Initiative citoyenne européenne contre l’écocide

L’initiative citoyenne européenne (ICE) est un outil de démocratie directe permettant aux citoyens de l’UE de proposer l’examen d’une directive.
Signer une ICE a le même pouvoir que voter. Nous avons besoin de votre vote pour que la Commission européenne étudie notre proposition.
Si au moins 1 million de citoyens européens issus de 7 pays différents la soutienne, la directive sera discutée au niveau européen.
Contrairement à une pétition ordinaire, l’ICE a le pouvoir juridique d’influencer la politique. C’est pourquoi certaines informations telles que votre adresse et votre date de naissance sont demandées. Dans certains pays, comme en France, il vous sera aussi demandé un numéro d’identité.

Écocide : La destruction partielle ou totale d’un écosystème sur un territoire donné, les dommages massifs générés par l’action humaine ou toute autre cause, ayant pour résultat d’empêcher les habitants du territoire concerné d’en jouir en toute quiétude.

Le compte à rebours est lancé pour recueillir 1 million de votes au niveau européen d’ici janvier 2014.
Vous aussi, participez à l’Initiative « Arrêtons l’écocide en Europe » !
www.endecocide.eu

Comment refouler l’ordre marchand ? Avec de l’audace !

Les néolibéraux ont si bien enraciné l’idée qu’il n’y avait pas d’alternative qu’ils en ont persuadé leurs adversaires, au point que ceux-ci en oublient parfois leurs propres propositions…
Rappelons-en quelques-unes en conservant à l’esprit que plus elles semblent ambitieuses aujourd’hui, plus il importe de les acclimater sans tarder. Et sans jamais oublier que leur rudesse éventuelle doit être rapportée à la violence de l’ordre social qu’elles veulent défaire.
Cet ordre, comment le contenir, puis le refouler ? L’extension de la part du secteur non marchand, celle de la gratuité aussi, répondrait d’un coup à ce double objectif.
(…)
Il conviendrait peut-être de définir démocratiquement quelques besoins élémentaires (logement, nourriture, culture, communications, transports), de les faire financer par la collectivité et d’en offrir à tous la satisfaction. Voire, comme le recommande le sociologue Alain Accardo, d’étendre rapidement et continûment le service public jusqu’à la prise en charge gratuite de tous les besoins fondamentaux à mesure de leur évolution historique, ce qui n’est économiquement concevable que moyennant la restitution à la collectivité de toutes les ressources et toutes les richesses servant au travail social et produites par les efforts de tous. Ainsi, plutôt que de solvabiliser la demande en augmentant fortement les salaires, il s’agirait de socialiser l’offre et de garantir à chacun de nouvelles prestations en nature.
(…)
Un tel programme comporterait un triple avantage. Politique : bien que susceptible de réunir une très large coalition sociale, il est irrécupérable par les libéraux ou par l’extême droite. Ecologique : il évite une relance keynésienne qui, en prolongeant le modèle existant, reviendrait à ce qu’une somme d’argent soit injectée dans les comptes en banque pour être redirigée vers la consommation marchande par la police publicitaire (Le plan B n°22, Paris, février-mars 2010). Il privilégie aussi des besoins qui ne seront pas satisfaits par la production d’objets inutiles dans les pays à bas salaires, suivie de leur transport en conteneurs d’un bout à l’autre de la terre. Un avantage démocratique enfin : la définition des priorités collectives (ce qui deviendra gratuit, ce qui ne le sera pas) ne serait plus réservée à des élus, à des actionnaires ou à des mandarins intellectuels issus des mêmes milieux sociaux.
(…)
Le garrot imposé à la collectivité se desserrera d’autant plus vite que celle-ci recouvrera les recerttes fiscales que trente ans de néolibéralisme ont dilapidées. Pas seulement lorsqu’on a remis en cause la progressivité de l’impôt et s’est accomodé de l’extension de la fraude, mais quand on a créé un système tentaculaire dans lequel la moitié du commerce international de biens et de services transite par des paradis fiscaux . Leurs bénéficiaires ne se résument pas à des oligarques russes ou à un ancien ministre français du budget : ils comptent surtout des entreprises aussi dorlotées par l’État (et aussi influentes dans les médias) que Total, Apple, Google, Citigroup ou BNP Paribas.

Quelques extraits d’un long article de Serge Halimi dans Le Monde Diplomatique de septembre 2013.

Les médias dominants et l’écologie

Personne n’aime à être un messager de malheur. Déjà en 442 avant J.-C., Sophocle avait tout pigé, lui qui, dans Antigone, soulignait à quel point être porteur de mauvaise nouvelles n’augurait pas la longévité. (…) Dans les grands qutidiens, les espaces dévolus aux questions écologiques se sont réduits à peau de balle. A la radio ou à la télé, on compte moins encore de chroniques environnementales, là où se déversent pourtant des torrents de billets culturels, politiques ou people tous plus ineptes et redondants les uns que les autres. Aucune place n’est faite aux idées nouvelles, celles qui ambitionnent de repenser le système pour qu’il survive à l’anthropocène. Les médias dominants – perfusés à la pub – n’aiment pas l’écologie. Et elle le leur rend bien. Le problème, c’est que pour l’instant, elle a perdu la bataille. Snif.

Billet de Bridget Kyoto dans Terraeco d’octobre 2013.

Traité sur les semences : Une résolution en faveur du droit des agriculteurs.

La Via Campesina se félicite de l’adoption ce 28 septembre 2013, par le Comité Directeur du Traité international des Nations unies sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture, appelé communément « Traité sur les semences », d’une résolution appelant les États à appliquer et soutenir les droits des agriculteurs et des agricultrices sur leurs semences.

Cette résolution a été adoptée grâce à la mobilisation unanime des groupes de pays d’Amérique Latine et Caraïbes, d’Afrique et du Proche-Orient, de nombreux pays asiatiques et européens, et malgré l’opposition d’une poignée de pays industriels. Après avoir rappelé l’énorme contribution des agriculteurs à la conservation et au développement des semences, le comité directeur accueille aussi favorablement la participation des organisations paysannes et de la société civile à ses travaux. En reconnaissant que les brevets et certificats d’obtention végétale peuvent « interagir » avec les droits des agriculteurs, il avoue à mots cachés qu’ils s’y opposent dans de nombreux pays.

Cette résolution contraste avec la violence des lois nationales et les droits de propriété intellectuelles qui criminalisent les semences paysannes. Par exemple, en Colombie, le décret 970, avant son abrogation récente pour 2 ans, avait abouti à la destruction massive de tonnes de semences paysannes devenues ‘illégales’ par application de cette loi. Des projets de lois semblables sont préparés en Afrique de l’Est, au Chili ou en Europe. Par ailleurs, le Traité offre à l’industrie le cadre juridique lui permettant d’accéder gratuitement à toutes les semences sélectionnées par des générations de paysans, mais ne se donne aucun moyen financier pour remplir ses autres tâches, notamment en matière de droits des agriculteurs dont l’application est de la responsabilité des états. Pendant que les banques de semences publiques sont détruites par les guerres ou ou se concentrent en raison de l’absence de financement, de nombreux droits de propriété intellectuelle sont accordés sur les caractères ou les gènes des graines encore conservées qui deviennent ainsi inaccessibles.

Les agriculteurs renouvellent dans leurs champs l’intégrité de l’immense diversité dont ils ont hérité de leurs parents pour la transmettre aux générations futures. Ils sont les garants du droit à l’alimentation de nos enfants. Mais ils ne peuvent pas accomplir cette tâche si leurs droits de conserver, d’utiliser, d’échanger et vendre leurs semences, de protéger leurs connaissances et de participer aux prises de décision ne sont pas respectés et protégés.

La Via Campesina veillera à ce que cette nouvelle résolution sur les droits des agriculteurs et agricultrices ne reste pas sans lendemain comme les précédentes. Avec ou sans le Traité, avec ou contre les lois nationales, la Via Campesina continuera à appliquer concrètement les droits des paysans et des paysannes sur leurs semences car il s’agit de la première marche de la souveraineté alimentaire.

extrait d’un article paru le 30 septembre 2013 sur le site viacampesina.org

Dérèglement climatique : les raisons de l’inaction

Malgré les alertes des scientifiques du GIEC, le réchauffement climatique ne suscite pas de réaction politiques à la hauteur des dangers. Trois raisons à cela : l’aveuglement court-termiste des responsables politiques, la persistance des inégalités et la croissance comme condition de survie dans un monde dominé par la concurrence.
(…)
La première raison tient au fait qu’à chaque rapport du GIEC, on pousse quelques cris puis nous revenons à nos problèmes quotidiens, le chômage, le pouvoir d’achat, la reprise. (…) Or, le temps de la politique est un temps court. Les prochaines élections, c’est demain. (…)

La seconde raison tient aux inégalités. Inégalités au sein de nos pays, inégalités entre pays. Le discours écologique appelant à consommer moins n’est pas audible dans une société aussi inégalitaire que la nôtre, où les plus riches gaspillent sans compter et où les plus pauvres n’accèdent pas aux standards permettant de vivre dignement. Même constat entre pays. Les pays émergents ne voient pas pourquoi ils n’auraient pas, eux aussi, le droit de se développer, et considèrent que c’est aux pays riches de réduire d’abord leurs émissions de gaz à effet de serre. D’où la difficulté à dégager un accord international pour répartir les efforts à fournir par chacun. Et, en l’absence d’accord, pourquoi donc faire des efforts tout seul, puisque ceux-ci ne serviront à rien ou presque, si les autres continuent à polluer tant et plus…

Et puis, il y a une troisième raison, qui tient à la dynamique même de notre société, une société où la concurrence l’emporte encore sur la coopération, concurrence entre firmes, concurrence entre pays. Dans ce contexte, continuer à croître, à produire toujours plus est perçu par les entreprises comme une condition de la survie et, par leurs salariés, comme la garantie de conserver leur emploi. Mais ce n’est pas seulement une affaire d’intérêts économiques. Car continuer à croître, c’est aussi une exigence pour les Etats. C’est le grand paradoxe de la situation : la croissance étant le support de leur puissance, les Etats voient dans sa poursuite la garantie de pouvoir accéder demain à des ressources en voie de raréfaction. Dit clairement, si l’Inde et la Chine construisent des porte-avions, c’est aussi pour pouvoir nous disputer demain les dernières gouttes de pétrole du Moyen-Orient…

Extraits d’un article de Philippe Frémeaux du 02 octobre 2013 sur le site alternatives-economiques.fr

Pétition en ligne : méfiance !

Certaines critiques pointent du doigt le business florissant du clicktivisme. Appel à dons, partenariats avec le monde économique, lobbying politique, le terreau dans lequel ces plate-formes ont plongé leurs racines rappelle que la bonne conscience des uns peut faire la fortune des autres.
Auteur d’une étude sur Avaaz, Dominique Guillet, membre de l’association Kokopelli, notait :

les cadres chez Avaaz ne sont pas rémunérés avec des cacahuètes virtuelles : le fondateur et directeur exécutif, Ricken Patel, a ainsi touché, en 2010, le modeste salaire de 183 264 dollards (…) tandis que le directeur de campagne, Ben Wikler, a touché 111 384 dollards. Cette même année 2010, Avaaz a déclaré sur sa feuille de revenu : 921 592 dollards de frais de campagne et de consultance. Tout cela pue l’arnaque financière et le copinage archi-dollarisé.

Refroidi par l’expérience, un ancien bénévole d’Avaaz témoignait de son coté :

C’est une mentalité à l’américaine : c’est à dire une vision de réussite et où on voit le monde comme génial, sensass, cool, géant (…). Les textes sont très polis, sans polémiques ni critique trop sévère, pour avoir un maximum de signatures et ne pas froisser les politiques.

Une issue de secours, peut-être : le site petitionpublique.fr propose une pétition pour l’abolition définitive du moyen d’expression barbare et stupide que reprèsente une pétition.

Extrait d’un article de Sébastien Navarro dans le journal CQFD de février 2013.

Dette, protectionisme, lutte des classes, la bataille des idées.

Dans l’aquoibonisme ambiant, je tenais à rappeler çà : qu’on avance. Qu’on a déjà avancé. Jamais aussi vite qu’on le voudrait, évidemment. Mais que de chemin parcouru, en une poignée d’années ! Et je tenais à le rappeler maintenant. Pourquoi maintenant ?

Parce que nous ne sommes pas, pas encore, au cœur de la tempête. Nous vivons comme un palier dans la crise, un temps suspendu. Des choses bougent, dans les têtes, dans les urnes, mais sans fracas pour l’instant, comme en souterrain.

Profitons-en. Que nos armes soient affûtées pour les prochaines secousses. Que nous ne rations pas le coche, cette fois. Car que s’est-il produit, en 2008, après la chute de Lehman Brothers ? Nos adversaires eux-mêmes, les libéraux, déclaraient leur système coupable, pourri, pervers, et promettaient qu’ils ne recommenceraient plus. Ils ont recommencé. Cinq ans plus tard, tel un phénix renaissant de ses cendres, leur système coupable, pourri, pervers, est à nouveau debout. Mais la faute à qui ? Parce qu’ils étaient trop forts ou parce que nous étions trop faibles ? Un boulevard était ouvert, mais nos idées n’étaient pas mûres, et sans force politique pour les porter, et nous avons défilé, par trois fois, par millions, au printemps 2009, avec ce slogan creux, insignifiant : Nous ne paierons pas leur crise.

C’est la mère des batailles, les idées. Si on la perd, ou qu’on ne la mène pas, si les esprits ne sont pas conquis et prêts à conquérir, difficile, derrière, de se lancer dans les luttes sociales, dans l’affrontement électoral – ou alors sur des bases fragiles, étriquées.

Extrait d’un dossier « La bataille des idées » signé François Ruffin dans le journal Fakir n°62 de septembre 2013.

Patrimoine et logement : l’exemple de Paris

Le politologue Dominique Reynié, dans une tribune publiée par le Huffington Post, au sujet de la ville de Paris :

Une ville saturée de multimillionnaires, à 8 000 € le prix moyen du m2, où 190 000 logements ne sont jamais occupés, car résidences secondaires de grandes fortunes planétaires presque toujours absentes ; une ville d’où les classes moyennes sont exclues, après l’expulsion des ouvriers, il y a 20 ou 30 ans; une ville où les modestes n’ont plus leur place, sinon comme emplotés, charriés quotidiennement par RER, des heures durant, depuis leur lointaine banlieues (…); une ville devenue un immense musée de luxe, ouvert à un tourisme de déambulation de masse.

Une ville où les étudiants ne peuvent plus vivre, étudier, oui, mais vivre, non, le prix d’un studio oscillant désormais entre 600 et 800 € par mois, avec 3 ou 6 mois de caution et la garantie des parents.

Extrait d’un article du journal « Le Nouvel Indigné » d’août/septembre 2013.

La pensée unique vue par Emmanuel Todd

Il n’y a rien dans la pensée unique, qui est en réalité une non-pensée, ou une pensée zéro. Cette pensée zéro se contente de hurler l’inévitabilité de ce qui est ou de ce qui advient. Aux États-Unis, elle clame l’inévitabilité de l’ultra-libéralisme. En France, celle de la monnaie unique et du libre-échange. (…) Le trait central et unificateur de la pensée zéro est une glorification de l’impuissance, une célébration active de la passivité que l’on doit bien désigner par un terme spécifique : le passivisme. (…) Même la monnaie unique, à l’origine projet positif quoique mal pensé, n’apparaît plus à la veille de sa réalisation que comme un « machin qui arrive », qu’on ne peut empêcher, qu’on accepte sans même croire au moindre de ses avantages économiques. On s’y soumet désormais, comme au libre échange, par passivisme.(…)

Les bonnes intentions d’une classe fortement éduquée s’investissent dans la défense des valeurs morales, dans l’hostilité à la peine de mort, dans le refus du racisme, et dans un attachement sans faille à la liberté d’expression. Ses bons revenus et sa bonne intertion sur le marché du travail s’expriment par le passivisme : acceptation du libre-échange et de la politique du franc fort, indifférence ou ou tolérance aux souffrances des milieux populaires.

Extraits d’un entretien entre François Ruffin et Emmanuel Todd paru dans le journal Fakir n°61.

Au cours de cet entretien, Emmanuel Todd explique, entre autres choses, pourquoi la sortie de l’Euro et une remise en cause du libre-échange sont incontournables et pourquoi le passivisme a colonisé les esprits d’une majorité de nos concitoyens. Un long entretien (quatre pages) riche et instructif.

Déficit de débat sur la dette ?

Vivons-nous au-dessus de nos moyens ? La dette est-elle le résultat d’une explosion des dépenses publiques ou provient-elle des exonérations fiscales en faveur des détenteurs de capital et des classes sociales les plus favorisées ? Qu’en est-il des effets produits par les politiques d’exonérations et d’allègements des cotisations sociales ?

Quel a été la contribution de la crise provoquée par la sphère financière et du sauvetage des banques ? Quel est l’impact produit par l’obligation faite aux États de financer leurs dettes par le recours aux marchés financiers en lieu et place de la Banque centrale ? Existe-t-il d’autres solutions à la crise que les coupes dans les dépenses publiques et l’austérité ? Qui sont les créanciers de la dette aujourd’hui ?

Extrait d’une lettre ouverte du collectif pour un audit citoyen de la dette publique envoyée à nos parlementaires en février 2013.