la plupart des élites. C’est compréhensible. Et le vote assumé, maintenant, pour l’extrême droite, y compris dans sa part de xénophobie, ce qui est très grave. Voilà le résultat de toutes ces peurs anxiogènes cultivées ou banalisées sur l’immigration et les étrangers.
[…]
En quoi la politique économique de Hollande vous surprend-elle ?
Je ne m’attendais surtout pas à ce qu’on piétine ainsi une éthique, des convictions, des engagements, même « modérés ». S’être fait élire sur le combat contre la finance et commencer par le gavage du privé avec l’argent public, pourtant censé être destiné à réparer les failles de notre pays, c’est un pur scandale. Le CICE, le pacte de responsabilité… ce n’était pas prévu.
Dans le domaine des droits et des libertés, je m’y attendais encore moins. Là, on touche le fond. On invoque la République de manière creuse, la confondant avec l’ordre et la sécurité, et pendant ce temps on fait des choix qui délitent les solidarités collectives et donc la République réelle.

Pourquoi accepter un gouvernement qui trahit ?
Mais je ne l’accepte pas. Je n’ai pas voté la confiance à Valls. L’honnêteté devrait d’ailleurs l’inciter à se poser des questions. A-t-il fait reculer le chômage et la pauvreté ? Il se pose comme le meilleur rempart contre le FN. Le FN a-t-il diminué ? Qu’i1 réponde à ces questions, qu’i1 fasse son examen de conscience et on en reparlera.

Extrait d’un entretien entre Pouria Amirshahi et la rédaction de Siné mensuel (numéro de janvier 2016).

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La France championne du cumul des mandats

La limitation du cumul des mandats, c’est l’engagement 48 de François Hollande sur le renforcement des pouvoirs du Parlement. (…) Le non-cumul des mandats est un des éléments clé pour refonder le lien à la politique et restaurer la confiance avec les citoyens.
Aujourd’hui, 58 % des députés et 59 % des sénateurs détiennent en plus de leur mandat de parlementaire une fonction exécutive locale de direction d’une collectivité territoriale ou d’un EPCI ; 468 députés et 264 sénateurs cumulent plusieurs mandats ; 8 députés sur 10 détiennent plus d’un mandat, contre une moyenne de 20 % dans le reste de l’Europe. Pour le dire autrement, seuls 105 députés et 84 sénateurs se consacrent entièrement à l’exercice de leur mandat parlementaire.
La proportion du cumul de fonctions locales avec celle de parlementaire européen est moins répandue, mais atteint la proportion de 48,6 %, soit deux fois plus que les Allemands, et quatre fois plus que les Italiens. Les chiffres du cumul dans les autres grandes démocraties européennes méritent d’être évoquées : 24 % seulement en Allemagne, 20 % en Espagne, 7 % en Italie, 3 % au Royaume-Uni.

Extrait d’une intervention du député Sergio Coronado au parlement en juillet 2013.