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Nul, agressif et misogyne

Souvenirs, souvenirs…
Je vous raconte : je chronique chez Ruquier, et l’un des invités du jour a pondu un livre dont il vient faire la promo. Moi, vous me connaissez, j’ai la conscience professionnelle chevillée au corps. Je lis le bouquin de bout en bout, histoire de me sentir légitime pour en parler. Le bouquin est indigeste. Tellement taliban dans sa vision des femmes que j’en ai littéralement mal au bide. Vraiment.

Mais je ne suis pas inquiète : c’est tellement nul, agressif et misogyne que je me dis qu’il n’a aucune chance.
Je dis le mal que je pense du bidule. Tous les chroniqueurs sont d’accord, partagent une incrédulité navrée. Personne ne prend au sérieux les élucubrations du scribouillard, crispé et souriant, humble encore, qui se tortille sur son siège.
C’est un pamphlet, lui accorde-t-on.
Moi, je ne lui trouve aucune excuse mais je me dis que c’est un feu follet, il va s’éteindre de lui-même et on l’oubliera avant même d’avoir remarqué son existence. Il ne mérite même pas que je lève un sourcil indigné…
Ça se passait en 2006, sur France 2, dans On a tout essayé, animé par Laurent Ruquier.
L’auteur calamiteux s’appelait Éric Zemmour et je ne voyais pas comment il pourrait avoir du succès.
Je croyais savoir détecter un facho à distance. Je croyais connaître mes contemporains, je nous croyais à l’abri de l’extrême droite. Je ne voyais pas chez qui un tel discours pouvait trouver un écho.
Euh… C’est pas encore demain que je vais faire voyante extralucide…

Article d’Isabelle Alonso dans Siné mensuel d’octobre 2021.

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