Les revenus distribués en dividendes

C’est un chiffre clé, à ne jamais oublier, à répandre autour de soi : en 1980, les revenus distribués en dividendes représentaient 4 % de la masse salariale, contre plus de 12 % aujourd’hui. Un triplement, donc.
Ce chiffre condense tous nos soucis : les salaires qui stagnent, les emplois détruits, d’autres qui ne sont pas créés, les stages sous-payés, le « travailler plus pour gagner moins », la fraude fiscale des multinationales, les milliards qu’elles touchent en subventions, etc. Mais aussi des investissements qui sont réduits à la portion congrue.

C’est la seconde donnée : dans les années 1980, les entreprises consacraient environ 40 % de leurs profits aux dividendes. C’est désormais plus du double, aux alentours de 85 % (source : Insee). Reste 15 % pour les salariés et les investissements. Il y a là comme un capitalisme cannibale, qui se dévore lui-même, tout pour les actionnaires. C’est une ponction mortifère pour l’économie française. Comme un vampire qui lui suce le sang.

Ce chiffre, évidemment, n’est jamais livré, discuté, dans les médias.
C’est le silence autour.
À nous, donc, de le rappeler, de le marteler, de le sortir de l’oubli, d’en faire le cœur du débat.

Extrait d’un article du journal Fakir de mai-juin 2016.

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