Le succès du livre numérique

En France, le chiffre d’affaires « officiel » des ventes de téléchargements de fichiers type PDF ou équivalents sur terminaux numériques totalise 1.8 % du marché – représenté par l’ensemble des ventes de l’édition française. C’est déjà fort peu de chose quand on met çà en relation avec le matraquage phénoménal, publicitaire, médiatique et institutionnel, mobilisé pour promouvoir ces téléchargements et les ventes de ces terminaux. Mais le point essentiel et qui permet de vraiment prendre la mesure des choses, c’est que 80 % de ces achats de téléchargements sont le fait des bibliothèques publiques. Bref, le prétendu « livre numérique » représente moins de 0.4 % du marché – hors marché publics – , autrement dit… rien.
Il est également à noter que ces achats publics ne correspondent à aucune demande des lecteurs fréquentant les bibliothèques, et n’y trouvent aucun preneur. Le centre national du livre et les divers organismes de tutelle, ou interprofessionnels, sont très avares de statistiques. Il m’a fallu sérieusement enquêter pour établir le ratio de 80 % d’achats publics pour les téléchargements de fichiers, et de même pour découvrir que les marchés publics représentent globalement 18 % du marché de la librairie. Bien que confirmés par les fonctionnaires du ministère de la Culture, ces ratios ne sont publiés nulle part, et pour cause, ils sont édifiants.
Cependant, ce qui est manifeste, puisque c’est Madame la ministre qui l’affirme, c’est que, si on les laisse faire, les pouvoirs publics ont instruction d’y consacrer une part majeure des budgets initialement – et démocratiquement – attribués au soutien du livre et de la librairie, alors même que tout cela en est l’antithèse destructrice. Les effets désastreux de cette politique sont pour l’instant occultés par le bide total du numérique en dépit de son subventionnement massif. Bide qui s’est encore confirmé en fin d’année, où les ventes de téléchargement ont été quasi nulles.

Extrait de propos de Dominique Mazuet recueillis par Nicolas Norrito dans le journal CQFD de février 2013.

Dette, 5000 ans d’histoire.

« Dette, 5000 ans d’histoire » est un livre de David Graeber.

Cette somme court de l’invention du crédit en Mésopotamie à la crise des subprimes, cite Rabelais ou le Rigg-Veda (les hymnes sacrés de l’Inde) et offre une puissante réflexion historique et morale, l’humour en prime. Surprise, c’est un succés : 100 000 exemplaires vendus aux États-Unis, autant en Allemagne. Car David Graeber, anthropologue, prof d’économie à l’université de Londres et instigateur d’Occupy Wall Street, démontre comment l’adage « Chacun doit payer ses dettes » a deux poids et deux mesures. Dans certains États américains, une personne endettée peut aujourd’hui être jetée en prison alors que sa banque est renflouée par des fonds publics. Et quand les créanciers et le Fonds monétaire international étranglent la Grèce ou le Portugal, Washington relève son plafond de la dette – de 5 000 milliards de dollars en 1996 à 16700 milliards en 2013. Parmi les créanciers, Pékin ne réclame pas (encore) ses intérêts, le déficit américain servant à acheter « made in china »
(…)
En 1971, la querre au Vietnam est un gouffre financier ? Le président Nixon dévalue en enterrant la convertibilité en or du dollar. Depuis, la monnaie est totalement dématérialisée, mais cela n’a rien d’inédit, rappelle David Graeber. N’en déplaise à l’économiste Adam Smith, selon lequel le troc a précédé la monnaie et le crédit, on sait qu’en 2400 avant notre ère les prêts à intérêts étaient si répandu au Proche-Orient que des amnistie étaient régulièrement décrétées pour effacer les dettes du peuple, synonymes d’asservissement. Or, les premières pièces connues datent de -600. En Grèce ou en Inde, les États font battre monnaie pour payer leurs soldats, et font émerger l’économie de marché pour entretenir l’armée. Les conquêtes apportent du butin et surtout des prisonniers, qui remplacent au pays les « asservis pour dettes ».
L’anthropologue voit dans ce triptyque guerre-monnaie-esclavage un moteur de l’histoire. Hernan Cortès conquiert le Mexique pour honorer ses créanciers; puis les conquistadors usent de l’esclavage et du péonage – un travailleur détenu doit payer à son patron des dettes contractées pour pouvoir vivre sur place, système toujours en vigueur dans les ateliers-bagnes asiatiques ou les chantiers du Qatar… « C’est le scandale secret du capitalisme : à aucun moment il n’a été organisé essentiellement autour d’une main d’œuvre libre », juge David Graeber.
Mais « les insurrections paysannes, du Chiapas au Japon, ont régulièrement revendiqué l’effacement des dettes au lieu de se concentrer sur des problèmes structurels comme le système des castes ou même l’esclavage ». Pour ce partisan d’un jubilé de la dette, la crise écologique et sociale doit entraîner une vraie remise en cause du sens de l’économie, via, par exemple, la semaine de 20 heures.

Présentation de l’ouvrage par Simon Barthélémy dans le magazine Terra eco de novembre 2013.

Évolution de l’écologie politique au cours des 40 dernières années

À ses début, l’écologie politique n’hésitait pas à tenir un discours que les conseillers en communication actuels jugeraient « négatif », face à la destruction de la planète et de l’homme par la quête de croissance infinie.
Lorsqu’en 1974 René Dumont déboule aux élections présidentielles, son message frappe : « si nous maintenons le taux d’expansion actuelle de la population et de la production industrielle jusqu’au siècle prochain, ce dernier ne se terminera pas sans l’effondrement total de notre civilisation », alerte-t-il en s’appuyant sur le rapport du club de Rome. Raréfaction des ressources naturelles, du pétrole, des minerais, destruction de la biodiversité, pollution de l’air, de l’eau, des sols, bouleversement climatique, pillage du tiers monde : l’agronome détaille la catastrophe sans esquiver, sans chercher à caresser dans le sens du poil le spectateur habitué à des élans enjoués sur le thème des lendemains qui chantent. Non, lui appelle à « une mobilisation générale de survie ». C’est « l’écologie ou la mort ». Il parle d’en finir avec la croissance sans limites, avec le « cancer de l’automobile », la « folie nucléaire », la « surconsommation des pays riches », l’urbanisation délirante. Il invite à reconvertir la production, à redistribuer les richesses, à nous auto-limiter. Ses propositions subversives ne font pas dans le consensus ouaté : suppression de la publicité, taxation massive des consommations somptuaires, de l’automobile, suppression de places de stationnement…
Imaginons l’un des candidats aux présidentielles de 2012 déclarer : « il faut élever le coût d’utilisation de la voiture privée à un niveau tel qu’on ait un gros avantage pécuniaire à prendre le train, même s’il s’agit de 4 ou 5 personnes : une sortie en voiture doit devenir un grand luxe. »
(…)
Comme l’explique René Dumont à la gauche keynésienne : « le programme commun propose une hausse généralisée du niveau de vie, oubliant que ce niveau de vie résulte en partie du pillage du tiers-monde, du sous-paiement de ses ressources rares. »
(…)
lors de leur assemblée générale fondatrice de 1984, les Verts fustigeaient une gauche qui « n’a pas d’autre projet que de gérer le capitalisme ». Les textes d’orientation du nouveau parti brillaient par leur intransigeance : « Les modèles de société que nous offrent tant l’Est que l’Ouest, tant la droite que la gauche, sont fondés sur le même postulat du développement ininterrompu des forces productives »
(…)
les Verts puis Europe Écologie ont définitivement opté pour une ligne « libérale-libertaire » revendiquée par Lalonde dès 1981, mais aussi Daniel Cohn-Bendit ou Noël Mamère. Et qui s’exprime si bien dans leur soutien sans faille à la construction ultralibérale d’une Union-européenne-marché-sans-entraves et dans leur volonté d’en finir avec toute souveraineté nationale. Bien loin de la remise en cause fondamentale de la société de consommation et des appels à l’austérité, ils ne se contentent plus que de timides aménagements du capitalisme, d’un effacement de l’écologie dans l’économie triomphante et d’un réformisme propre sur lui qui ne heurte personne.

Extrait d’un long article de Pierre Thiesset dans le journal La décroissance de novembre 2013.
Ce long article décrit l’évolution de l’écologie politique et de son discours depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui.

Abandonnons l’élevage industriel !

L’affaire des lasagnes de « boeuf » produites à base de cheval illustre parfaitement les errements d’une industrie agroalimentaire qui a rompu tous liens avec le vivant. Les animaux sont considérés comme des « sous-produits », le consommateur n’est qu’un porte-monnaie et l’environnement qu’une variable d’ajustement.

La consommation mondiale de viande a plus que quintuplé en à peine 50 ans. Cette boulimie de produits carnés est un cas d’école qui soulève de multiples questions en lien avec la sauvegarde de notre planète et la survie de ses habitants. L’élevage et la pêche ont aujourd’hui des conséquences dramatiques pour les humains, les animaux et l’environnement. En plus de raisons morales, culturelles ou économiques, de nombreux arguments écologiques et sociaux plaident pour une nette modération de la consommation de viande.

Recherchant la rentabilité à court terme, l’industrie agroalimentaire exploite et maltraite des animaux d’élevage. Mais nous sommes toutes et tous victimes de l’élevage industriel à des degrés divers : les pays du Sud, qui voient une grande partie de leurs terres monopolisées ; les consommateurs, qui ingèrent une nourriture de mauvaise qualité dont la consommation excessive prédispose à l’obésité et à diverses pathologies; les éleveurs, qui doivent supporter des conditions de travail très difficiles pour un revenu de plus en plus précaire.

Sur le plan environnemental, l’eau, l’air et les sols ne peuvent supporter de si grandes concentrations d’animaux ; la biodiversité animale et végétale se réduit sous le poids d’une standardisation agricole extrême ; la production des produits animaux requiert énormément d’eau et d’énergie et rejette quantité de gaz à effet de serre.

Des solutions existent mais vont à l’encontre d’intérêts économiques bien établis. Face à l’inertie des pouvoirs publics, de plus en plus de citoyens, personnalités et organisations se mobilisent afin de réclamer une alimentation plus diversifiée et moins carnée et favoriser un élevage respectueux du bien-être des animaux et de l’environnement.

Extrait d’une campagne de l’association Agir pour l’environnement pour soutenir un modèle d’agriculture durable et extensif.

Changer de société pour sauver notre planète

Crises énergétiques et climatiques, raréfaction des ressources naturelles, effondrement brutal des écosystèmes, contaminations chimiques, radioactives, électromagnétiques, génétiques… Face à l’urgence écologique, Agir pour l’Environnement n’a de cesse de mener campagne en faveur d’une planète vivable. En 15 ans, une quarantaine de campagnes a été menée en partenariat avec de très nombreux acteurs associatifs et syndicaux. Chaque campagne est l’occasion de démontrer qu’un autre monde est possible.
Les trente glorieuses et cinquante gaspilleuses continuent à être le modèle indépassable auquel se réfèrent la plupart de nos décideurs politiques et économiques. Nucléaire, autoroutes, pesticides, nanotechnologies, OGM, agrocarburants, microparticules, aéroports, antennes relais, publicité… sont sans cesse évoqués comme solutions pour relancer la sacro-sainte croissance économique.
Le système économique dominant semble frappé de cécité aiguë. Nos sociétés semblent continuer ainsi à croire qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible et souhaitable. Alors que tous les indicateurs sont au rouge, nous perdons ainsi un temps précieux.

Extrait d’un document de l’association Agir pour l’environnement qui résume bien la situation actuelle.
Certains décideurs politiques habillent quelquefois de vert leurs discours mais aucun acte, aucune décision…

Les Français payeront l’addition pour les camions

Les routes ne sont pas gratuites. Elles sont payées par les Français et usées par les camions. En outre le « tout camion » pollue et réchauffe le climat. Cette taxe, juste écologiquement et socialement, si elle n’entre pas en vigueur va entrainer une augmentation des impôts locaux pour payer l’entretien des routes passées sous l’autorité des collectivités locales. Elle est aussi un signal pour les poids lourds de toute l’Europe : venez traverser la France, c’est pas cher pour vous !

Le cadeau fiscal ne résoudra rien et enfonce le pays dans la crise.

Le cadeau fiscal coûtera plus d’un milliard par an à l’Etat, en manque à gagner, 800 millions de plus si le contrat avec le prestataire est rompu. Par ailleurs, la crise profonde que traversent certains secteurs agricoles ne saurait trouver de solution si nous sommes incapables de favoriser une production (notamment agricole) de proximité, faiblement émettrice de gaz à effets de serre et de pollutions atmosphériques.
Le moins disant environnemental et social, payant le plus mal ses salariés et polluant le plus, continue d’être l’alpha et l’oméga d’un dogme productiviste qui saigne nos territoires et notre économie. Tant pis pour les conséquences tant que le prix est le plus bas possible et qu’on ne paye pas pour son outil de travail (la route)…

Nous n’aurons pas les moyens de la transition écologique

Pour mémoire, rappelons que le gouvernement avait promis que la baisse du budget du ministère de l’écologie de 7% serait compensée par la TKPL. Sans elle qui le financera ?…
On ne peut continuer à faire comme avant en espérant que ça change. La transition écologique nécessite des investissements et il nous semble naturel que ceux qui sont les principaux responsables de la crise écologique soient aussi ceux qui financent prioritairement la sortie de crise au profit de tous ceux (dont de nombreuses entreprises, exploitants agricoles…) qui essayent de construire la France de demain. A moins de remettre en cause le principe pollueur-payeur et d’assumer un état de fait : aujourd’hui c’est pollué-payeur !

Extrait de la newsletter d’octobre 2013 de l’association France Nature Environnement.

Initiative citoyenne européenne contre l’écocide

L’initiative citoyenne européenne (ICE) est un outil de démocratie directe permettant aux citoyens de l’UE de proposer l’examen d’une directive.
Signer une ICE a le même pouvoir que voter. Nous avons besoin de votre vote pour que la Commission européenne étudie notre proposition.
Si au moins 1 million de citoyens européens issus de 7 pays différents la soutienne, la directive sera discutée au niveau européen.
Contrairement à une pétition ordinaire, l’ICE a le pouvoir juridique d’influencer la politique. C’est pourquoi certaines informations telles que votre adresse et votre date de naissance sont demandées. Dans certains pays, comme en France, il vous sera aussi demandé un numéro d’identité.

Écocide : La destruction partielle ou totale d’un écosystème sur un territoire donné, les dommages massifs générés par l’action humaine ou toute autre cause, ayant pour résultat d’empêcher les habitants du territoire concerné d’en jouir en toute quiétude.

Le compte à rebours est lancé pour recueillir 1 million de votes au niveau européen d’ici janvier 2014.
Vous aussi, participez à l’Initiative « Arrêtons l’écocide en Europe » !
www.endecocide.eu

La France championne du cumul des mandats

La limitation du cumul des mandats, c’est l’engagement 48 de François Hollande sur le renforcement des pouvoirs du Parlement. (…) Le non-cumul des mandats est un des éléments clé pour refonder le lien à la politique et restaurer la confiance avec les citoyens.
Aujourd’hui, 58 % des députés et 59 % des sénateurs détiennent en plus de leur mandat de parlementaire une fonction exécutive locale de direction d’une collectivité territoriale ou d’un EPCI ; 468 députés et 264 sénateurs cumulent plusieurs mandats ; 8 députés sur 10 détiennent plus d’un mandat, contre une moyenne de 20 % dans le reste de l’Europe. Pour le dire autrement, seuls 105 députés et 84 sénateurs se consacrent entièrement à l’exercice de leur mandat parlementaire.
La proportion du cumul de fonctions locales avec celle de parlementaire européen est moins répandue, mais atteint la proportion de 48,6 %, soit deux fois plus que les Allemands, et quatre fois plus que les Italiens. Les chiffres du cumul dans les autres grandes démocraties européennes méritent d’être évoquées : 24 % seulement en Allemagne, 20 % en Espagne, 7 % en Italie, 3 % au Royaume-Uni.

Extrait d’une intervention du député Sergio Coronado au parlement en juillet 2013.

Comment refouler l’ordre marchand ? Avec de l’audace !

Les néolibéraux ont si bien enraciné l’idée qu’il n’y avait pas d’alternative qu’ils en ont persuadé leurs adversaires, au point que ceux-ci en oublient parfois leurs propres propositions…
Rappelons-en quelques-unes en conservant à l’esprit que plus elles semblent ambitieuses aujourd’hui, plus il importe de les acclimater sans tarder. Et sans jamais oublier que leur rudesse éventuelle doit être rapportée à la violence de l’ordre social qu’elles veulent défaire.
Cet ordre, comment le contenir, puis le refouler ? L’extension de la part du secteur non marchand, celle de la gratuité aussi, répondrait d’un coup à ce double objectif.
(…)
Il conviendrait peut-être de définir démocratiquement quelques besoins élémentaires (logement, nourriture, culture, communications, transports), de les faire financer par la collectivité et d’en offrir à tous la satisfaction. Voire, comme le recommande le sociologue Alain Accardo, d’étendre rapidement et continûment le service public jusqu’à la prise en charge gratuite de tous les besoins fondamentaux à mesure de leur évolution historique, ce qui n’est économiquement concevable que moyennant la restitution à la collectivité de toutes les ressources et toutes les richesses servant au travail social et produites par les efforts de tous. Ainsi, plutôt que de solvabiliser la demande en augmentant fortement les salaires, il s’agirait de socialiser l’offre et de garantir à chacun de nouvelles prestations en nature.
(…)
Un tel programme comporterait un triple avantage. Politique : bien que susceptible de réunir une très large coalition sociale, il est irrécupérable par les libéraux ou par l’extême droite. Ecologique : il évite une relance keynésienne qui, en prolongeant le modèle existant, reviendrait à ce qu’une somme d’argent soit injectée dans les comptes en banque pour être redirigée vers la consommation marchande par la police publicitaire (Le plan B n°22, Paris, février-mars 2010). Il privilégie aussi des besoins qui ne seront pas satisfaits par la production d’objets inutiles dans les pays à bas salaires, suivie de leur transport en conteneurs d’un bout à l’autre de la terre. Un avantage démocratique enfin : la définition des priorités collectives (ce qui deviendra gratuit, ce qui ne le sera pas) ne serait plus réservée à des élus, à des actionnaires ou à des mandarins intellectuels issus des mêmes milieux sociaux.
(…)
Le garrot imposé à la collectivité se desserrera d’autant plus vite que celle-ci recouvrera les recerttes fiscales que trente ans de néolibéralisme ont dilapidées. Pas seulement lorsqu’on a remis en cause la progressivité de l’impôt et s’est accomodé de l’extension de la fraude, mais quand on a créé un système tentaculaire dans lequel la moitié du commerce international de biens et de services transite par des paradis fiscaux . Leurs bénéficiaires ne se résument pas à des oligarques russes ou à un ancien ministre français du budget : ils comptent surtout des entreprises aussi dorlotées par l’État (et aussi influentes dans les médias) que Total, Apple, Google, Citigroup ou BNP Paribas.

Quelques extraits d’un long article de Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique de septembre 2013.

Les médias dominants et l’écologie

Personne n’aime à être un messager de malheur. Déjà en 442 avant J.-C., Sophocle avait tout pigé, lui qui, dans Antigone, soulignait à quel point être porteur de mauvaise nouvelles n’augurait pas la longévité. (…) Dans les grands qutidiens, les espaces dévolus aux questions écologiques se sont réduits à peau de balle. A la radio ou à la télé, on compte moins encore de chroniques environnementales, là où se déversent pourtant des torrents de billets culturels, politiques ou people tous plus ineptes et redondants les uns que les autres. Aucune place n’est faite aux idées nouvelles, celles qui ambitionnent de repenser le système pour qu’il survive à l’anthropocène. Les médias dominants – perfusés à la pub – n’aiment pas l’écologie. Et elle le leur rend bien. Le problème, c’est que pour l’instant, elle a perdu la bataille. Snif.

Billet de Bridget Kyoto dans Terraeco d’octobre 2013.