L’être humain n’a pas plus de valeur que les autres espèces animales

Depuis des siècles, l’être humain se croit au-dessus du lot, se considérant comme une espèce supérieure aux autres.
Dans l’inconscient collectif, cette assertion est un dogme indéboulonnable.
Pourquoi serions-nous plus « intelligents » que les autres animaux ? « Parce que c’est comme çà ! », vous répondront la majorité de nos semblables.
L’être humain – celui qui bousille sa propre planète, celui qui a dompté les (autres) animaux pour en faire ses esclaves et les dévorer, celui qui est capable de tuer son frère parce qu’il veut grapiller quelques kilomètres carrés de terre ou parce qu’il se bat au nom de légendes et de divinités auxquelles il croit parce qu’il a peur de mourir – s’est donc autoproclamé « être supérieur », et « c’est comme çà »! Il estime être doté de facultés que les autres animaux n’ont pas, pêle-mêle, l’intelligence, la conscience de soi, être capable d’émotions, et on en passe.
Mais cet amour narcissique de l’être humain pour lui-même et l’humanisme de philosophes obsolètes et des francs-maçons pas futés sont à bout de souffle. C’est ce qu’écrit John N. Gray dans son essai « The silence of animals : on progress and other modern myths. Pour ce philosophe anglais, l’humanité n’est qu’une espèce animale qui a érigé la conquête des autres formes de vie en principe, détruisant au passage son environnement naturel. Il rejette en bloc les principes fondateurs de l’humanisme, à savoir, que l’homme a une valeur et une place unique dans le monde, que son esprit reflète l’ordre du cosmos et que l’histoire du monde est l’histoire de l’évolution de l’humain et l’avènement du rationalisme de sa pensée. L’homme doit cesser d’être manichéen et faire preuve de suffisamment d’intelligence pour accèder à l’humilité et donc à la sagesse. La science prouvant tous les jours un peu plus que les animaux possèdent des facultés cérébrales sophistiquées (…)

On a longtemps pensé que les poissons rouges étaient dotés d’une mémoire de 3 secondes. Faux ! De récentes études prouvent qu’on peut leur apprendre à pousser de petits leviers pour obtenir de la nourriture. Les moutons, réputés pour être un peu bêtas, sont aussi performants que les singes pour apprendre des processus logiques liés aux couleurs et aux formes. (…)

Et la question qui devrait être d’actualité est celle que se pose « Le Monde » (Article publié le 08 Juin 2013 par Catherine Vincent dans le journal Le Monde)  : « Quand la science agrandit le club des espèces sujettes à l’émotion et à la douleur, peut-on encore accepter l’élevage intensif ou les tests sur des souris ? ».

Extraits d’un article de Jean-Étienne Blanco dans le journal Le nouvel indigné (n°2 de septembre 2013).