Le nucléaire bon pour notre avenir et notre planète ?

Des mines d’uranium aux déchets nucléaires en passant par les rejets radioactifs et chimiques des usines et des réacteurs, toute la filière nucléaire est polluante. On détecte jusqu’à 2 fois plus de leucémies infantiles à proximité immédiate des centrales nucléaires.
300 000 tonnes de combustibles nucléaires usés ont déjà été accumulées au niveau mondial. Ces déchets hautement radioactifs seront dangereux pendant des centaines de milliers d’années. Les États nucléarisés prévoient de les enterrer… mais les seuls sites d’enfouissement profond existants (Asse en Allemagne et le WIPP aux États-Unis) sont d’incroyables fiasco qui ont déjà contaminé leur environnement, alors même qu’ils abritent des déchets moins radioactifs, depuis tout au plus quelques dizaines d’années.
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L’institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) lui-même estime désormais qu' »il est indispensable pour les élus de se préparer à l’idée d’un accident nucléaire », et qu’un accident majeur serait « une catastrophe européenne ingérable » qui pourrait coûter jusqu’à 760 milliards d’euros.
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Même en France, qui fait figure d’exception mondiale avec une électricité issue à 75 % du nucléaire, les émissions de gaz à effet de serre sont 4 fois trop élevées pour atteindre les objectifs climatiques.
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Extraction minière et enrichissement de l’uranium ; fabrication, transport et retraitement des combustibles ; construction et démantèlement des installations nucléaires. À toutes ces étapes, la filière nucléaire émet des gaz à effet de serre.. À l’instar des émissions de l’éolien, du solaire ou de l’hydro-électricité, les émissions de gaz à effet de serre du nucléaire sont certes très inférieures à celles du charbon ou du pétrole.

Extraits d’un article de la revue Sortir du nucléaire de novembre 2015.
Le dossier complet est à consulter sur Le nucléaire ne sauvera pas le climat.

Areva, une société philanthropique

Mi-novembre 2014, la fondation Areva s’auto-congratulait du lancement de deux nouvelles opérations humanitaires, l’une pour scolariser 900 enfants nigériens, l’autre, en partenariat avec Mécénat Chirurgie Cardiaque, pour faire opérer en France cinq enfants nigériens, atteints d’une malformation cardiaque et dans l’incapacité d’être opérés dans leur pays d’origine faute de matériel, de compétences ou de moyens financiers.

Mais cette absence de moyens financiers ne serait-elle pas en bonne partie causée par les exonérations fiscales exorbitantes dont les filiales d’Areva exploitant l’uranium nigérien ont bénéficié depuis des décennies ? Il faudrait que la Fondation Areva communique un peu plus avec sa maison mère : elle aurait pu l’inciter à être plus souple lors de la dernière négociation de son contrat avec l’État nigérien pour l’exploitation de l’uranium. Ces négociations ont duré pas moins de 18 mois, et il a fallu la pression de la société civile nigérienne et d’ONGs internationales (à commencer par Oxfam) pour que cet accord rééquilibre (un peu) les choses en faveur du Niger, à savoir pour que – au moins sur le papier – l’accord respecte… le code minier du Niger, une loi de 2006.

L’indécence atteint son comble avec cette opération en partenariat avec Mécénat Chirurgie Cardiaque. D’une part, les mines d’uranium d’Areva polluent l’environnement de dizaines de milliers de Nigériens et les contaminent, accroissant les risques pour leur santé. D’autre part, le lobby nucléaire (au sein duquel les experts d’Areva y ayant travaillé jouent un rôle éminent) a tout fait pour étouffer les travaux scientifiques du couple de médecins et chercheurs biélorusses Youri Bandajevski et Galina Bandajevskaya, qui ont démontré que l’absorption chronique à faible dose de césium 137 présent dans la nourriture et l’eau des territoires contaminés par Tchernobyl génère des pathologies cardiaques graves. Avec Tchernobyl et Fukushima (où Areva a fourni le combustible MOX), ce ne sont pas cinq, mais des dizaines de milliers d’enfants qui souffrent de pathologies cardiaques.

Ces actions sont financées grâce à l’AthleWorldTour, un défi sportif et solidaire lancé en 2010 par Areva auprès de ses 45 000 salariés. Pour un coût de 100 000 €, ces deux actions permettent à Areva de s’acheter une bonne conscience à peu de frais.

Un article du magazine Sortir du nucléaire de février 2015.