Doit-on applaudir le sport-business ?

À mesure que le sport s’est transformé en industrie, il a banni la beauté qui naît de la joie de jouer pour jouer. […] Le football professionnel condamne ce qui est inutile, et est inutile ce qui n’est pas rentable. Peut-on encore avoir le cœur à s’enthousiasmer pour cette stupide compétition qui voit vingt-deux millionnaires en short courir pendant une heure et demie après une balle fabriquée par des semi-esclaves pakistanaises, tout en se voulant solidaires du mouvement social « il n’y aura pas de coupe » au Brésil ?
Comment ne pas bondir lorsque Michel Platini tance les Brésiliens qui manifestent leur colère et les somme de « se calmer » pour ne pas déranger cette « grande fête du foot » ?
Comment ne pas ricaner quand la presse anglaise révèle que la France est sans doute mêlée de près à la corruption millionnaire qui a permis l’élection du Qatar comme hôte ubuesque de la coupe du monde 2022 ?
Comment ne pas grincer des dents quand le Barça -qui, il n’y a pas si longtemps, vantait l’Unesco sur son maillot- se fait épingler par l’UEFA pour avoir bidouillé des contrats pour de « jeunes espoirs » qui se trouvent être des enfants de dix ans ?
Pourtant, oui, on peut clairement voir dans le super-show du foot-business l’expression ultime d’un capitalisme prédateur et aliénant, tout en appréciant le beau jeu et la pratique populaire d’un sport qui, ne l’oublions pas, a aussi, dans son expression la plus libre, l’immense mérite d’encourager l’esprit collectif et le geste gratuit.

Extrait du dossier spécial foot du journal CQFD de juin 2014.

Bientôt un monopole total sur les semences ?

En mars, Alba Calvache et deux de ses compagnons ont parcouru l’Europe pour populariser leur combat contre les trusts semenciers qui, s’appuyant sur le traité de libre commerce entre Colombie et États-Unis, cherchent à rendre illégales les graines paysannes.
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Fille de paysans, Alba est la porte-parole des « Guardianes de semillas de vida » en Colombie. Apparu en Équateur, ce réseau de sauvegarde de graines traditionnelles est aux avant-postes de la mobilisation contre la résolution 9-70, qui met hors la loi toute semence non brevetée.
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Trois trusts semenciers dominent 70% du marché mondial : Monsanto, Syngenta et Dupont, qui considèrent toute utilisation ou échange de graines traditionnelles comme une concurrence déloyale ou une violation de la propriété intellectuelle. Cela prêterait à rire si Washington, puis Bogota, et bientôt Bruxelles, ne leur donnaient raison, et surtout, ne fournissaient les armes légales pour imposer cette folie.
« Avec ce traité, les petits paysans vont disparaître ou s’endetter, puis devenir les employés des trusts, dépendant non seulement de leur semences, mais aussi des pesticides et des engrais qui vont avec. »
Entre 2010 et 2012, avec la résolution 9-70 en main, les forces de l’ordre et l’Institut colombien d’agriculture ont détruit plus de 4 000 tonnes de graines créoles. Les amendes pour possession de semences non certifiées peuvent atteindre jusqu’à 1 500 fois le SMIC local. S’il ne paie pas, le contrevenant encourt jusqu’à huit ans de prison. Persécution des paysans, extinction des variétés autochtones : la guerre au vivants est déclarée au nom du libre-échange.

Extrait d’un article de Nicolas Arraitz dans le journal CQFD de mai 2014

Et tous les partis politiques dit « de gouvernement » soutiennent TAFTA