Naomi Klein : Tout peut changer

De tous les essais pondus depuis quinze ans sur la nécessité d’emprunter un virage pour éviter le changement climatique, le dernier livre de la journaliste canadienne Naomi Klein est celui qu’il faut lire. Dans cet ouvrage, elle établit brillamment le lien entre climat et capitalisme.

Jouer sa petite révolution écolo à la maison ne suffira pas. En citant la sociologue de Harvard Theda Skocpol, Klein affirme que l’obstacle principal à la lutte contre le changement climatique, c’est l’absence d’un mouvement d’envergure qui mettrait la pression à nos dirigeants depuis la base.
Elle considère que les changements climatiques peuvent représenter la force qui ferait se rencontrer tous les mouvements de la société civile : ceux des droits de l’homme, de l’égalité, pour la décolonisation, pour la sécurité alimentaire, pour les droits des paysans, etc.

Comme illustration de la convergence de ces mouvements, un chapitre est consacré à la blocadie, terrotoire virtuel où se battent des citoyens du monde, des peuples indigènes, des riverains… contre les projets d’exploitation de ressources. Ils ne se battent pas seulement pour la défense de la nature mais pointent les failles démocratiques qui ont permis d’imposer ces barrages, mines et autres puits de gaz de schiste : détournement des débats publics, entre-soi des décideurs politiques et industriels, militarisation de la répression des opposants.
Les correspondances avec le mouvement des Zad de France (Notre-Dame-des-Landes, Sivens, Roybon…) sont évidentes.

Extrait d’un article de Laure Noualhat dans Siné mensuel d’avril 2015.