L’ombre de la Montagne d’or

Le projet minier Espérance, de par sa taille et l’arrachage de milliers d`arbres, n’est pas sans rappeler celui de la compagnie de la Montagne d’or, symbole de tous les refus. Porté par
les sociétés canadienne et russe Columbus Gold et Nordgold, inscrit dans 190 km2 de concession, la Montagne d’or prévoit une fosse de 2,5 km de long, 500 m de large et 400 m de profondeur, un déboisement de 1 515 hectares, l’utilisation de 57 000 tonnes d’explosifs et de 46 000 tonnes de cyanure pour obtenir 7 tonnes du métal précieux par an pendant douze ans.

Situé à l’ouest du pays, à 120 km de Saint-Laurent-du-Maroni, entre deux réserves biologiques intégrales (à un peu moins de 500 mètres de l’une d’elles), le projet de la Montagne d’0r est actuellement à l’arrêt, mais les péripéties et contradictions qui l’entourent incitent à la plus grande vigilance.
Alors ministre de l’Économie et des Finances de François Hollande, Emmanuel Macron se rendait, le 21 août 2015, sur le site de la Montagne d’or où il affirmait : « Cet industriel est un des fers de lance de la mine responsable. »
Dès lors, le futur candidat à la présidence, à la suite de son prédécesseur Arnaud Montebourg, encourageait l’extraction minière avec l’appui de son « conseiller spécial » Jacques Attali qui siégeait au Comité consultatif de la Columbus Gold. L’opposition s’organisait rapidement avec la constitution du collectif Or de question, le 14 juillet 2016, qui dénonçait la Montagne d’0r dans un courrier du 4 décembre adressé au président de la République, comme « le plus grand danger social et environnemental pour la Guyane ».
En septembre 2017, WWF France (World Wildlife Fund) diffusait une étude, « Montagne d’or, an mirage économique ?« , qui évaluait à 420 millions d’euros le montant des subventions publiques attendues.

Extrait d’un article de Eva Lacoste dans la revue Les Zindigné(e)s de avril-juin 2020.

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