Représentants syndicaux à vendre

Et que dire des représentants syndicaux qui siègent au sein des CE et CCE (Comité d’Entreprise, Comité Central d’Entreprise), ils ont failli depuis des lustres à leur fonction. Cette institution représentative du personnel a été mise en place en 1945. Elle doit être informée et consultée sur tout ce qui concerne les activités économiques et l’organisation de l’entreprise. Son but est de toujours agir au profit des salarié-e-s et de leurs familles. Or, concrètement leur contrôle sur les objectifs, les comptes, les décisions prises par les directions des entreprises sont quasiment nuls.

Au sein des CE, les représentants du personnel sont devenus des organisateurs, des gestionnaires de loisirs et de vacances, et se font bien souvent les passeurs de la culture dominante. Alors que leur fonction première est d’analyser et de faire remonter les informations sur la gestion de l’entreprise, afin de mobiliser les travailleurs bien en amont des prises de décision. […]

Quoi d’étonnant à ce que le taux de syndicalisation en France ne dépasse pas les 7% ? Les dirigeants des boutiques syndicales sont dans le syndicalement correct, leur souci est de désamorcer les luttes qui se font jour dans les entreprises. Ils ont trop souvent tendance à s’occuper de leurs petites personnes et ne pensent qu’à profiter des avantages qu’ils peuvent tirer de leurs positions. C’est ainsi que depuis son éviction, Thierry Lepaon, l’ex-patron de la CGT continue d’être rémunéré par le syndicat à hauteur de 7 000 € nets par mois. Nous sommes loin du salaire d’un ouvrier hautement qualifié.

Et à ce que l’on dit, François Hollande s’occupe personnellement de son cas, puisqu’il le nomme président de l’Agence Nationale de Lutte Contre l’illettrisme. Comme la présidence de cette agence ne fait pas l’objet de rémunération, le bienfaiteur Hollande a décidé de transformer cette agence en une Agence de la Langue Française. Et, cerise sur la langue, le président sera rétribué !

Il n’est pas le seul syndicaliste à bénéficier des faveurs du gouvernement. Stéphane Lardy, responsable syndical à FO et spécialiste des questions du chômage devrait être nommé incessamment sous peu, à l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales). […]

Un autre syndicaliste avant ces deux-la avait eu les faveurs du président, il s’agissait de François Chérèque. L’ex-secrétaire général de la CFDT qui avait été recyclé, également a l’IGAS. Ces syndicalistes transformés par le fait du prince en hauts fonctionnaires continueront à croûter dans des gamelles bien garnies, dans la mesure où leurs rémunérations oscilleront entre 8 000 et l0 000 € par mois, sans les primes.

On comprend mieux pourquoi 83% des jeunes et des moins jeunes estiment que les syndicats ne sont pas en mesure de défendre leurs intérêts et se tournent vers de nouvelles formes de luttes (associations, groupements, mouvements, collectifs…) et pratiquent quasiment spontanément une démocratie transversale et horizontale.

Extraits d’un article de Justhom, du Groupe de Rouen de la Fédération anarchiste, dans la revue Le monde libertaire de septembre/octobre 2016.

Démocratie dévoyée

Devant la souffrance du peuple et sa récupération par un FN toujours du côté des patrons, il faudrait plutôt avancer des arguments de lutte pour un autre monde… mais ceux-ci sont inaudibles s’ils proviennent des partis disqualifiés, ou s’ils recyclent des discours déjà entendus mais jamais traduits dans les faits.
Ainsi, Pierre Laurent (secrétaire national du PCF), dans son appel à l’unité avec le PS pour le second tour en Région Île-de-France, annonce t-il un « projet de solidarité, de prospérité partagée et de paix et non un projet de guerre, de concurrence et d’égoïsmes réciproques »…
Outre que ce projet contredit toutes les options de son allié PS, lequel ne cesse de vanter la compétition et la guerre, comment croire que de telles promesses, ressassées depuis les débuts du christianisme, seraient capables d’emporter la conviction ?…
Non ! La situation exige le bouleversement des usages frelatés de la démocratie. Et d’abord la reconnaissance de propositions procédurales portées depuis longtemps par la société civile mais toujours ignorées des représentants du peuple qui ont l’arrogance de se prendre pour ses dirigeants. Il est paradoxal de réduire la « démocratie » au fait que tout le monde puisse voter et d’exalter cette liberté sans s’interroger sur la fabrication de l’opinion par les gouvernants, grâce aux médias devenus propriété des banquiers, marchands d’armes et autres malfaisants, mais aussi grâce à la désinformation par des officines spécialisées comme le FN.

Extrait d’un article de Jacques Testart publié dans Les Zindigné(e)s de février 2016.