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Censure en démocratie

Ce n’était déjà pas simple avant, mais depuis l’apparition du Covid, il est devenu à peu près impossible d’émettre la moindre critique sur la vaccination, en général. L’interdiction de douter concerne bien tout ce qui touche de près ou de loin à la vaccination.
Exemple, avec le problème des adjuvants aluminiques : des scientifiques tout à fait sérieux soupçonnent que l’aluminium contenu dans certains vaccins puisse provoquer des troubles importants chez certaines personnes, en provoquant notamment une maladie appelée myofasciite à macrophages (Lire L’âdf n° 159). Les recherches en la matière avaient donné naissance à un documentaire tout aussi sérieux, intitulé L’aluminium, les vaccins et les 2 lapins. Mis en ligne sur le site de l’association d’entraide aux malades de myofasciite à macrophages (E3M), celui-ci a été tout bonnement supprimé par Youtube le 1er février 2022. Prétexte avancé par la plateforme : « Informations médicales incorrectes ». Nouveau gardien de la vérité, Youtube (détenu par Google) a ainsi supprimé en février plusieurs vidéos portant sur le sujet. La dernière en date est le documentaire Aluminium, notre poison quotidien, qui ne devait pourtant pas être totalement délirant, puisqu’il avait été diffusé sur France 5 en 2011. L’association E3M a engagé un référé contre Google.

Article paru dans l’âge de faire de mai 2022.

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Censure covidienne

[…] il y avait des choses que je ne comprenais pas. Ni intellectuellement ni moralement. Pourquoi ne pas respecter le B.A BA des plans pour faire face à une épidémie : tester-isoler-soigner ? Pourquoi mettre hors jeu la médecine de ville ? Et tout faire reposer sur l’hôpital public en sachant l’état ou il est. On s’est privé de tous nos atouts !

 

Sébastien Boitel : Êtes-vous sorti de vos domaines de compétence  ?

 

Laurent Mucchielli : C’est ce qu’on dit pour me discréditer et ne pas discuter du fond. D’autant que mon expérience m’a aidé. Montrer comment on joue sur la peur, je le fais depuis 20 ans. Mettre en évidence les phénomènes de corruption aussi. Dans mon manuel de sociologie, je consacre un chapitre à la délinquance en col blanc. Notamment au sein de l’industrie pharmaceutique. Voilà pourquoi, avant même les vaccins, j’étais préparé. Et pour travailler, je me suis entouré d’une cinquantaine de personnes. Quant à l’intitulé de mon travail, il n’a pas bougé : Enquête sur la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid. De la sociologie, pas de la virologie.

 

SB : D’où le terme « doxa »…

 

LM : Popularisé par Bourdieu, cela désigne à la fois le discours dominant et des dominants. Et indique que ce qui est raconté est une construction qui s’est imposée comme une pseudo-évidence. Grâce à un certain nombre de mécanismes.
D’abord la peur : avec ce virus, on va tous mourir ! Ensuite l’impuissance : on ne peut pas soigner. D’où le confinement. Seul moyen d’en sortir ? Le vaccin. Avec, tout au long, une normalisation éditoriale avec constitution d’un espace légitime de discussion. En rejetant tout ce qui contrevient au discours officiel dehors, dans cette catégorie fourre-tout de « complotisme ».
Et ce, grâce à l’alliance de fait entre plusieurs acteurs : l’industrie pharmaceutique dont le marketing devient message politique ; l’OMS dont le principal financeur est la fondation Bill Gates, soutien massif des vaccins ; les gouvernements ; les médias, de plus en plus dans la com’ et les Gafam avec des phénomènes de censure gravissimes.

 

SB : Quid de Mediapart qui a « dé-publié » un des billets de votre blog ?

 

LM : J’ai subi leur censure non pas une mais quatre fois. Pour des articles rédigés avec des médecins, des universitaires… Voilà pourquoi je fais mes adieux à un média qui dit défendre la liberté d’expression, les lanceurs d’alerte, les intellectuels critiques mais qui n’a jamais répondu à mes demandes. Et qui, dans cette crise, a raconté la même chose que les autres.

Extrait d’un entretien de Laurent Mucchielli dans le mensuel Le ravi de mars 2022.

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Santé Société

Vaccins OGM

Fabrice Lamarck, membre du groupe Grothendieck

Ni moi ni mes camarades ne sommes opposés au principe de la vaccination. Celle-ci a permis, en combinaison avec d’autres actions curatives et préventives, d’éradiquer certaines maladies graves comme la fièvre typhoïde, la rage, la variole, etc. Mais les nouvelles technologies vaccinales n’ont rien à voir avec les techniques de vaccination à virus vivant atténués (BCG) ou a virus mort (dit « inactive ») en usage massif depuis l’après-guerre.

Le système médiatique qualifie toute personne qui doute de l’innocuité ou de l’efficacité de ces nouveaux vaccins d’ « anti-vax ». Or, toute la démarche scientifique est basée sur le doute et la critique d’éléments rationnels. C’est une posture saine, particulièrement dans les moments de crise. « j’aime les gens qui doutent », chantait de sa belle voix Anne Sylvestre disparue l’an dernier. Doutons donc, et raisonnons.

Bien qu’elles existaient à l’état expérimental depuis une vingtaine d’années, les nouvelles technologies vaccinales se sont rendues visibles vers 2016 dans le sillage des virus Ebola, du Zika, du chikungunya et maintenant du SARS-CoV-2. Pour simplifier, les vaccins de nouvelle génération sont de deux types. D’une part, il y a la technologie dite du « virus chimère » ou « mutant » (OGM) : un virus vivant bénin sert de « vecteur », de moyen de transport, dans lequel on intègre du matériel génétique du virus dont on veut se prémunir. Ce sont des vaccins à ADN modifié : AstraZeneca par exemple. l’autre type de vaccin utilise du matériel génétique (ARN messager modifié), enrobé dans un vecteur complètement artificiel. C’est le cas pour Pfizer-BioNtech ou Moderna.

Cette deuxième technologie, inédite, est injectée massivement depuis décembre 2020. Ceci sans tests cliniques satisfaisants, tant sur l’innocuité que sur l’efficacité. Le docteur Michel de Lorgeril parle dans son livre de « défaillance chronique de la pharmacovigilance ». Ce qu’il y a d’extraordinaire avec ces nouveaux vaccins, c’est que, après que l’ADN modifié ou l’ARN des vaccins a pénétré dans certaines de nos cellules, celles-ci vont produire une protéine virale (pour déclencher la réponse immunitaire, la production d’anticorps). Jusqu’a présent, les cellules humaines « fabriquaient » bêtement des protéines… humaines ! Voila ce qu’il y a de « révolutionnaire ». Nos corps humains connaissent des « modifications génétiques temporaires » pour produire une protéine « étrangère » !
[…] ces crises sanitaires ont permis deux choses : l’afflux de crédits et la levée des barrières morales portant sur l’injection à l’humain de biotechnologies contenant du matériel génétique et des OGM viraux. « Affranchies des précautions exigées dans la modification génétique sous prétexte de l’urgence humanitaire que constitue la maladie Ebola, les équipes de chercheurs ont enfin pu s’installer dans une politique du tout est bon, rien n’est interdit pour sauver des vies », écrit encore Michel de Lorgeril. L’histoire nous a appris qu’une fois qu’une barrière éthique est levée, il est très difficile de revenir en arrière.
Pour le bonheur des chercheurs, mais aussi celui des industriels en biotech et autres start-uppers : les marches « pour sauver des vies » sont en forte croissance ! […]

En Chine et aux États-Unis, des embryons humains ont été modifiés à l’aide des « ciseaux moléculaires ». Deux petites jumelles chinoises génétiquement modifiées sont nées en 2018 grâce à cette technologie. Il existe même un « sommet international sur l’édition du génome humain » organisé par de prestigieux organismes de recherche où tous les beaux monstres du techno-capitalisme sont exposés et commentés à l’infini.

Fabrice Lamarck, membre du groupe Grothendieck, biologiste de formation, dans le journal La Décroissance de novembre 2021.

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Environnement Santé

Encore plus d’ondes avec la 5G

Pour l’instant, ils (les opérateur télécom) se consacrent donc à la première étape, conformément au « New Deal Mobile » signé avec le gouvernement en 2018 : planter des pylônes partout, faire disparaître la moindre zone blanche (merci bien pour les électrosensibles), densifier le réseau et donc épaissir le brouillard électromagnétique. Et pas qu’un peu.
« On s’attendait à une augmentation, mais l’ampleur du phénomène nous surprend quand même », souffle Catherine Gouhier, présidente du Criirem (Centre de Recherche et d’Information Indépendant sur les Rayonnements Électro-Magnétiques non-ionisants).

Jusqu’à 20 volts par mètre

Certaines estimations évaluaient à 30 % l’augmentation moyenne de l’exposition aux ondes électromagnétiques avec l’arrivée de la 5G. Celle-ci n’est pas encore sortie de ses starting-blocks, mais Catherine Gouhier estime que les niveaux d’exposition ont déjà augmenté d’environ… 50 % !
« Il y a une hausse générale, mais elle est encore plus marquée en milieu urbain », précise-t-elle. Les chiffres ont de quoi hérisser les cheveux sur la tête – quasiment au sens propre : « Avant, lorsqu’on faisait une mesure à 3 ou 4 volts par mètre, ça nous semblait déjà beaucoup. Aujourd’hui, on mesure régulièrement des expositions à 10 V/m, et jusqu’à 20 V/m. »
Bien sûr, les normes sont encore respectées puisqu’elles ne nous protègent que des effets immédiats, dits « thermiques » : les antennes ne nous crament pas encore la peau, il reste une petite marge. Mais pour rappel, le Conseil de l’Europe, qui a bien compris le problème, estime pour sa part qu’il ne faudrait pas dépasser… 1 V/m pour protéger la santé humaine sur le long terme (Résolution n° 1815 du 27 mai 2011 de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe).

L’Agence nationale des fréquences ne semble pas s’en préoccuper du tout, s’inquiète Catherine Gouhier. Quand an fait des mesures sur des sites ou l’on trouve des niveaux très élevés, on leur signale, mais on n’a pas de réponse. »
Que fait donc l’ANFR ? Peut-être que la mise à jour de sa carte Cartoradio, qui recense toutes les antennes relais du pays, lui prend tout son temps…

Extrait d’un article de Nicolas Bérard dans l’âge de faire de décembre 2021.

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Santé

Lutte de classe pour la santé

« L’esprit d’une nation réside toujours dans le petit nombre qui fait travailler le grand, est nourri par lui, et le gouverne ». Écrite par Voltaire dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations, cette phrase sur les puissants, les gens d’argent, les castes et les clans est toujours d’actualité. Les riches s’enrichissent pendant la crise du Covid-19 alors qu’un grand nombre de gens des classes moyenne et pauvre meurent ou s’appauvrissent.

[…] Ce qui est vrai sur l’ensemble du pays se décline à l’hôpital. Malgré l’épidémie, la concurrence n’a pas marqué de pause. Pire, elle s’est intensifiée. Les gros établissements hospitaliers ont avalé les petits. Les fermetures de lits se poursuivent, comme prévu, au mépris de la prise en charge des malades. À l’hôpital, c’est la lutte des classes à tous les étages entre médecins et personnels. Ce virus est social, économique culturel et sociétal, il tape et tue d’abord les plus faibles.
Prenons les Antilles et la Guyane. Le coronavirus et son variant Delta ont fondu sur les Caraïbes déjà en souffrance du fait de l’obésité, du diabète, de l’hypertension artérielle et de la pauvreté.

[…] L’hôpital de Guadeloupe, le centre hospitalier universitaire (CHU) de Pointe-à-Pitre, détruit par un incendie au mois de novembre 2017, n’est toujours pas reconstruit. Manque de moyens. Pire, la demande des élus pour bénéficier de médecins et d’un système de santé digne de ce nom n’a jamais abouti.

[…] Ce virus a montré que les pays d’extrême droite laissent mourir leur population, comme le Brésil de Bolsonaro et les États-Unis de Donald Trump. Quant aux vaccins, qui auraient dû être patrimoine de l’humanité, ils sont devenus objets de commerce et font exploser les actions des entreprises pharmaceutiques. Les riches s’enrichissent.
Les pays pauvres, et notamment ceux d’Afrique du Nord, voient s’effondrer leur population dans le silence des médias français et sans que les groupes pharmaceutiques donnent les vaccins. L’Italie s’est fendue d’un don de milliers de doses à la Tunisie, mais c’est bien dérisoire.
Vous croyez que c’est terminé ? Pas du tout… Les variants menacent. Le Delta remet en question une partie de l’efficacité du vaccin. C’est très inquiétant car si les vaccins se montrent inefficaces contre un prochain variant, il faudra en trouver d’autres et de nouveau vacciner tout le monde. Mais pendant ce temps, un petit nombre de patrons des industries pharmaceutiques se goinfrent de pognon en regardant les démocraties tomber vers l’extrême droite et les plus pauvres mourir. Plus que jamais, la lutte de classes est d’actualité.

Extraits d’un article de Patrick Pelloux dans Siné mensuel de septembre 2021.

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Environnement Santé

Politiques agricoles contre la nature

Le système agroalimentaire qui a pris racine au cours des dernières décennies constitue une menace pour notre environnement et notre santé. Responsable de près de 20 % des émissions de CO2, l’agriculture productiviste a également ruiné la biodiversité et les sols, par l’usage intensif des engrais et des pesticides. Les aliments transformés issus de l’agro-industrie sont à l’origine de maladies en forte augmentation telles que le diabète, l’obésité, les troubles cardio-vasculaires, les cancers. Ce système agro-industriel hyper-concentré autour de grands
groupes, comme Lactalis ou Danone, ne parvient pas à rémunérer décemment les agriculteurs, dont 22,4 % vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit deux fois plus que la moyenne nationale.

Cette agriculture productiviste génère des excédents – la France est le cinquième exportateur agricole dans le monde – mais ne permet pas de lutter contre la malnutrition : 3,9 millions de Français (6 % de la population) ont recours à l’aide alimentaire.

Les politiques publiques aggravent la crise du système agroalimentaire. Avec 58 milliards d’euros d’aides par an, dont 9 milliards pour la France, la politique agricole commune (PAC) est le plus gros budget de l’Union européenne. Cette PAC vient d’être renouvelée pour 2023-2027 et affiche des objectifs écologiques qui sont du « greenwashing ». Selon la plateforme Pour une autre PAC, qui regroupe une cinquantaine d’organisations, cette politique agit « au mépris des enjeux sociaux, environnementaux et alimentaires », car les aides restent concentrées sur les grandes fermes, les élevages industriels, les grandes surfaces céréalières, au détriment des petites et moyennes exploitations et de l’agriculture durable.

Il est pourtant démontré scientifiquement que l’agriculture durable – l’agroécologie – est la plus performante en matière économique, sanitaire et environnementale, comme l’illustre une étude récente de France Stratégie (Les performances économiques et environnementales de l’agroécologie). Sans surprise, les lobbys agro-industriels s’opposent à une réorientation de la PAC vers le soutien à l’agriculture durable, ce qui suppose l’abandon du modèle agro-industriel dominant.

Favoriser une agriculture diversifiée et plus intensive en main-d’œuvre implique de plafonner les aides par actif. L’adoption de nouvelles pratiques culturales nécessite une plus forte conditionnalité environnementale des aides, comme l’interdiction des produits phytosanitaires. Les aides à la conversion doivent être revalorisées pour accélérer le mouvement vers l’agriculture durable. Le gouvernement, qui dispose d’une grande marge de manœuvre pour attribuer les aides de la PAC, a présenté ses choix le 21 mai. Approuvés par la FNSEA, principal lobby de l’agriculture productiviste, ils ont été rejetés par les organisations qui défendent l’agriculture durable, telles que la plateforme Pour une autre PAC et la Confédération paysanne. Selon le WWF, « on a une PAC qui fait comme si tout allait bien, alors qu’on assiste à un effondrement de la biodiversité et à un climat qui ne cesse de se réchauffer »

Article de Dominique Plihon dans Politis du 03 juin 2021.

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Santé

Brevets et vaccins

[…] le 28 avril, le Parlement européen se prononçait massivement contre la levée des brevets sur les vaccins contre le Covid-19. Côté français, les députés LREM, LR, RN mais aussi PS, votaient contre, eux aussi…
Pour ne pas lever les brevets, nos dirigeants sortent la carte Covax. La belle excuse, Covax ne fonctionne pas : les pays riches gardent tout pour eux (voir encadré).
Alors, on sort de belles promesses, de la part des entreprises pharmaceutiques, cette fois. « Nous vendrons les doses de nos vaccins à prix coûtant », ont d’abord assuré AstraZeneca, et l’Américain Johnson & Johnson. Le PDG de Pfizer rassurait : le profit pour son groupe serait « marginal ».
Et même mieux : ne pas faire de bénéfice, ce serait un principe « radical et fanatique ».
Mais qui a vraiment espéré ?
Qui les a vraiment crus ?
Aussitôt les vaccins sur le marché, c’est un autre principe, bien plus « radical et fanatique » qui a triomphé : faire payer, le plus cher possible.

« Au départ, le vaccin Pfizer coûtait 12 euros la dose, puis le prix a augmenté à 15,50 euros. Aujourd’hui, des contrats sont signés pour 900 millions de vaccins à hauteur de 19,50 euros la dose », enrage Boyko Boríssov. En ce début de printemps, le Premier ministre bulgare goûte aux vertus de la concurrence libre et non faussée.
L’Afrique du Sud, pressée par les dégâts de « son » variant, a elle dû négocier directement avec AstraZeneca. Et payé pour ses doses 2,5 fois le prix de l’Union européenne. Moderna vend lui la même dose 12,5 euros aux USA, et 15 en Europe.
Une chose reste certaine : pour Big Pharma, c’est tout bénéf. Le montant total de la facture de l’UE auprès de Pfizer dépasse les 17 milliards d’euros. Un analyste américain estime que la marge commerciale du groupe, sur ce coup-là, se situera entre 60 et 80 % : pas mal pour un profit « marginal ». Voilà qui devrait permettre à Pfizer de faire mieux que ses 9,6 milliards de bénéfices de 2020, alors que le cours en bourse de son partenaire BioNTech s’est lui envolé de 245 %.

Le plus drôle, ou le pire, dans tout ça ? Qui a investi, massivement investi ? Pas les labos, mais nos impôts : les citoyens paient ainsi leurs doses deux fois. Car c’est l’argent public, largement, qui a financé la recherche en amont : 12 milliards de dollars versés à l’industrie pharmaceutique, rien que pour les six vaccins candidats à l’homologation de l’Union européenne. Pfizer, à lui seul, en a reçu 450 millions de l’UE, sans aucune contrepartie, ni sur le contrôle des prix ni sur l’exigence d’une vaccination mondiale. Selon la société d’analyse de données scientifiques Airfinity, les organisations à but non lucratif ont fourni près de deux milliards d’euros. Big Pharma, quant à elle, n’aurait mis la main à la poche que pour 3 milliards d’euros… Et sans grand risque : les contrats de livraison étaient signés à l’avance… avec les fonds de la Sécu.

Extrait d’un long dossier sur les vaccins dans le journal Fakir de mai 2021.

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Santé

Dépakine, Sanofi et l’agence du médicament

Dans les années 1960, des chercheurs découvrent une propriété anticonvulsivante à un banal acide. Un formidable médicament contre l’épilepsie est né. Mais quand Sanofi rachète la molécule, les graves conséquences pour les femmes enceintes sont passées sous silence.

Éclipsée par le feuilleton de la ruée des firmes sur le marché mondial du Covid, une décision de santé publique importante est passée inaperçue ou presque. Un tribunal de Montreuil a reconnu en juillet la faute de l’État dans l’affaire de la Dépakine, un médicament précieux dans le traitement de l’épilepsie, sauf pour les femmes enceintes, pourtant prescrit pendant quarante ans en dépit du bon sens.
Trois familles sont indemnisées. […]

L’État est condamné et Sanofi court toujours. Sanofi, orgueil de l’industrie française, […]
À ce jour, c’est avec l’argent public qu’on indemnise. « La guerre est totale, dit Charles Joseph-Oudin, avocat de 1 400 plaignants. Sanofi s’enlise dans son négationnisme. » […]

Dans The Lancet, une première étude pose dès 1968 l’hypothèse de malformations fœtales. Elle reste confidentielle mais, pourtant, dans les années 1970, le monde médical est au courant du risque. Annette Beaumanoir, ancienne résistante à la tête du département d’épileptologie de l’hôpital de Genève à partir de 1964, se souvient qu’ « on prévenait les femmes en âge d’être enceintes ». La décennie suivante, un effet secondaire est bien identifié : le spina-bifida, terme désignant le développement inachevé de la colonne vertébrale du nourrisson. Le bébé vient au monde avec une cavité au bas du dos.

Aujourd’hui, les familles veulent comprendre dans quel trou noir sont tombées toutes ces informations […]

Personne n’aura donné l’alerte, même dans les années 2000, quand une avalanche d’études européennes montraient que ces bébés risquaient aussi d’avoir un QI diminué avec, par la suite, une « vie scolaire abracadabrantesque », selon le mot d’un médecin désolé.
À tout ceci, Sanofi répond en substance que si les autorités de santé n’ont pas fait leur boulot, ça n’est pas leur affaire. […]

Extraits d’un article d’Anne Crignon dans Siné mensuel d’octobre 2020.

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Pesticides et argent public

Dans un de ses derniers référés, la Cour des comptes dresse un constat d’échec de la politique de réduction d’usage des pesticides. On y devine le combat d’arrière-garde du lobby agro-industriel, mettant enjeu la santé publique et retardant la transition écologique de l’agriculture.

Cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques, les pesticides nous pourrissent la vie. En France, il a fallu attendre le Grenelle de l’environnement (2007) pour fixer un objectif de réduction de 50% de l’utilisation des pesticides de synthèse (molécules les plus dangereuses) en dix ans, encadré par le plan national Écophyto (2008-2018).

En 2015, devant l’absence de résultat, le gouvernement a pondu un plan Écophyto 2, courant jusqu’en 2025, pour atteindre ce même objectif. Soit sept ans de prime aux pollueurs… sans plus d’effet, c’est ce que pointe un référé de la Cour des comptes : « Des objectifs non atteints en dépit d’une décennie d’actions mobilisant des fonds publics importants. […] Les effets des plans Écophyto demeurent très en deçà des objectifs fixés. »

Et pour cause ! Plus 12 % de consommation de pesticides entre 2009 et 2016, +21 % d’augmentation des volumes de ces poisons achetés en 2018. Et le contribuable paie son empoisonnement : selon la Cour, pour cette seule année 2018, Écophyto a coûté 400 millions d’euros d’argent public aspirés par les multiples bras de cette pompe à finances de l’ « utilisation raisonnée » des phytosanitaires.

Usine à Gaz

Pour faire quoi? C’est la bonne question, à laquelle la Cour répond en pointant malicieusement l’organisation de l’inaction par « le nombre et la diversité des acteurs impliqués, l’insuffisante articulation du plan Écophyto avec plus d’une dizaine d’autres instruments de programmation portant des mesures relatives aux pesticides, la diversité des sources de financement et la généralisation des cofinancements ou appels à projets qui ont conduit à développer une gestion administrative et financière si complexe qu’elle peut neutraliser les effets de l’impulsion nationale et, plus récemment, des initiatives régionales » et « un dispositif de contrôle reposant sur au moins sept services différents ».

On reconnaît tout l’art du lobby agricole pour siphonner les finances publiques et échapper au contrôle. Bref, en regard de l’objectif de 50 % de réduction d’usage des pesticides, « seulement 12% des exploitations sont engagées dans des projets labellisés économes en intrants (dont 2272 certifiées de « haute valeur environnementale ».

[…]

Alors, on peut se ranger derrière la Cour des comptes, qui recommande plus de transparence en tenant et en rendant public « à l’échelon national et à l’échelon régional un tableau des ressources financières mobilisées pour mettre en œuvre le plan Écophyto pluriannuel ». La Cour préconise aussi de « rendre accessibles au public, chaque année, les données et les analyses rendant compte de la politique menée, des substances actives émises et de leurs effets sur la santé et sur l’environnement, notamment sous forme de cartographies ».

Enfin, plus stratégiquement, pour impulser « une nécessaire évolution des modes de production agricole […], la Cour estime que l’État pourrait davantage influer sur les modes de production et les filières par l’exercice de ses compétences normatives de régulation et d’information ».
Et qu’il serait de bon ton « d’introduire, dans les négociations de la nouvelle politique agricole commune (PAC), un objectif prioritaire de réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques ». Il y a des jours où les institutions de la République ont du bon.

Article d’Antoine Lopez dans Siné mensuel de septembre 2020.

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5G, le progrès, la compétition

[…] l’Union européenne préfère se baser, pour guider sa réflexion et ses investissements, sur les tests de l’industrie elle-même. Qui concluent soit à l’innocuité des ondes, soit qu’on ne peut rien prouver, qu’on ne sait pas trop, que tout est relatif, et inversement. Des études qui étaient déjà bidonnées pour les portables […]

En revanche, quand les structures indépendantes se penchent sur la question, elles tranchent. Le National Toxicology Program, sans lien avec l’industrie, coordonne depuis dix ans les travaux en toxicologie de plusieurs agences d’État aux États-Unis. Elle estime qu’il existe des « preuves évidentes » de l’apparition de tumeurs et cancers chez les rats soumis aux ondes. Des observations qui recoupent celles de l’institut Ramazzini, près de Bologne, en Italie, centre de recherche mondialement reconnu qui parle de « potentiel cancérogène des radiofréquences chez l’homme ».

Même conclusion, dès 2011, au sein de l’IARC l’Agence internationale de recherche contre le cancer, structure de l’OMS, qui estime dès 2011 les ondes « potentiellement cancérigènes pour l’homme ».
Ces données sont sues, connues, depuis des lustres, donc. En 2017, 180 scientifiques de 37 pays appelaient d’ailleurs à un moratoire sur la 5G. Bis repetita, avec plus d’ampleur encore, quelques mois plus tard. Leur angoisse : une exposition « 24h/24 et 365 jours par an, sans sortie de secours », qui n’épargnera rien ni personne sur la planète.

Et tant pis pour les personnes électrosensibles, que l’Anses estime à 5 % de la population (soit plus de trois millions de personnes en France, près de 400 millions dans le monde), qui pourront aller voir ailleurs pour mieux vivre leur calvaire – brûlures dans la tête, tachycardie, montées d’angoisse, troubles neuromusculaires…

Rien n’y fait, pour ses hérauts : « La 5G, c’est l’avenir », bulldozer du progrès.
« Être en retard sur la 5G n’est pas une option », prévient Sébastien Soriano, le directeur de l’Arcep, le gendarme des Télécoms. Pas question d’être « en retard sur le reste de la compétition » répète Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’Industrie. Mounir Mahjoubi, alors secrétaire d’État au Numérique, en appelait lui à la « mobilisation de tous les acteurs privés et publics pour multiplier les projets pilote partout sur le territoire », pour « faire de la 5G une priorité pour la France ». Des expérimentations grandeur nature se mènent d’ailleurs déjà, depuis 2019, à Nantes, Bordeaux, Lyon, Toulouse, Paris, Le Havre… Alors même que les effets sanitaires n’ont pas été évalués, et que les habitants n’en ont jamais été informés.

Extraits d’un article de Cyril Pocréaux dans le journal Fakir de juillet 2020.