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L’Éducation nationale et la surexposition aux écrans

[…] Mais soyons honnêtes : la part « pédagogique » est souvent bien minoritaire dans l’usage qu’ils font effectivement de ces outils.

Après la « continuité pédagogique » grâce au « distanciel » lors du confinement, dont l’institution s’est gargarisée, le déploiement du « numérique éducatif » est à l’origine d’une explosion, incontrôlable pour les familles, de la surexposition aux écrans. Mais c’est nous
parents qui ne savons pas gérer nos jeunes !
Alors que nombre de médecins alertent sur les dangers de passer plusieurs heures par jour devant un écran, l’Éducation nationale met le numérique au cœur de l’instruction, valide la surexposition comme norme et appelle cela « modernisation de l’école » et « innovation
pédagogique ». Mutation qu’elle impose sans concerter ni enseignants ni parents et sans l’évaluer. En Grand Est, région pionnière du « lycée 4.0 » lancé en 2017 et généralisé en 2019, aucune évaluation pédagogique du dispositif n’a été faite.
Dans le jargon ministériel, la stratégie est de « développer un écosystème global de l’e-Education, depuis les contenus et services jusqu’au matériel ». Alléger les effectifs de classes pour donner aux enseignants les moyens de faire leur travail et réformer le métier pour susciter des vocations ne fait pas partie des priorités. Pour éduquer les citoyens de demain, le ministère n’investit pas dans l’humain mais dans la technologie. Et justifie cette débauche numérique en assurant que c’est en immergeant les enfants dans le numérique qu’on en fera des utilisateurs avisés. Mensonge ! Oui nous vivons dans un monde où le numérique est partout, et oui il serait nécessaire que les enfants puissent recevoir une véritable éducation au numérique.
Mais éduquer AU numérique n’est pas éduquer PAR le numérique. Or aujourd’hui c’est bien une éducation PAR le numérique qu’on développe ; l’éducation AU numérique est pour ainsi dire inexistante.

Dans ces conditions, l’Éducation nationale renforce surtout la dépendance au numérique, produisant davantage des consommateurs captifs que des utilisateurs avisés, avec des opinions qui se forgent plus par les algorithmes que par la réflexion. Ou comment fabriquer une pensée standardisée. C’est bon pour la santé de la Ed Tech, des Gafam et du commerce, pas pour celle de nos enfants. Et c’est surtout bien inquiétant pour notre avenir à tous : isolés devant des machines, comment apprendre à faire société ?
Il y a de quoi s’interroger sur les véritables objectifs que nos gouvernants poursuivent à travers l’imposition de l’école numérique. Car ce que nous constatons, c’est qu’elle démonte l’instruction et ne contribue certainement pas à former des citoyens éclairés.
Pour signer la pétition : framaforms.org/nous-sommes-parents-deleves-et-nous-refusons-lecole-numerique-1670436057

Extrait d’un article de l’âge de faire de janvier 2023.

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