Inflation : les gens « sérieux » sont tous d’accord !

Fakir : Bonjour, j’ai sous les yeux un article que vous avez écrit dans Le Monde, le 17 août, et qui s’intitule : L’inflation peut-elle résorber les dettes publiques?. Vous interrogez six économistes, mais bizarrement les six sont contre l’inflation.
Alain Faujas : Vous savez, j’ai été pris par le temps. J’ai appelé six économistes de droite et de gauche dont je pensais, pour certains, qu’ils allaient se prononcer en sa faveur. À ma surprise ils étaient aussi contre – même Daniel Cohen et Delors.
Quand les économistes « de gauche » sont représentés par un économiste de la banque Lazard, Daniel Cohen, et par le grand ami des patrons européens, Jacques Delors, le débat est fermement cadré. Il ne versera pas dans le populisme…
Fakir : Si c’est une question de temps, pourquoi dans un numéro suivant vous n’avez pas cherché à trouver d’autres économistes en faveur de l’inflation comme Jacques Sapir, comme Frédéric Lebaron pour équilibrer le débat ?
Alain Faujas : Parce que l’on est passé à autre chose. On a considéré que la question avait été résolue, et par des gens sérieux. Et puis, ce sujet n’attire pas.
Et comment reconnaît-on les « gens sérieux » ? Ils ne prônent pas l’inflation, ni le protectionnisme, ni les nationalisations, ni la décroissance, etc. C’est ainsi que, depuis trente ans, le « cercle de la raison » cher à Alain Minc tourne en rond, se mord la queue, enferme la politique dans un mouchoir de poche centriste et fort triste. C’est ce consensus des bien-pensants qu’il faut aujourd’hui faire voler en éclats. C’est un air vif qu’il faut apporter dans la prison des idées.

Entretien entre les journalistes de Fakir et Alain Faujas, journaliste au journal Le Monde, initialement publié dans le journal Fakir de septembre 2011 et republié en octobre 2014.

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