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Environnement Santé

L’enfumage des milliards de la PAC

Ursula Von Der Leyen martèle à l’envi que l’Union européenne (UE) vise l’exemplarité climatique. Cette ambition s’incarne entre autres dans la stratégie « De la ferme à la table » (2020). Cette communication de la Commission fourmille de propositions intéressantes, dont l’augmentation de la part des surfaces bio de 25%, la diminution de l’utilisation des engrais de 20% et la réduction de 50% de des pesticides à l’horizon 2030, constituent des mesures phares.
Seulement voilà, par essence, une communication n’a aucune force juridique contraignante, à l’instar des résolutions (non législatives) du Parlement européen. Leur enjeu principal : fixer les grandes orientations politiques, sans engagements formels.
En clair, ce sont principalement des outils de « com » auprès du grand public. Car, dans la réalité, la PAC telle qu’adoptée en décembre 2021 est la seule qui compte sur le plan juridique. Les propos lénifiants des instances européennes, selon lesquels la PAC s’est définitivement mise au vert, ne résistent pas à l’épreuve des faits. La législation et les moyens financiers alloués pour répondre aux objectifs fixés suintent le statu quo.

Ancrer la nouvelle PAC dans la transition écologique suppose, au préalable, de tirer les leçons de ses échecs. C’est l’exercice auquel s’est adonné la Cour des comptes européenne, dont la mission est d’assurer la bonne utilisation des deniers publics. Or, il se fait que ses rapports spéciaux sur la PAC s’apparentent à de véritables réquisitoires. L’un des derniers, Politique agricole et climat 2021, ne fait pas exception. Le grand écart entre les engagements sur papier, de plus en plus ambitieux, et l’émission réelle du secteur agricole y est dénoncé sans ambages.
Côté pile : 100 milliards d’euros ont été affectés pour l’action climatique dans le cadre de la PAC 2014 – 2020, dont la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) était un objectif phare ; une manne financière qui équivaut à 26% des financements de la PAC. Côté face : l’UE et ses États membres n’ont étrangement jamais chiffré l’objectif de réduction à atteindre. Sans surprise, les émissions de GES n’ont pas diminué.
[…]
Cerise sur le gâteau : le contrôle des mesures d’ « éco-conditionnalité » constitue un autre scud lancé par la Cour des comptes. En pratique, elles lient les paiements relevant de la PAC au respect d’un ensemble de règles qui visent à garantir de « bonnes conditions agricoles et environnementales » ainsi qu’un corpus de règles en matière d’environnement, de changement climatique, de santé publique et de bien-être animal, appelées « exigences réglementaires en matière de gestion ». Concrètement, cela signifie qu’en cas de non-respect de celles-ci, les bénéficiaires de la PAC s’exposent à une réduction de la subvention annuelle qui leur est accordée par l’UE. Dans les faits, seul 1% des agriculteurs est contrôlé. Du reste, en cas d’infraction, la sanction est peu dissuasive : l à 5% des aides peuvent être confisquées.

Extraits d’un article d’Inès Trépant dans L’Écologiste de août–octobre 2022.

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Santé

Vaccination indispensable, mais pas pour tout le monde…

Dès octobre 2020, l’Afrique du Sud, l’Inde et une centaine de pays en développement, faisant face à de grandes difficultés pour s’armer face à la pandémie du Covid-19, ont porté au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) une demande de levée temporaire des barrières de propriété intellectuelle sur les produits médicaux nécessaires pour mettre fin à la pandémie de Covid-19, appelée « waiver ».
Depuis un an et demi les pays riches, Union européenne en tête, freinent les négociations pour protéger les intérêts des grands groupes pharmaceutiques. Le waiver est un moyen de lever les obstacles juridiques qui empêchent des producteurs de génériques de produire des vaccins. Ce qui aurait permis, entre autres, de casser leur prix artificiellement gonflés par Pfizer et Moderna, et in fine d’augmenter la production et la distribution de vaccins dans les pays en développement.
L’Union européenne a créé une diversion en proposant dans un premier temps une contre-proposition au waiver, un statu quo qui reformulait les dispositions sur les licences volontaires et obligatoires déjà précédemment prévues. Depuis, elle a soutenu un nouveau texte jugé par la société civile comme encore plus restrictif que la proposition initiale de l’Union européenne. Ce compromis est bien loin de la demande de waiver et ajoute des complexités aux dispositions déjà existantes sur les licences. Il se limite aux vaccins, exclut les autres produits médicaux tels que les traitements et les diagnostics, ne concerne pas l’ensemble des limites liées à la propriété intellectuelle tels que les droits d’auteurs, les dessins industriels et les données non divulguées liées aux technologies médicales. Le compromis introduit des clauses et des obligations supplémentaires pour les États qui souhaiteraient produire les vaccins, comme des limites d’exportation qui signifieraient qu’un vaccin produit en Afrique du Sud ne pourrait pas être exporté dans des pays voisins non-producteurs de vaccin, limitant ainsi la viabilité commerciale de potentiels producteurs africains.
Ces négociations sur le vaccin anti-Covid créent un triste précédent. Celui où, même après une pandémie ayant coûté la vie à plus de 20 millions de personnes et causé le plus fort regain d’extrême pauvreté depuis plus de 20 ans, les pays riches ont refusé d’entendre l’appel des pays en développement et ont fait primer les intérêts d’une poignée de milliardaires du vaccin, véritables profiteurs de la pandémie. Des régions entières sont toujours très peu vaccinées, exposant ainsi la planète à l’apparition de nouveaux variants potentiellement plus dangereux.

Article de Sandra Lhote Fernandes, responsable de plaidoyer santé chez Oxfam France, dans Lignes d’attac de juillet 2022.

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Économie Environnement Santé

Marché mondial et libéral alimentaire

Plus généralement, la fin des énergies fossiles abondantes et bon marché représente une menace très sérieuse pour le modèle agro-industriel. Celui-ci en dépend a tous les niveaux. Les tensions actuelles sur l’approvisionnement en engrais azotés de synthèse suite à l’envolée du prix du gaz fossile illustrent bien cette vulnérabilité. Le principal risque pour notre sécurité alimentaire future serait de ne pas tenir compte des limites physiques auxquelles fait face le modèle dominant et d’essayer de le maintenir en place coûte que coûte sous couvert de garantir la sécurité alimentaire de régions moins productives.
Or, l`insécurité alimentaire est avant tout un problème de précarité et non de production agricole insuffisante. C’est le cas en France – où un quart de la population se restreint dans ses achats alimentaires pour des raisons financières – comme ailleurs. L’Inde par
exemple est à la fois le premier exportateur de riz et le pays avec le plus grand nombre de personnes sous-alimentées.

D’après la FAO, la disponibilité alimentaire actuelle à l’échelle mondiale permettrait de nourrir 9,8 milliards d’humains. On pourrait nourrir encore bien plus de personnes si on utilisait directement pour l’alimentation humaine les surfaces en céréales et autres cultures actuellement destinées aux animaux d’élevage.

Le commerce de matières agricoles est généralement présenté comme un élément clé de la sécurité alimentaire.
C’est vrai dans le sens ou il permet de subvenir aux besoins d’une région en cas de crise climatique, sociale ou politique, ou de combler les manques de territoires nettement déficitaires. Mais à l’échelle mondiale, la libéralisation des échanges a pour principale conséquence de mettre en concurrence les petits producteurs des pays dits du Sud avec les agriculteurs subventionnés des pays industrialisés, dont la productivité est 100 à 1 O00 fois supérieure. Il s’agit d’une cause majeure d’appauvrissement de la paysannerie et d’insécurité alimentaire chronique. Cela conduit à terme à affaiblir les capacités de production des pays importateurs et rend leur population très vulnérable à une hausse des cours mondiaux.

S’il est nécessaire d’apporter des réponses d’urgence aux situations de crise, elles ne doivent pas masquer les problèmes structurels qui contribuent à l’insécurité alimentaire. La priorité est de créer les conditions pour que les différentes régions du monde se nourrissent elles-mêmes : accès équitable au foncier, développement des systèmes de production agroécologiques diversifiés et économes en intrants, protection des producteurs face à la concurrence déloyale. Lorsque la production agricole est localement insuffisante, les surplus des autres régions viennent alors compléter les besoins, à condition qu’ils ne soient pas détournés vers l’alimentation animale.

Extrait d’un article des Greniers d’abondance dans le journal La Décroissance de mai 2022.

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Consommation Économie Santé

Sécurité sociale alimentaire

A plus de 75 ans, la toujours fringante Sécurité sociale doit poursuivre son déploiement. Après la dépendance, certains prônent l’alimentation en sixième branche.
Et si le temps était venu pour une sécurité sociale de l’alimentation ?
Voyons comment ça marche. D’abord, il s’agit d’augmenter le Smic et les bas salaires par le versement sur une carte de « monnaie marquée », c’est à dire réservée à des organismes professionnels conventionnés (comme l’est la carte de Sécu avec les médecins ou les pharmaciens). Les producteurs, vendeurs ou restaurateurs sont sélectionnés par des caisses locales d’alimentation selon des critères de progrès humain. Les conventionnés sont ceux qui produisent bio, respectent le droit du travail, ne font pas appel au marché des capitaux – on en passe et des bien mûres.
Ensuite, un salaire à vie est versé à tous les travailleurs de la filière, comme dans la fonction publique.
« Il s’agit de sortir de la marge tous ceux qui aujourd’hui, de manière alternative, produisent et distribuent une nourriture de qualité libérée de la logique capitaliste », explique Bernard Friot, économiste et historien de la Sécurité sociale. Sa plaidoirie pour une extension au secteur alimentaire du régime général des soins mis en place au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le ministre communiste du Travail Ambroise Croizat circule comme jamais.
Le Réseau Salariat, association d’éducation populaire, en propose la version aboutie en concertation avec des mouvements citoyens, par exemple Alternatiba (les décrocheurs de portraits de Macron), et des militants comme Laura Peterseil et Kévin Certenais, auteurs de Régime général. Pour une sécurité sociale de l’alimentation (Riot éditions).
Il y a aussi avec eux des ingénieurs agronomes effrayés que leurs aînés aient pu laisser le champ libre pendant quarante ans à Monsanto – aujourd’hui contrôlé par Bayer – et autres cinglés du productivisme, responsables de l’épidémie de suicides de paysans pauvres et dépossédés de leur savoir-faire, responsables aussi de la condition effroyable des animaux dits de boucherie.
Le marché de la nourriture représente 250 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel. Si on met 100 euros par personne et par mois sur la carte Alimentation (bien entendu inutilisable dans les grandes surfaces), c’est 80 milliards, soit un tiers du chiffre d’affaires de l’agrobusiness et de la fakefood ultra-transformée, qui n’iront plus aux multinationales et à leurs actionnaires.

Article d’Anne Crignon dans Siné mensuel de mai 2022.

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Médias Santé Société

Censure en démocratie

Ce n’était déjà pas simple avant, mais depuis l’apparition du Covid, il est devenu à peu près impossible d’émettre la moindre critique sur la vaccination, en général. L’interdiction de douter concerne bien tout ce qui touche de près ou de loin à la vaccination.
Exemple, avec le problème des adjuvants aluminiques : des scientifiques tout à fait sérieux soupçonnent que l’aluminium contenu dans certains vaccins puisse provoquer des troubles importants chez certaines personnes, en provoquant notamment une maladie appelée myofasciite à macrophages (Lire L’âdf n° 159). Les recherches en la matière avaient donné naissance à un documentaire tout aussi sérieux, intitulé L’aluminium, les vaccins et les 2 lapins. Mis en ligne sur le site de l’association d’entraide aux malades de myofasciite à macrophages (E3M), celui-ci a été tout bonnement supprimé par Youtube le 1er février 2022. Prétexte avancé par la plateforme : « Informations médicales incorrectes ». Nouveau gardien de la vérité, Youtube (détenu par Google) a ainsi supprimé en février plusieurs vidéos portant sur le sujet. La dernière en date est le documentaire Aluminium, notre poison quotidien, qui ne devait pourtant pas être totalement délirant, puisqu’il avait été diffusé sur France 5 en 2011. L’association E3M a engagé un référé contre Google.

Article paru dans l’âge de faire de mai 2022.

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Médias Santé

Censure covidienne

[…] il y avait des choses que je ne comprenais pas. Ni intellectuellement ni moralement. Pourquoi ne pas respecter le B.A BA des plans pour faire face à une épidémie : tester-isoler-soigner ? Pourquoi mettre hors jeu la médecine de ville ? Et tout faire reposer sur l’hôpital public en sachant l’état ou il est. On s’est privé de tous nos atouts !

 

Sébastien Boitel : Êtes-vous sorti de vos domaines de compétence  ?

 

Laurent Mucchielli : C’est ce qu’on dit pour me discréditer et ne pas discuter du fond. D’autant que mon expérience m’a aidé. Montrer comment on joue sur la peur, je le fais depuis 20 ans. Mettre en évidence les phénomènes de corruption aussi. Dans mon manuel de sociologie, je consacre un chapitre à la délinquance en col blanc. Notamment au sein de l’industrie pharmaceutique. Voilà pourquoi, avant même les vaccins, j’étais préparé. Et pour travailler, je me suis entouré d’une cinquantaine de personnes. Quant à l’intitulé de mon travail, il n’a pas bougé : Enquête sur la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid. De la sociologie, pas de la virologie.

 

SB : D’où le terme « doxa »…

 

LM : Popularisé par Bourdieu, cela désigne à la fois le discours dominant et des dominants. Et indique que ce qui est raconté est une construction qui s’est imposée comme une pseudo-évidence. Grâce à un certain nombre de mécanismes.
D’abord la peur : avec ce virus, on va tous mourir ! Ensuite l’impuissance : on ne peut pas soigner. D’où le confinement. Seul moyen d’en sortir ? Le vaccin. Avec, tout au long, une normalisation éditoriale avec constitution d’un espace légitime de discussion. En rejetant tout ce qui contrevient au discours officiel dehors, dans cette catégorie fourre-tout de « complotisme ».
Et ce, grâce à l’alliance de fait entre plusieurs acteurs : l’industrie pharmaceutique dont le marketing devient message politique ; l’OMS dont le principal financeur est la fondation Bill Gates, soutien massif des vaccins ; les gouvernements ; les médias, de plus en plus dans la com’ et les Gafam avec des phénomènes de censure gravissimes.

 

SB : Quid de Mediapart qui a « dé-publié » un des billets de votre blog ?

 

LM : J’ai subi leur censure non pas une mais quatre fois. Pour des articles rédigés avec des médecins, des universitaires… Voilà pourquoi je fais mes adieux à un média qui dit défendre la liberté d’expression, les lanceurs d’alerte, les intellectuels critiques mais qui n’a jamais répondu à mes demandes. Et qui, dans cette crise, a raconté la même chose que les autres.

Extrait d’un entretien de Laurent Mucchielli dans le mensuel Le ravi de mars 2022.

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Santé Société

Vaccins OGM

Fabrice Lamarck, membre du groupe Grothendieck

Ni moi ni mes camarades ne sommes opposés au principe de la vaccination. Celle-ci a permis, en combinaison avec d’autres actions curatives et préventives, d’éradiquer certaines maladies graves comme la fièvre typhoïde, la rage, la variole, etc. Mais les nouvelles technologies vaccinales n’ont rien à voir avec les techniques de vaccination à virus vivant atténués (BCG) ou a virus mort (dit « inactive ») en usage massif depuis l’après-guerre.

Le système médiatique qualifie toute personne qui doute de l’innocuité ou de l’efficacité de ces nouveaux vaccins d’ « anti-vax ». Or, toute la démarche scientifique est basée sur le doute et la critique d’éléments rationnels. C’est une posture saine, particulièrement dans les moments de crise. « j’aime les gens qui doutent », chantait de sa belle voix Anne Sylvestre disparue l’an dernier. Doutons donc, et raisonnons.

Bien qu’elles existaient à l’état expérimental depuis une vingtaine d’années, les nouvelles technologies vaccinales se sont rendues visibles vers 2016 dans le sillage des virus Ebola, du Zika, du chikungunya et maintenant du SARS-CoV-2. Pour simplifier, les vaccins de nouvelle génération sont de deux types. D’une part, il y a la technologie dite du « virus chimère » ou « mutant » (OGM) : un virus vivant bénin sert de « vecteur », de moyen de transport, dans lequel on intègre du matériel génétique du virus dont on veut se prémunir. Ce sont des vaccins à ADN modifié : AstraZeneca par exemple. l’autre type de vaccin utilise du matériel génétique (ARN messager modifié), enrobé dans un vecteur complètement artificiel. C’est le cas pour Pfizer-BioNtech ou Moderna.

Cette deuxième technologie, inédite, est injectée massivement depuis décembre 2020. Ceci sans tests cliniques satisfaisants, tant sur l’innocuité que sur l’efficacité. Le docteur Michel de Lorgeril parle dans son livre de « défaillance chronique de la pharmacovigilance ». Ce qu’il y a d’extraordinaire avec ces nouveaux vaccins, c’est que, après que l’ADN modifié ou l’ARN des vaccins a pénétré dans certaines de nos cellules, celles-ci vont produire une protéine virale (pour déclencher la réponse immunitaire, la production d’anticorps). Jusqu’a présent, les cellules humaines « fabriquaient » bêtement des protéines… humaines ! Voila ce qu’il y a de « révolutionnaire ». Nos corps humains connaissent des « modifications génétiques temporaires » pour produire une protéine « étrangère » !
[…] ces crises sanitaires ont permis deux choses : l’afflux de crédits et la levée des barrières morales portant sur l’injection à l’humain de biotechnologies contenant du matériel génétique et des OGM viraux. « Affranchies des précautions exigées dans la modification génétique sous prétexte de l’urgence humanitaire que constitue la maladie Ebola, les équipes de chercheurs ont enfin pu s’installer dans une politique du tout est bon, rien n’est interdit pour sauver des vies », écrit encore Michel de Lorgeril. L’histoire nous a appris qu’une fois qu’une barrière éthique est levée, il est très difficile de revenir en arrière.
Pour le bonheur des chercheurs, mais aussi celui des industriels en biotech et autres start-uppers : les marches « pour sauver des vies » sont en forte croissance ! […]

En Chine et aux États-Unis, des embryons humains ont été modifiés à l’aide des « ciseaux moléculaires ». Deux petites jumelles chinoises génétiquement modifiées sont nées en 2018 grâce à cette technologie. Il existe même un « sommet international sur l’édition du génome humain » organisé par de prestigieux organismes de recherche où tous les beaux monstres du techno-capitalisme sont exposés et commentés à l’infini.

Fabrice Lamarck, membre du groupe Grothendieck, biologiste de formation, dans le journal La Décroissance de novembre 2021.

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Encore plus d’ondes avec la 5G

Pour l’instant, ils (les opérateur télécom) se consacrent donc à la première étape, conformément au « New Deal Mobile » signé avec le gouvernement en 2018 : planter des pylônes partout, faire disparaître la moindre zone blanche (merci bien pour les électrosensibles), densifier le réseau et donc épaissir le brouillard électromagnétique. Et pas qu’un peu.
« On s’attendait à une augmentation, mais l’ampleur du phénomène nous surprend quand même », souffle Catherine Gouhier, présidente du Criirem (Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les Rayonnements Électro-Magnétiques non-ionisants).

Jusqu’à 20 volts par mètre

Certaines estimations évaluaient à 30 % l’augmentation moyenne de l’exposition aux ondes électromagnétiques avec l’arrivée de la 5G. Celle-ci n’est pas encore sortie de ses starting-blocks, mais Catherine Gouhier estime que les niveaux d’exposition ont déjà augmenté d’environ… 50 % !
« Il y a une hausse générale, mais elle est encore plus marquée en milieu urbain », précise-t-elle. Les chiffres ont de quoi hérisser les cheveux sur la tête – quasiment au sens propre : « Avant, lorsqu’on faisait une mesure à 3 ou 4 volts par mètre, ça nous semblait déjà beaucoup. Aujourd’hui, on mesure régulièrement des expositions à 10 V/m, et jusqu’à 20 V/m. »
Bien sûr, les normes sont encore respectées puisqu’elles ne nous protègent que des effets immédiats, dits « thermiques » : les antennes ne nous crament pas encore la peau, il reste une petite marge. Mais pour rappel, le Conseil de l’Europe, qui a bien compris le problème, estime pour sa part qu’il ne faudrait pas dépasser… 1 V/m pour protéger la santé humaine sur le long terme (Résolution n° 1815 du 27 mai 2011 de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe).

L’Agence nationale des fréquences ne semble pas s’en préoccuper du tout, s’inquiète Catherine Gouhier. Quand an fait des mesures sur des sites ou l’on trouve des niveaux très élevés, on leur signale, mais on n’a pas de réponse. »
Que fait donc l’ANFR ? Peut-être que la mise à jour de sa carte Cartoradio, qui recense toutes les antennes relais du pays, lui prend tout son temps…

Extrait d’un article de Nicolas Bérard dans l’âge de faire de décembre 2021.

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Lutte de classe pour la santé

« L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne ». Écrite par Voltaire dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, cette phrase sur les puissants, les gens d’argent, les castes et les clans est toujours d’actualité. Les riches s’enrichissent pendant la crise du Covid-19 alors qu’un grand nombre de gens des classes moyenne et pauvre meurent ou s’appauvrissent.

[…] Ce qui est vrai sur l’ensemble du pays se décline à l’hôpital. Malgré l’épidémie, la concurrence n’a pas marqué de pause. Pire, elle s’est intensifiée. Les gros établissements hospitaliers ont avalé les petits. Les fermetures de lits se poursuivent, comme prévu, au mépris de la prise en charge des malades. À l’hôpital, c’est la lutte des classes à tous les étages entre médecins et personnels. Ce virus est social, économique culturel et sociétal, il tape et tue d’abord les plus faibles.
Prenons les Antilles et la Guyane. Le coronavirus et son variant Delta ont fondu sur les Caraïbes déjà en souffrance du fait de l’obésité, du diabète, de l’hypertension artérielle et de la pauvreté.

[…] L’hôpital de Guadeloupe, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Pointe-à-Pitre, détruit par un incendie au mois de novembre 2017, n’est toujours pas reconstruit. Manque de moyens. Pire, la demande des élus pour bénéficier de médecins et d’un système de santé digne de ce nom n’a jamais abouti.

[…] Ce virus a montré que les pays d’extrême droite laissent mourir leur population, comme le Brésil de Bolsonaro et les États-Unis de Donald Trump. Quant aux vaccins, qui auraient dû être patrimoine de l’humanité, ils sont devenus objets de commerce et font exploser les actions des entreprises pharmaceutiques. Les riches s’enrichissent.
Les pays pauvres, et notamment ceux d’Afrique du Nord, voient s’effondrer leur population dans le silence des médias français et sans que les groupes pharmaceutiques donnent les vaccins. L’Italie s’est fendue d’un don de milliers de doses à la Tunisie, mais c’est bien dérisoire.
Vous croyez que c’est terminé ? Pas du tout… Les variants menacent. Le Delta remet en question une partie de l’efficacité du vaccin. C’est très inquiétant car si les vaccins se montrent inefficaces contre un prochain variant, il faudra en trouver d’autres et de nouveau vacciner tout le monde. Mais pendant ce temps, un petit nombre de patrons des industries pharmaceutiques se goinfrent de pognon en regardant les démocraties tomber vers l’extrême droite et les plus pauvres mourir. Plus que jamais, la lutte de classes est d’actualité.

Extraits d’un article de Patrick Pelloux dans Siné mensuel de septembre 2021.

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Politiques agricoles contre la nature

Le système agroalimentaire qui a pris racine au cours des dernières décennies constitue une menace pour notre environnement et notre santé. Responsable de près de 20 % des émissions de CO2, l’agriculture productiviste a également ruiné la biodiversité et les sols, par l’usage intensif des engrais et des pesticides. Les aliments transformés issus de l’agro-industrie sont à l’origine de maladies en forte augmentation telles que le diabète, l’obésité, les troubles cardio-vasculaires, les cancers. Ce système agro-industriel hyper-concentré autour de grands
groupes, comme Lactalis ou Danone, ne parvient pas à rémunérer décemment les agriculteurs, dont 22,4 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit deux fois plus que la moyenne nationale.

Cette agriculture productiviste génère des excédents – la France est le cinquième exportateur agricole dans le monde – mais ne permet pas de lutter contre la malnutrition : 3,9 millions de Français (6 % de la population) ont recours à l’aide alimentaire.

Les politiques publiques aggravent la crise du système agroalimentaire. Avec 58 milliards d’euros d’aides par an, dont 9 milliards pour la France, la politique agricole commune (PAC) est le plus gros budget de l’Union européenne. Cette PAC vient d’être renouvelée pour 2023-2027 et affiche des objectifs écologiques qui sont du « greenwashing ». Selon la plateforme Pour une autre PAC, qui regroupe une cinquantaine d’organisations, cette politique agit « au mépris des enjeux sociaux, environnementaux et alimentaires », car les aides restent concentrées sur les grandes fermes, les élevages industriels, les grandes surfaces céréalières, au détriment des petites et moyennes exploitations et de l’agriculture durable.

Il est pourtant démontré scientifiquement que l’agriculture durable – l’agroécologie – est la plus performante en matière économique, sanitaire et environnementale, comme l’illustre une étude récente de France Stratégie (Les performances économiques et environnementales de l’agroécologie). Sans surprise, les lobbys agro-industriels s’opposent à une réorientation de la PAC vers le soutien à l’agriculture durable, ce qui suppose l’abandon du modèle agro-industriel dominant.

Favoriser une agriculture diversifiée et plus intensive en main-d’œuvre implique de plafonner les aides par actif. L’adoption de nouvelles pratiques culturales nécessite une plus forte conditionnalité environnementale des aides, comme l’interdiction des produits phytosanitaires. Les aides à la conversion doivent être revalorisées pour accélérer le mouvement vers l’agriculture durable. Le gouvernement, qui dispose d’une grande marge de manœuvre pour attribuer les aides de la PAC, a présenté ses choix le 21 mai. Approuvés par la FNSEA, principal lobby de l’agriculture productiviste, ils ont été rejetés par les organisations qui défendent l’agriculture durable, telles que la plateforme Pour une autre PAC et la Confédération paysanne. Selon le WWF, « on a une PAC qui fait comme si tout allait bien, alors qu’on assiste à un effondrement de la biodiversité et à un climat qui ne cesse de se réchauffer »

Article de Dominique Plihon dans Politis du 03 juin 2021.