lobbying contre la consigne

la consigne pour réemploi des emballages, qui implique des productions plus localisées et des emballages en verre résistants ne trouve plus sa place dans la stratégie des multinationales du secteur. Au point que certaines d’entre elles voient d’un mauvais œil la popularité dont bénéficient ces dispositifs et font un lobbying actif contre leur réintroduction. Ainsi, quand des documents stratégiques internes à Coca-Cola Europe ont fuité dans la presse à l’automne 2016, la consigne et les objectifs de réutilisation des emballages figuraient en bonne place dans les priorités de lobbying de l’entreprise, identifiés comme « ayant un risque de se matérialiser » et classés dans la catégorie « fight back ».

Pour empêcher la réintroduction de la consigne, ses opposants contestent régulièrement son impact environnemental positif. […]

Pour fonder leur argumentaire, les opposants à la consigne se basent principalement sur un scénario où très peu de bouteilles seraient rapportées, diminuant de ce fait le bénéfice économique et environnemental de la réutilisation. C’est en effet une donnée importante de l’exemple des bières alsaciennes, sur laquelle se fonde l’étude de 2009 précitée : le taux de retour des bouteilles consignées est élevé. Et pour cause : les consommateurs alsaciens bénéficient de nombreuses possibilités pour rapporter leurs bouteilles puisque nombre de petites supérettes et de supermarchés acceptent de les récupérer. Voilà une des clés du succès de la consigne : multiplier les points d’apport pour faciliter le geste du consommateur et garantir ainsi une réutilisation maximale de l’emballage. C’est là que le secteur de la grande distribution entre en scène.

Les magasins des chaînes de la grande distribution sont présents sur l’ensemble du territoire et l’immense majorité des consommateurs français s’y rendent régulièrement pour faire leurs courses. Les supermarchés sont ainsi le chaînon incontournable d’une réintroduction de la consigne sur les bouteilles à grande échelle en France. En acceptant de reprendre les bouteilles consignées, ces enseignes pourraient permettre à des dispositifs de consigne de (re)voir le jour. À l’inverse, en supprimant des machines de déconsignation là où elles existent encore, la grande distribution menace à terme la permanence de dispositifs de réutilisation existants comme celui des bières alsaciennes.

Malheureusement, si certains supermarchés ont choisi de faire de la consigne un avantage concurrentiel, le secteur de la grande distribution dans son ensemble se montre franchement réticent à l’idée d’accepter de récupérer les emballages consignés, arguant du coût supplémentaire induit (main d’oeuvre, machines, espaces de stockage…) et s’alliant régulièrement aux opposants de la consigne pour entretenir le doute sur l’impact environnemental ou économique du réemploi. […]

Heureusement, des porteurs de projets n’ont pas attendu que les géants de l’agroalimentaire ou de la grande distribution avancent pour faire progresser la consigne. Partout en France, des entreprises et des porteurs de projets bataillent pour maintenir des dispositifs existants (lire Le retour des bouteilles consignées en France) ou pour réintroduire des systèmes de réutilisation des emballages (comme Jean Bouteille, Club Maté en région parisienne, Bout à Bout en Pays de Loire, j’aime mes bouteilles dans le Jura, Boréal dans le Nord ou Ecoscience Provence en PACA). […]

Extraits d’un article du site Zero Waste France : Pourquoi la consigne sur les bouteilles peine à revenir en France ?.

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