Pétition en ligne : méfiance !

Certaines critiques pointent du doigt le business florissant du clicktivisme. Appel à dons, partenariats avec le monde économique, lobbying politique, le terreau dans lequel ces plate-formes ont plongé leurs racines rappelle que la bonne conscience des uns peut faire la fortune des autres.
Auteur d’une étude sur Avaaz, Dominique Guillet, membre de l’association Kokopelli, notait :

les cadres chez Avaaz ne sont pas rémunérés avec des cacahuètes virtuelles : le fondateur et directeur exécutif, Ricken Patel, a ainsi touché, en 2010, le modeste salaire de 183 264 dollards (…) tandis que le directeur de campagne, Ben Wikler, a touché 111 384 dollards. Cette même année 2010, Avaaz a déclaré sur sa feuille de revenu : 921 592 dollards de frais de campagne et de consultance. Tout cela pue l’arnaque financière et le copinage archi-dollarisé.

Refroidi par l’expérience, un ancien bénévole d’Avaaz témoignait de son coté :

C’est une mentalité à l’américaine : c’est à dire une vision de réussite et où on voit le monde comme génial, sensass, cool, géant (…). Les textes sont très polis, sans polémiques ni critique trop sévère, pour avoir un maximum de signatures et ne pas froisser les politiques.

Une issue de secours, peut-être : le site petitionpublique.fr propose une pétition pour l’abolition définitive du moyen d’expression barbare et stupide que reprèsente une pétition.

Extrait d’un article de Sébastien Navarro dans le journal CQFD de février 2013.

Dette, protectionisme, lutte des classes, la bataille des idées.

Dans l’aquoibonisme ambiant, je tenais à rappeler çà : qu’on avance. Qu’on a déjà avancé. Jamais aussi vite qu’on le voudrait, évidemment. Mais que de chemin parcouru, en une poignée d’années ! Et je tenais à le rappeler maintenant. Pourquoi maintenant ?

Parce que nous ne sommes pas, pas encore, au cœur de la tempête. Nous vivons comme un palier dans la crise, un temps suspendu. Des choses bougent, dans les têtes, dans les urnes, mais sans fracas pour l’instant, comme en souterrain.

Profitons-en. Que nos armes soient affûtées pour les prochaines secousses. Que nous ne rations pas le coche, cette fois. Car que s’est-il produit, en 2008, après la chute de Lehman Brothers ? Nos adversaires eux-mêmes, les libéraux, déclaraient leur système coupable, pourri, pervers, et promettaient qu’ils ne recommenceraient plus. Ils ont recommencé. Cinq ans plus tard, tel un phénix renaissant de ses cendres, leur système coupable, pourri, pervers, est à nouveau debout. Mais la faute à qui ? Parce qu’ils étaient trop forts ou parce que nous étions trop faibles ? Un boulevard était ouvert, mais nos idées n’étaient pas mûres, et sans force politique pour les porter, et nous avons défilé, par trois fois, par millions, au printemps 2009, avec ce slogan creux, insignifiant : Nous ne paierons pas leur crise.

C’est la mère des batailles, les idées. Si on la perd, ou qu’on ne la mène pas, si les esprits ne sont pas conquis et prêts à conquérir, difficile, derrière, de se lancer dans les luttes sociales, dans l’affrontement électoral – ou alors sur des bases fragiles, étriquées.

Extrait d’un dossier « La bataille des idées » signé François Ruffin dans le journal Fakir n°62 de septembre 2013.

Patrimoine et logement : l’exemple de Paris

Le politologue Dominique Reynié, dans une tribune publiée par le Huffington Post, au sujet de la ville de Paris :

Une ville saturée de multimillionnaires, à 8 000 € le prix moyen du m2, où 190 000 logements ne sont jamais occupés, car résidences secondaires de grandes fortunes planétaires presque toujours absentes ; une ville d’où les classes moyennes sont exclues, après l’expulsion des ouvriers, il y a 20 ou 30 ans; une ville où les modestes n’ont plus leur place, sinon comme emplotés, charriés quotidiennement par RER, des heures durant, depuis leur lointaine banlieues (…); une ville devenue un immense musée de luxe, ouvert à un tourisme de déambulation de masse.

Une ville où les étudiants ne peuvent plus vivre, étudier, oui, mais vivre, non, le prix d’un studio oscillant désormais entre 600 et 800 € par mois, avec 3 ou 6 mois de caution et la garantie des parents.

Extrait d’un article du journal « Le Nouvel Indigné » d’août/septembre 2013.

Silence médiatique sur un rapport de l’OCDE

Le 16 juillet dernier, l’OCDE a publié ses « Perspectives de l’Emploi 2013 ».
Où l’on découvre que la rigidité ou la flexibilité des législations du travail au sein de ses États membres n’a absolument aucune corrélation avec leur niveau de chômage. (…)

L’OCDE s’est livrée à une analyse des taux de chômage de ses différents membres (total, longue durée, jeunes, senior, etc), mais aussi des différentes protections de l’emploi dans ses États membres.(…)

Sur les 5 pays au taux chômage le plus bas dans l’OCDE, l’Autriche (4,35% de chômage) est plus protectrice que la moyenne OCDE sur les 4 critères; la Norvège (3,2%) est plus protectrice que la moyenne OCDE sur 3 des 4 critères; et la Corée du Sud (3,2%) est plus protectrice que la moyenne OCDE sur 2 des 4 critères (sur les licenciements individuels et le travail temporaire). Seuls la Suisse (4,2%) et le Japon (4,35%) sont plus souples que la moyenne.

La Norvège, qui est en situation de plein-emploi, a l’un des niveaux les plus élevés de réglementation contre le travail temporaire (après la France, le Luxembourg et la Turquie).
L’Allemagne figure parmi les pays les plus protecteurs de l’emploi (*); elle est même plus protectrice que la France contre les licenciements collectifs ou individuels ! Le tout avec un taux de chômage plus bas (5,5% contre 10,3%) !

En matière de protection des travailleurs contre les licenciements individuels ou collectifs, les pays les plus « flexibles » sont anglo-saxons, avec pourtant des résultats en matière de chômage à peine meilleurs que la moyenne (8% en 2012) ! Nouvelle Zélande (chômage à 6,9%); Etats-Unis (chômage à 8,1%); Canada (chômage à 7,2%); Royaume Uni (chômage à 7,9%).

Extraits d’un billet du blog sarkofrance publié le 16 août 2013.
L’auteur du blog parle d’un silence au sujet de ce rapport. Personnellement, j’écoute beaucoup la radio et je n’ai pas entendu parler une seule fois de ce rapport.

La pensée unique vue par Emmanuel Todd

Il n’y a rien dans la pensée unique, qui est en réalité une non-pensée, ou une pensée zéro. Cette pensée zéro se contente de hurler l’inévitabilité de ce qui est ou de ce qui advient. Aux États-Unis, elle clame l’inévitabilité de l’ultra-libéralisme. En France, celle de la monnaie unique et du libre-échange. (…) Le trait central et unificateur de la pensée zéro est une glorification de l’impuissance, une célébration active de la passivité que l’on doit bien désigner par un terme spécifique : le passivisme. (…) Même la monnaie unique, à l’origine projet positif quoique mal pensé, n’apparaît plus à la veille de sa réalisation que comme un « machin qui arrive », qu’on ne peut empêcher, qu’on accepte sans même croire au moindre de ses avantages économiques. On s’y soumet désormais, comme au libre échange, par passivisme.(…)

Les bonnes intentions d’une classe fortement éduquée s’investissent dans la défense des valeurs morales, dans l’hostilité à la peine de mort, dans le refus du racisme, et dans un attachement sans faille à la liberté d’expression. Ses bons revenus et sa bonne intertion sur le marché du travail s’expriment par le passivisme : acceptation du libre-échange et de la politique du franc fort, indifférence ou ou tolérance aux souffrances des milieux populaires.

Extraits d’un entretien entre François Ruffin et Emmanuel Todd paru dans le journal Fakir n°61.

Au cours de cet entretien, Emmanuel Todd explique, entre autres choses, pourquoi la sortie de l’Euro et une remise en cause du libre-échange sont incontournables et pourquoi le passivisme a colonisé les esprits d’une majorité de nos concitoyens. Un long entretien (quatre pages) riche et instructif.

La FNSEA et monsieur Beulin : abus de position dominante et conflit d’intérêts ?

Le patron des agro-entrepreneurs cumule près d’une douzaine de mandats, dont celui de président de Sofiprotéol, groupe agro-industriel qui domine le secteur des huiles et protéines végétales… réalisant en 2011 6,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ce géant de l’agro-business finance, entre autres, la recherche pour les OGM, vend de la chimie verte et joue le lobbying dans les alcôves du pouvoir.

Quand Xavier Beulin défend bec et ongles (manucurés) les agrocarburants, ce n’est pas par hasard : Sofiprotéol est leader européen de ces nécrocultures et a réussi à obtenir pour cette filière des exonérations fiscales qui,selon la cour des comptes, ont rapporté 1,8 milliard d’euros entre 2005 et 2010. Vous avez dit mélange des genres ? (…)

Xavier Beulin se targue d’avoir rencontré plusieurs fois not’bon Hollande en exhortant le candidat à créer un ministère où « agriculture et secteur agroalimentaire seraient intimement liés ». Quelques semaines plus tard, l’intitulé du nouveau ministère « de l’agriculture et de l’agroalimentaire » démontre à quel point Beulin a bénéficié d’une oreille attentive.

Extrait du journal CQFD de février 2013.

Si vous avez des interrogations sur le contenu de vos assiettes, vous savez à qui vous adresser…

Charte éco-responsable de la restauration scolaire

Mettre plus de produits frais et de saison aux menus, s’approvisionner auprès des agriculteurs seine-et-marnais, élaborer des repas équilibrés, réduire le gaspillage alimentaire…

Extrait du guide 2013/2014 des collèges en Seine-et-Marne.

L’intervention des diététiciens, ce n’est pas nouveau ; l’achat de produits locaux et bio un peu plus.
Gardons également à l’esprit que la « cantine » pour un collégien, c’est quatre repas par semaine.

Cette charte de la restauration scolaire me fait penser aux film documentaire de Jean-Paul Jaud Nos enfants nous accuserons et au village de Barjac, pionnier dans le domaine de la restauration scolaire de qualité.

Déficit de débat sur la dette ?

Vivons-nous au-dessus de nos moyens ? La dette est-elle le résultat d’une explosion des dépenses publiques ou provient-elle des exonérations fiscales en faveur des détenteurs de capital et des classes sociales les plus favorisées ? Qu’en est-il des effets produits par les politiques d’exonérations et d’allègements des cotisations sociales ?

Quel a été la contribution de la crise provoquée par la sphère financière et du sauvetage des banques ? Quel est l’impact produit par l’obligation faite aux États de financer leurs dettes par le recours aux marchés financiers en lieu et place de la Banque centrale ? Existe-t-il d’autres solutions à la crise que les coupes dans les dépenses publiques et l’austérité ? Qui sont les créanciers de la dette aujourd’hui ?

Extrait d’une lettre ouverte du collectif pour un audit citoyen de la dette publique envoyée à nos parlementaires en février 2013.

Le nucléaire fait taire

A la fin du mois d’août 1945, Frédéric Joliot est nommé directeur du CNRS, le 3 janvier 1946, il est nommé Haut commissaire au CEA, le 19 mars 1950, il signe à Stockholm, un appel historique (signé par dix à quinze millions de personnes en France et plusieurs centaines de millions dans le monde, qui s’en souvient aujourd’hui ? Et qui sait que les Japonais ont déposé le 16 juin 2012 une pétition de sept millions et demi de personnes demandant l’arrêt du nucléaire ?). Cet appel proclame, entre autres, l’interdiction absolue de l’arme atomique.

Le 29 avril 1950, il est révoqué de ses fonctions et toute recherche pratique dans le domaine nucléaire étant considérée comme relevant de la défense nationale lui est désormais interdite. De fait, le gouvernement a tranché il n’y a pas de nucléaire civile ou militaire : il y a le nucléaire et c’est tout !

Extrait d’ « Atomes Crochus », une publication du réseau Sortir du nucléaire.