Voiture électrique et industrie minière

L’industrie minière est l’une des plus polluantes du monde. L’extraction et la transformation primaire des métaux et de minéraux sont ainsi à l’origine du quart des émissions mondiales de gaz carbonique. Or la quantité de métaux et de minéraux nécessaires pour la transition énergétique est colossale. Des matières premières critiques seront nécessaires pour produire des batteries destinées aux véhicules électriques et aux énergies renouvelables.

Pénurie de lithium

La Commission européenne a publié son plan d’action sur les matières premières critiques afin de sécuriser l’avenir de la chaîne d’approvisionnements nécessaires à la production de terres rares. Elle propose de réduire la dépendance par rapport à des pays tiers en améliorant l’utilisation efficace des ressources et en promouvant un approvisionnement « responsable ». Pour Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne pour la prospective :
« Pour les batteries des véhicules électriques » et le stockage de l’énergie, l’UE aurait besoin de 18 fois plus de lithium et de 5 fois plus de cobalt en 2030, et de près de 60 fois plus de lithium en 2050 par rapport à l’approvisionnement actuel. »

Selon Margarita Mediavilla, chercheuse du groupe de recherche et de prospective Locomotion, « la Commission européenne semble avoir enfin sorti sa calculette et découvert que si toutes les voitures du monde fonctionnaient à l’électricité en 2050 avec un taux de recyclage aussi faible qu’actuellement, alors il n’y aura pas assez de lithium. »
Cette rareté croissante combinée à l’escalade de conflits commerciaux entre la Chine et les États-Unis et l’épidémie de coronavirus a conduit l’UE à chercher à renforcer sa sécurité d’approvisionnement. Cela implique de rouvrir un type d’extraction nocif et controversé que les pays européens avaient commodément exporté.
La France a par exemple remplacé ses quelque 200 mines d’uranium par notamment de vastes exploitations minières au Niger.

Le désastre écologique des mines

On assiste actuellement à une campagne de communication massive pour vendre l’idée que l’exploitation minière est non seulement nécessaire mais aussi durable. Il faudrait au contraire réduire drastiquement notre impact sur la planète en adoptant un mode de vie durable.
Selon Margarita Mediavilla : « Si l’énergie dite verte signifie pollution et mise au rebut après usage, ce n’est pas… durable. La seule technologie vraiment durable par définition est 100% renouvelable et utilise des matériaux 100% recyclables. »
La Commission espère faire accepter au public sa stratégie en disant que l’extraction est nécessaire pour atteindre les objectifs climatiques. Or, malgré les progrès technologiques, la durabilité n’est vraiment pas acquise dans cette industrie.

L’industrie minière est à haut risque avec des actionnaires qui exerce des pressions permanentes pour réduire les coûts au détriment de l’environnement. Le désert d’Atacama au Chili fournit un exemple qui devrait servir d’avertissement. La méthode d’extraction du lithium exige beaucoup d’eau dans une région très aride et contribue à la baisse des aquifères, affectant l’équilibre hydrique et provoquant l’opposition des communautés locales.

Début d’un article de Diego Francesco Marin, chargé de mission au Bureau européen de l’environnement (BEE), dans L’Écologiste de décembre 2020.

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