L’école numérique

Cela fait des années que le débat larvé sur le sujet (l’école numérique) travaille le monde enseignant et les spécialistes. Il est pourtant de plus en plus difficile de contester un tel processus tant le numérique suscite de passions, d’enthousiasmes irréfléchis ; il réorganise un peu partout les métiers, les langages, il devient une véritable foi avec ses prophètes qui se pensent comme de courageux avant-gardistes incompris.

Exprimer des doutes sur le bien-fondé de ce processus devient de plus en plus difficile, il vous condamne à passer pour un ringard obscurantiste, un pessimiste congénital, ou simplement un méprisable trouillard qui menace la grandeur du pays et l’avenir de sa jeunesse. Pourtant, le déferlement du processus a de quoi inquiéter et mérite d’être scruté avec soin.

À la rentrée 2016, l’ingénieur Philippe Bihouix et l’enseignante Karine Mauvilly publiaient un essai percutant sur les ravages de l’école numérique (le désastre de l’école numérique). Des collectifs d’enseignants se sont constitués, au sein du groupe Écran Total par exemple qui œuvre à la dénumérisation du monde.
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Au printemps dernier des psychologues et médecins alertaient pourtant sur les risques des écrans pour le développement des jeunes enfants, notamment derrière le docteur Ducanda, médecin en centre de protection maternelle et infantile. De plus en plus sollicitée par les écoles maternelles pour des enfants qui souffrent d’un retard de développement et de divers troubles de la communication, elle lance l’alerte sur les effets désastreux d’une exposition massive des enfants aux écrans depuis la naissance.
Cet appel fut abondamment relayé et suscita de nombreuses réactions, mais au lieu d’initier un véritable débat sur la pertinence des politiques massives de numérisation scolaire, on a surtout assisté a une levée de boucliers pour désamorcer la critique en contestant sa validité scientifique.

Sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, les études sont désormais innombrables et parfaitement contradictoires. Évidemment les entreprises et l’administration vantent des tas d’enquêtes prouvant l’utilité, voire la nécessité de cette numérisation rapide. Mais d’autres montrent que les investissements considérables réalisés dans le domaine du numérique scolaire n’ont dans le meilleur des cas qu’une « incidence mitigée sur la performance des élèves » et qu’aucune amélioration sensible n’est enregistrée sur les performances scolaires (Connectés pour apprendre ?).

Depuis la généralisation des ordinateurs personnels ces vingt dernières années, croyez-vous que le niveau des élèves se soit amélioré ? Par ailleurs peut-on continuer inlassablement de parler du numérique et de ses bienfaits supposés sans penser en même temps ses coûts énergétiques et environnementaux, ses déchets et usines monstres ou des prolétaires en bavent dans des conditions scandaleuses ?

Extrait d’un article de François Jarrige dans le journal La Décroissance de septembre 2017.
Lire aussi Le numérique est bon pour (presque) tous les enfants.

L’instruction des dominés

L’instruction des dominé(e)s est avant tout un enjeu d’ordre pour la classe dirigeante. Dans une lettre aux directeurs d’Écoles normales, François Guizot, ministre de l’Instruction publique, précise que « le grand problème des sociétés modernes c’est le gouvernement des esprits car l’ignorance rend le peuple turbulent et féroce ; l’instruction primaire universelle sera pour lui une des garanties de l’ordre et de la stabilité sociale » à condition de « veiller à ne pas trop étendre l’enseignement ; [de] développer l’esprit d’ordre ». Le futur bourreau des communards, Adolphe Thiers, encourage l’apprentissage exclusif des « fondamentaux », idée qui rencontre encore aujourd’hui un grand succès […]

Quant à Jules Ferry, il entend « clore l’ère des révolutions » et son École s’oppose tout autant à la mainmise de l’Église sur l’instruction, qu’à l’éducation intégrale et émancipatrice portée par le mouvement ouvrier et qui s’était esquissée lors de la Commune de Paris, prônant un enseignement gratuit, laïc, public et… intégral !
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Haine de l’égalité

C’est pourquoi, depuis 150 ans, on retrouve les mêmes obsessions dans les nombreux combats menés par les extrêmes droites. La haine de l’égalité entre les sexes, avec Édouard Drumont, l’auteur de La France juive et directeur de La Libre parole, fustigeant la co-éducation des sexes pratiquée par Paul Robin (pédagogue et militant de la 1ère internationale) à l’orphelinat de Cempuis, et dont il obtint la révocation en 1894 pour « menées subversives ». Même violence, même hargne dans les rangs de la Manif pour tous contre les études de genre ou chez Farida Belghoul lançant ses Journées de retrait de l’école et obtenant du ministre d’alors (Benoît Hamon) le retrait des « ABCD de l’égalité » (contre les stéréotypes de genre).

C’est ensuite la « rééducation nationale » prônée par la Ligue des « instituteurs patriotes », au début du XXe siècle, s’opposant aux premiers syndicats d’enseignant(e)s en les accusant de prêcher la lutte des classes et l’internationalisme plutôt que l’amour de la patrie… Une idée qui réapparaît aujourd’hui avec le roman national, pour qui la mission idéologique et nationaliste de l’institution primerait sur l’enseignement d’une histoire critique et scientifique.
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La déferlante anti-pédagogiste

La nostalgie scolaire revient dès lors en force (105 ouvrages publiés entre 1980 et 2016…). Le modèle, c’est l’École d’antan dont on célèbre l’autorité, le goût de l’effort et – dans un total contresens historique – la méritocratie… Il faut aussi écarter toute parole critique : celle de sociologues et leur « culture de l’excuse », les historiens de l’éducation, les pédagogues (pédagogos, pédabobos, etc.).

Inlassablement martelé, ce discours est devenu aujourd’hui hégémonique, c’est-à-dire qu’il apparaît comme une évidence qui n’a pas (plus) à être discutée. Une partie des auteurs de ces pamphlets « antipédagogistes » sont issus de la gauche. Pour certains, ils ont aujourd’hui acté leur ralliement à la droite conservatrice dure (Jean-Paul Brighelli, l’auteur de La Fabrique du crétin est devenu conseiller éducation du parti de Dupont-Aignan, Debout la France et déclare se reconnaître à « 80 % dans les idées du FN sur l’école »).

Tous ces « antipédagogistes » ne sont pas, cependant, des ralliés au FN, loin de là. Mais il convient, sans amalgame, de s’interroger sur la continuité idéologique d’un projet éducatif autoritaire et le projet social qui le sous-tend. Peut-on éduquer à la liberté, à l’égalité, à la démocratie ou encore à la coopération et au collectif par la soumission, la sélection, l’autorité et la compétition permanente ?

Extraits d’un article de Grégory Chambat dans Le monde libertaire de mars 2017.

Le pays où l’école n’exclut pas

Une filière unique, et des enseignants qui accompagnent les élèves en respectant le rythme d’apprentissage de chacun et un soutien immédiat en cas de difficulté. Sans compétition, sans notation stigmatisante. De quoi faire hurler tous les partisans de l’école à l’ancienne. Et pourtant, le système éducatif finlandais est un des meilleurs du monde, dans le peloton de tête des évaluations de l’OCDE.
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Si les écoliers passent des tests, c’est pour détecter les troubles de l’apprentissage et les handicaps divers, ce qui permet à des enseignants spécialisés d’apporter une aide spécifique à ceux qui en ont besoin. Ce soutien aux élèves en difficulté, qui se poursuit jusqu’au lycée, caractérise le système finlandais : Chaque enfant est important, pas question d’en laisser un au bord du chemin.

Une pédagogie active, sans concurrence entre élèves.

La scolarité obligatoire s’étale sur neuf ans. Totalement gratuite, cantine et transport compris, elle organise une continuité entre une première période de six ans, où des professeurs de classe ont la responsabilité unique d’un groupe d’écoliers, comme dans notre enseignement primaire, et une seconde période de trois ans où les professeurs sont spécialisés dans une ou plusieurs disciplines, comme au collège.
Une filière unique, sans sélection, où le redoublement est, sauf très rares exceptions, totalement proscrit. Car les apprentissages se mènent au rythme de chaque élève, avec une évaluation continue où les notes sont bannies jusqu’au collège.

Dans ce système, pas de hiérarchie, pas de compétition, mais un collectif d’enfants en apprentissage avec des méthodes qui respectent chaque individu et développent l’auto-évaluation.
Conséquence : pas de « racailles » ni « d’intellos » dans les écoles finnoises. La sérénité et le calme qui règnent dans les écoles impressionnent tous les observateurs. L’aide spécialisée reste massive : durant ces neuf années, environ un tiers des élèves en bénéficient, sur des périodes plus ou moins longues.
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Tous les enseignants – y compris les conseillers d’éducation et les enseignants spécialisés dans l’aide au élèves – ont une formation de haut niveau (cinq années minimum d’études supérieures) où la pédagogie tient une place fondamentale. Un master disciplinaire n’est exigé que pour les professeurs de collège et de lycée, lesquels doivent aussi détenir un diplôme d’études pédagogiques.
Dans ce système, l’attrait pour une discipline n’est pas la principale motivation : une majorité d’enseignants déclarent avoir choisi leur métier « parce qu’ils aiment les enfants ».
Le recrutement des enseignants est fortement sélectif car le métier est très attractif, pas pour le salaire – proche de la moyenne des pays de l’OCDE – mais pour le statut social attaché à la fonction d’enseignant. Considérés comme des experts dans leur domaine, dans une société qui accorde une haute importance à l’éducation de ses jeunes, ils jouissent de conditions matérielles optimales et d’une liberté pédagogique totale, ce qui permet de faire l’économie des inspections… et des inspecteurs.

Une école de la réussite pour tous

En plaçant les élèves au cœur du système éducatif, la Finlande montre la voie d’un système à la fois performant et solidaire.
Les inégalités (entre classes sociales ou entre garçons et filles) sont les plus faibles d’Europe, sans pour autant engendrer un nivellement par le bas : pour les 10 % de meilleurs élèves, la Finlande a aussi des scores supérieurs à la moyenne des pays de l’OCDE. Certes, les inégalités sociales sont faibles, ce qui facilite sans doute le travail des enseignants. Mais avec un contexte comparable, la Norvège ou la Suède ont choisi des projets éducatifs différents, en encourageant l’école privée et la concurrence entre établissements, avec des résultats guère probants. Le système finlandais ne repose pas sur des recettes facilement transposables dans d’autres pays. mais sur un état d’esprit et une philosophie aux antipodes des modèles de concurrence et de compétition.

Extraits d’un article de Pierre Concialdi dans Siné mensuel de septembre 2016.

Le numérique et l’école

La similarité des arguments à travers les âges est frappante : éveil de l’intérêt des enfants, augmentation de la motivation, interactivité et possibilité d’adapter le rythme de l’enseignement à chaque élève, participation et implication accrues, ouverture de l’école sur le monde, possibilité de suivre les cours des meilleurs profs – hier avec la radio et la télévision, aujourd’hui avec les cours massifs en ligne. Mais les prophéties enthousiastes ont toujours été démenties, les résultats n’ont jamais été à la hauteur des promesses.

Les fabricants d’équipement sont les plus ardents promoteurs, Edison et ses projecteurs de cinéma hier, Microsoft et ses logiciels aujourd’hui. Mais leur lobbying serait insuffisant sans l’appui de promoteurs inlassables du numérique à l’école : élite politique, qui plonge, à quelques exceptions prés, dans l’évidente nécessité de construire une école « moderne » ; théoriciens universitaires, qui préconisent et expliquent aux enseignants du primaire et du secondaire comment faire cours, les incitant à accompagner les évolutions de la société et à « arrêter de résister » ; hiérarchie de l’Éducation nationale, qui assure la mise en œuvre à marche forcée ; certains profs enthousiastes, aussi, qui y croient sincèrement.

Le numérique aurait toutes les qualités – grâce à lui, les élèves vont devenir concentrés, bosseurs, confiants en eux, persévérants, meilleurs. Dans les rapports qui se succèdent, on ne recule pas devant les approximations ou les syllogismes du type « le Danemark réussit à l’école, le Danemark intègre le numérique, alors c’est que le numérique permet de réussir ». Et tant pis s’il y a d’autres facteurs explicatifs dans le système éducatif danois…
En réalité, il n’y a simplement pas de corrélation entre numérisation et performance des élèves : en moyenne, « les pays qui ont consenti d’importants investissements dans les TICE n’ont enregistré aucune amélioration notable des résultats », révèle une enquête de l’OCDE – pourtant furieusement pro-numérique. Au contraire, ceux qui utilisent davantage les TICE ont des résultats plus faibles.
On peut ainsi démonter chaque argument en faveur du numérique. Il motiverait les élèves incapables de se concentrer ? Mais parce qu’on confond motivation pour l’apprentissage et motivation pour l’outil ! Et le manque d’attention des élèves ne vient-il pas, en partie, des usages numériques, de notre « société multitâches » ? Il permettrait une pédagogie active, plus ludique ? Mais l’apprentissage actif lié à la production de contenu et le jeu ne sont pas l’apanage du numérique – la pédagogie Freinet date des années 1920 ! Le numérique offrirait des ressources pédagogiques illimitées : mais a-t-on jamais pointé la « pauvreté » des manuels comme une cause de la crise de l’école ? ‘

Extrait d’un entretien de Philippe Bihouix par le journal La Décroissance (édition de septembre 2016).

Lire également Le numérique est bon pour (presque) tous les enfants.

Le sport et ses valeurs

Inlassablement, le spectacle reprend ses droits, les valeurs proclamées masquent les valeurs réelles, et les bavardages étouffent toute volonté de comprendre une pratique corporelle particulière née à la fin du XIXe siècle. Au nom de la liberté de chacun et de l’enthousiasme des foules chauvines, on est prié de laisser son esprit critique au vestiaire. C’est là toute la puissance suprême du sport : s’exhiber comme un monde innocent, apolitique, sans rapport avec le mode de production qui l’a enfanté. Un monde où sont proclamés haut et fort les idéaux de pureté, de loyauté, de respect, de tolérance, de solidarité, tous ces discours venus de partout et de nulle part que chacun répercute avec le sentiment de transmettre des évidences incontestables.
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La confusion entre l’activité physique et le sport est très fortement entretenue au cœur de l’Éducation nationale à l’occasion de cette opération. Les missions d’enrichissement du savoir, de formation de l’esprit critique, d’éveil des consciences, de développement corporel harmonieux, dévolues à l’école, sont-elles réalisées quand les enseignants sont priés d’intégrer dans leurs cours les directives « sportives » des ministères ? Le sont-elles quand on demande aux enfants de s’identifier au champion et non pas à l’écrivain ou à l’homme de l’art ? Zlatan Ibrahimovic plutôt que Victor Hugo. L’école devrait au contraire combattre l’idolâtrie et chercher à éradiquer ce principe de compétition qui place l’élève en perpétuelle rivalité avec les autres en lui faisant croire que, s’il n’est pas le meilleur, il va rater sa vie.
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Pourquoi, dans ces conditions, condamner l’endoctrinement sportif contemporain, cette « propagande silencieuse » dans l’école, dans les clubs, dans les associations ? Parce que le sport présente l’avantage d’être un conditionnement idéologique facile. Dans son discours du 31 mai 2015, François Hollande présente l’Euro comme l’affirmation d’une ambition française économique, culturelle, touristique mais également une ambition en termes de valeur : « Qu’est-ce que nous avons à porter à l’occasion de l’Euro 2016 ? Le sport est déjà une valeur, c’est un ensemble de règles, de disciplines qui méritent le respect ; ce doit être des compétitions incontestables aussi bien pour leur organisation que pour leur déroulement. Le sport est aussi une conception du monde et de la vie en commun ; c’est l’acceptation de la compétition, de la concurrence, elle fait partie de la vie ».
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La concurrence généralisée fait partie de la vie, nous dit le président de la République, alors qu’il est temps de se demander si la compétition n’est pas un principe opposé à toute éducation humaine. Il n’y aucun caractère naturel dans la « guerre de tous contre tous », dans l’appât de victoires et de gains, dans la course sans limite aux performances et aux records. Il n’y a qu’une réalité historique. Dans le contexte donné, celui de l’affrontement universalisé et de l’échange marchand globalisé, le sport prêche des valeurs qu’il ne porte pas, mais en diffuse beaucoup d’autres qui sont intériorisées et deviennent une seconde nature : apologie permanente de la compétition, éloge de la souffrance, de la discipline, de l’héroïsme, de l’effort pour l’effort, culte des chefs et de la hiérarchie, élitisme, exacerbation de l’individualisme, du mérite personnel, respect des inégalités fatales, virilité dominatrice, admiration populiste des héros, délire patriotique, anti-intellectualisme, etc.

Extraits d’un article de Marc Perelman et Michel Caillat publié par ATTAC dans la revue « Les Possibles — No. 10 Été 2016 ».

Pétition contre la publicité à l’école

Les grandes entreprises vont sauver la planète…

Sous couvert d’écologie, des grandes entreprises (Bolloré, Euro RSCG, Havas, Carrefour, Hase, etc.) financent l’association de Madame Maud Fontenoy, la “Maud Fontenoy Foundation”. Les thèses de Madame Maud Fontenoy trouvent un large écho dans les grands médias : soutien du nucléaire, du gaz de schiste, des OGM ou de la croissance. Ces thèses vont directement à l’encontre de tout ce qui a été depuis toujours défendu par les écologistes. Madame Maud Fontenoy revendique elle-même « un message différent sur l’écologie » (France 2, 3-4-2015). L’un de ses livres, on ne peut plus clairement intitulé Ras-le-bol des écolos, a été qualifié de « manifeste éco-capitaliste » par l’association Action Critique Médias (Acrimed, 3-3-2014). Des personnalités médiatiques de sensibilités diverses telles que Natacha Polony, Aymeric Caron ou encore le journaliste écologiste Hervé Kempf, ont dénoncé publiquement ce qu’ils considèrent comme une imposture (France 2, 12-4-2014, Reporterre, 26-3-2015). En effet, le discours développé par Madame Maud Fontenoy vise à cautionner l’idée selon laquelle l’idéologie productiviste et consumériste et la protection de la nature seraient compatibles. On comprend tout l’intérêt de grandes entreprises à financer une telle vision de l’écologie.

Derrière un discours présenté comme « non idéologique », « non partisan », Madame Maud Fontenoy professe son idéologie libérale. Elle est une proche de l’UMP dont elle a été candidate aux élections régionales en Île-de-France derrière Jean-François Copé. Elle fut ensuite un ardent soutien de la dernière campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.

Les grandes entreprises font leur publicité à l’école…

Aujourd’hui, avec ses « kits pédagogiques », c’est à l’intérieur même de l’éducation nationale que s’immisce insidieusement la “Maud Fontenoy Foundation”. Ces tentatives d’infiltration des établissement scolaires par des grandes entreprises, par l’intermédiaire de fondations, ne sont pas nouvelles. Des associations de protection de l’enfance ou de lutte contre la publicité les dénoncent depuis longtemps. Nous vous rappelons que dès 1936 l’Assemblée nationale a proclamé l’interdiction absolue de toute publicité à l’école. Ce principe protecteur de l’enfance a été sans cesse réaffirmé, témoignant ainsi de l’existence d’un véritable consensus national sur cette question. Nous vous rappelons le devoir de neutralité de l’école. La “Maud Fontenoy Foundation” et ses sponsors n’y font pas exception. Ils n’ont rien à faire dans les établissements scolaires. Nous vous demandons leur exclusion immédiate des écoles, collèges et lycées.

Pétition lancée par le journal La Décroissance en mai 2015.