Dénoncer l’occupation coloniale


Le propre du fascisme est de terroriser, et en ce sens le nouveau fascisme israëlien est en train de réussir au-delà de tout ce à quoi on s’attendait.
Ne voulant pas se démarquer de l’union sacrée contre « le danger islamiste » ou simplement terrorisés par l’ambiance fasciste, les intellectuels se taisent : rares sont ceux qui osent exprimer ne serait-ce que de l’empathie pour les victimes de Gaza. Prochainement, nous prévoyons d’organiser un hommage public à Gideon Levy, éditorialiste au quotidien Haaretz qui dénonce systématiquement les méfaits de l’occupation coloniale israëlienne, car ce grand journaliste est bien isolé dans les médias dans sa dénonciation des crimes de guerre commis par l’armée israëlienne. Tout se passe comme si l’idéologie du Choc des civilisations que l’on croyait enterrée avec le régime Bush retrouvait un nouveau souffle à Tel-Aviv.
Cette trahison des intellectuels israëliens se répercute en Europe : pour pouvoir s’exprimer sur la politique israëlienne sans être trop taxés d’antisémitisme, les intellectuels européens, et plus particulièrement en France, ont besoin de s’appuyer sur une parole israëlienne. Le silence d’ici provoque le silence de chez vous. Cela ne disculpe en aucun cas la lâcheté de ces intellectuels dont l’éthique est, plus que jamais, à géométrie variable, et dont l’arrière-fond idéologique – le choc des civilisations – est l’expression moderne de la vieille arrogance coloniale.

Un article de Michel Warschawski dans le journal Siné mensuel de septembre 2014.

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