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Eugénie Bastié et les média

Eugénie Bastie est désormais une personnalité du théâtre de marionnettes qu’est la télévision. Nous l’avons vu apparaître en 2015 lors de la création de la revue Limite par des jeunes « cathos-décroissants ». Elle y était rédactrice en chef associée. Répugnant plus que tout aux cabales qui sont la marque de fonctionnement des mass media – ici, ânonner que cette revue est encore aujourd’hui un nid d’ultra-archi-méga-réactionnaires, ce qui est faux -, nous ne nous attarderons pas sur le sujet. Disons simplement que Limite est une revue d’opinion qui défend ses convictions chrétiennes, ce qui est son droit le plus strict, et qui ose s’afficher comme partisane de la décroissance, ce qui est déjà remarquable dans le paysage médiatique actuel, notamment face à ses calomniateurs complétement à la botte.
« je suis jeune, je suis une fille, je sais que je suis ‘bankable’ « , avait reconnu à ses débuts Eugénie Bastié. Ça avait le mérite de la lucidité et de la franchise. Ce type de profil ne pouvait en effet qu’intéresser nos oligarques à la recherche d’agents pour leurs médias.
Eugénie Bastié s’est écartée progressivement de Limite pour privilégier sa carrière au Figaro puis à CNEWS. Le piège de la vanité s’est alors refermé sur elle. Nous la retrouvons aujourd’hui présentatrice d’une émission, Place aux idées, sur la chaîne de M. Bolloré. Mais accéder à la notoriété a un prix avec ce type de grands prédateurs. Et c’est là que l’on va se marrer, car c’est aussi l’objet de cette rubrique. La voici donc désormais animatrice télé comme les autres, jeune femme obligée de tenir le crachoir et d’assurer la promotion des nouveaux chefs-d’œuvre des vieux mâles blancs réacs qui font la joie des médias droitards.
[…]
Revenons au propos d’introduction d’Eugénie Bastié sur les mass media. L’idée selon laquelle ceux-ci ne déterminent pas les élections est évidemment une blague. Seuls les gogos la gobent encore, mais ils sont hélas nombreux. D’autant plus que ce mensonge fait bien entendu partie intégrante de la propagande médiatique. Il faut habiter une autre planète pour ne pas les voir battre campagne actuellement pour leur candidat et celui qu’ils ont désigné pour être son faire-valoir.
Inutile de nous lancer ici dans une énième démonstration que « l’opinion, ça se travaille », elle a été faite à de multiples reprises. Ce canular est bien sûr répété à l’envi par tous ceux qui « veulent en être », comme Eugénie Bastié.
Les pires insultes à la Ferry/Bruckner & Cie ne sont d’ailleurs jamais loin contre ceux qui décrivent simplement la réalité de la structuration économique des grands médias. La présentatrice de CNews voudrait de surcroît nous faire avaler que ce discours critique est spécifiquement « de gauche », et qu’il prendrait les citoyens pour des neuneus (Séguéla ne dit pas autre chose contre les réfractaires à la pub). Les 10 milliardaires et l’État qui possèdent tous les mass media y martèlent la promotion d’une idéologie capitaliste libérale à laquelle s’est soumise la plus large partie de la gauche, quand celle-ci n’en n’a pas été fer de lance. […]

Car la soumission à cette « médiacratie » – titre d’un vieux livre de feu le journaliste-vedette François-Henri de Virieu – est la condition d’accès à la parole publique, donc au pouvoir. Refusez-la et vous vous retrouverez à contribuer à nos Samizdat contemporains, c’est-à-dire l’équivalent des revues dissidentes qui étaient distribuée sous le manteau en URSS. Donc à lire La Décroissance !

Extraits d’un article de Vincent cheynet dans le journal La Décroissance d’avril 2022.

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