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Le travail tue

Le 17 septembre 2021, […] l’organisation mondiale de la santé et l’organisation mondiale du travail ont annoncé la conclusion de leurs travaux : le travail tue presque deux millions de travailleurs chaque année.

Nous devrions nous arrêter un instant pour prendre conscience de l’énormité de ce chiffre comparé à d’autres causes de décès. Les guerres tuent 86 000 personnes par an en moyenne, les drogues illégales environ 250 000. En 2020, la Covid a tué 1,8 million de personnes, selon les chiffres de l’OMS.
Cela signifie que le travail est six fois plus mortel que la guerre et la drogue combinées et qu’il est aussi létal que la Covid. On atteint des niveaux épidémiques. Il n’existe toutefois pas de guerre contre le travail, ni d’organisations caritatives luttant contre le travail, ni de battage médiatique, ni de grève générale, ni de programmes de santé publique massifs dédiés à la réduction des heures de travail et à l’amélioration des conditions de travail.

Loin de nos regards.
Sans doute est-ce parce que les emplois dangereux et difficiles, cachés à nos regards – par exemple les travailleurs dans les abattoirs, au fond des mines et auprès des malades – sont ceux qui rendent possible notre mode de vie confortable. Le système capitaliste prospère grâce à ces emplois – sans même parler de l’avidité des actionnaires. Il s’agit d’une réalité dérangeante que personne ne veut voir. L’exposition à la pollution de l’air sur le lieu de travail, par exemple, dans les usines et les industries extractives est responsable de 450 000 décès.
[…]

Surtravail.
Beaucoup de ces décès prématurés sont causés par le surtravail, selon l’OMS : « Les décès dus aux cardiopathies et aux accidents vasculaires cérébraux associés à l’exposition à de longues heures de travail » ont causé 750 000 décès. Parmi dix-neuf facteurs de risques analysés, « le risque principal est l’exposition à de longues heures de travail », soit le tiers.
D’année en année, la situation ne fait qu’empirer.
Selon le rapport, entre 2000 et 2016 « les décès dus aux cardiopathies et aux accidents vasculaires cérébraux associés à l’exposition à de longues heures de travail ont augmenté respectivement de 41 % et l9 %. Ces chiffres témoignent d’une tendance à la hausse de ce facteur de risque psychosocial relativement nouveau. »

Extraits d’un article de Tom Hodgkinson dans L’Écologiste de février – avril 2022.

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