Déchets nucléaires et déni de démocratie

Dix ans de prison et la menace de 150 000 euros d’amende : c’est la peine qu’encourra Loïc, un Anonymous de 19 ans, en novembre prochain, au tribunal correctionnel de Nancy.
Accusé d’accès et maintien frauduleux dans un système informatique commis en bande organiséedéni de démocratie inhérent au projet d’implantation d’un laboratoire de l’Andra, en 1993, approuvé par les conseils généraux de la Meuse et de la Haute-Marne, alors que, dès cette époque, la population s’est plainte de n’avoir pas été consultée pour ces décisions, ni même informée au préalable.
Ils souligneront que, en 2006, une pétition restée sans suite de plus de 60 000 signataires réclamait un référendum sur l’enfouissement des déchets radioactifs. Ils balanceront les tentatives d’influence du lobby nucléaire sur les collectivités territoriales, ces dizaines de millions d’euros déversés chaque année en Meuse et en Haute-Marne. 30 millions s’infiltrant dans tous les projets sans que les habitants le sachent.

Extraits d’un article de Franck Dépretz dans le journal CQFD de septembre 2015.

Déchets nucléaire : l’enfouissement à l’épreuve de la réalité

Le WIPP (Nouveau-Mexique, États-unis) est le premier site d’enfouissement de déchets nucléaires en grande profondeur en fonctionnement au monde. C’est aussi un centre « pilote », co-géré par Areva, présenté comme une vitrine. Quinze ans après sa mise en service, incendie souterrain, accident d’origine inconnue et contamination en surface ont tout bloqué. Oui, l’accident est possible et sa gestion impossible.
(…)
Impossible de ne pas faire le parallèle avec CIGÉO (stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde), le « très grand frère » du WIPP (garanti à l’origine pour 10 000 ans et stoppé au bout de 15 ans). Au WIPP, 96 % des déchets sont des FAVL (Faible Activité à Vie Longue). Le souci de réaction oxydant/réducteur (bitumes/nitrate d’ammonium par exemple) est posé de façon cruciale par les déchets MAVL (Moyenne Activité à Vie Longue) qui sont prévus à CIGÉO/Bure en très grande quantité. Il s’agit de déchets très irradiants, inapprochables. Le scénario du WIPP serait pratiquement ingérable dans CIGÉO.

Extraits d’un article du magazine Sortir du nucléaire d’août 2014.