CICE : Crédit impôt compétitivité emploi

D’après un rapport de France Stratégie, le Crédit impôt compétitivité emploi aurait permis de créer ou de sauvegarder entre 45 000 et 115 000 emplois.
Le CICE coûte aux alentours de vingt milliards d’euros par an. Divisés par 100 000 emplois (on arrondit, mais dans la fourchette haute). Égal 200 000.
[…] Pour mesurer l’énormité, là, il faut convertir ces 200 000 € en autre chose. En SMIC, par exemple. Un SMIC, c’est 20 000 € à l’année, avec toutes les cotisations – chômage, vieillesse, santé, etc. (Je connais ça par cœur, je suis petit patron…)
200 000 € valent, donc, dix SMIC. Ça signifie quoi ? Qu’à la place de verser des dizaines de milliards, un peu au hasard, aux entreprises, pour derrière des résultats incertains, le gouvernement aurait pu, pour le même coût, embaucher directement, ou via des associations, des collectivités, dix fois plus de personnes au SMIC !
Soit un million de chômeurs qui deviennent un million de smicards !
[…]
C’est la débâcle dans les hôpitaux, on le sait tous, les patients qui attendent des nuits aux urgences, d’autres où le personnel apporte son propre papier toilette, les établissements parisiens qui épuisent leurs salariés, bref, une Sécu au bord de la crise de nerfs.
Donc, embaucher des infirmiers, qui est contre ? ]’ai regardé sur « infirmiers.com », c’est environ 1828 € brut en début de carrière, allez, 2 000, soit 32 O00 par an avec les cotisations patronales. Eh bien, ça fait 625 000 infirmiers. […]

Dans le rapport d ‘évaluation de France Stratégie il y a accord pour estimer qu’aucun effet du CEE sur la Recherche et Développement et les exportations n’est visible à |’horizon de court terme.
Les deux équipes qui se sont attachées à évaluer l’impact du CICE sur l’emploi et les salaires n’obtiennent pas les mêmes résultats. L’une (TEPP) conclut à la création ou la sauvegarde de 45 000 à 115 000 emplois. L’autre (LIEPP) ne met pas en évidence d’effet positif sur l’emploi ni sur les salaires.
Les rapporteurs référents qui se sont prononcés sur les deux études estiment que les deux méthodologies sont a priori pertinentes. L’emploi apparaît rarement au cœur de l’affectation du CICE. Cela suggère que les entreprises ont consacré une partie importante du CICE à la reconstitution de leurs marges.
C’est une agence gouvernementale, rattachée au Premier ministre, qui l’écrit : l’effet du CICE sur l’emploi est minime, voire nulle.

Extraits d’un dossier du journal Fakir de décembre 2016.

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