Médecine occidentale

[…] quand je parle de médecine occidentale, il est d’abord question d’une médecine chimique qui est pilotée par une démarche et une pensée sous la dépendance du capitalisme et finalement de l’ultralibéralisme, qui sont le fruit de la domination du monde par un fonctionnement impérialiste de l’occident.
C’est ce que certains ont aussi appelé une médecine coloniale parce qu’elle a colonisé le monde et détruit de nombreuses formes de médecines traditionnelles.
Cette médecine qui est la cousine de l’agriculture conventionnelle, présente, comme elle, les mêmes limites : une efficacité très contestable, des coûts exorbitants de plus en plus largement au delà de nos moyens, des pollutions toujours plus insupportables et des effets indésirables qui ne justifient en rien les quelques progrès qu’elle ne cesse de mettre en avant.

Comme dans l’exemple de l’automobile, les progrès annoncés, notamment sur la longévité qui s’est indubitablement accrue, sont davantage la conséquence de certains progrès techniques, d’une meilleure hygiène, d’une alimentation correcte, d’une réduction de l’accidentologie et d’un confort, plutôt que d’une meilleure compréhension de la vie et des processus morbides.
Certains médicaments, comme les antibiotiques ont certainement permis de sauver de nombreuses vies mais, dans le même temps, comme leur nom le suggère, s’opposant à la vie, ils montrent l’erreur
dans laquelle se fourvoie la médecine conventionnelle.

Nous ne devons pas perdre de vue que, dans notre corps, le nombre de cellules non humaines est dix fois plus important que celui de nos propres cellules et que celles-ci sont essentielles à notre
survie. Les organismes vivants supérieurs, comme tous les mammifères, sont le produit d’une coévolution avec les bactéries et les virus. Depuis l’origine, ces micro-organismes nous ont « aidés » à nous développer et à construire notre immunité. Chaque fois, qu’il y a une infection isolée ou un phénomène épidémique, nous devons comprendre qu’il n’y a aucune volonté de nous détruire individuellement ou collectivement. Ce sont, à chaque fois, des déséquilibres physiques, alimentaires, émotionnels, sociaux ou écologiques qui permettent l’émergence de ces phénomènes.

Vouloir éradiquer ces agents que l’on qualifie de pathogènes consisterait à tuer tous les facteurs au prétexte qu’ils sont parfois porteurs de mauvaises nouvelles. Depuis plusieurs décennies, des médecins ont tenté d’exprimer des points de vue divergents qui ont tous été contestés et finalement recalés. Cela avait commencé de façon plus brutale avec l’élimination physique des guérisseurs des campagnes, d’ailleurs souvent des femmes, qu’il était facile d’accuser de sorcellerie. L’Église se sentant menacée dans son pouvoir temporel ne pouvait accepter cette perte de maîtrise sur le savoir et sur le contrôle des individus.

Plus tard, la position extrêmement religieuse de Pasteur a gagné la bataille et c’est finalement l’idée d’un homme naturellement parfait, puisque d’essence divine, qui s`est imposée. La maladie, œuvre du Malin, devait être combattue de façon à éradiquer tous les agents qui en seraient à l’origine comme autant de démons ou de légions infernales. Les Tissot, Béchamps ou Dubos et leurs contributions à une juste compréhension de la vie et de la santé ont été oubliés. Actuellement, si ce ne sont plus des convictions religieuses ni surtout des volontés de pouvoir qui motivent ces
exclusions, ce sont les enjeux financiers qui pilotent la médecine.

On constate ainsi que se soigner coûte de plus en plus cher pour très peu de résultats probants. En effet, comme je l’ai déjà indiqué, les résultats apparemment favorables sur l’amélioration de la santé sont surtout dus à des aspects périphériques et non à des progrès strictement médicaux. Et si, ces progrès ont pu, pendant un temps, faire croire à une amélioration, l’augmentation de la consommation médicale montre qu’il n’en est rien. Une amélioration des conditions de santé devrait, en toute logique, conduire à une diminution de l’intervention médicale.
Or, au contraire, on constate que tout est fait, à travers la publicité, l’intervention des médias, et les impositions gouvernementales pour augmenter encore ces consommations de médicaments et de soins médicaux (lire aussi Vaccins : Semblant de démocratie). Le résultat le plus visible est que si la longévité reste importante, elle est, malgré tout, en légère baisse et, surtout, un autre indicateur est beaucoup plus inquiétant. L’espérance de vie en bonne santé est en recul constant. Les malades de longue durée sont de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes ce qui, malgré le drame que cela représente, constitue une aubaine pour le secteur économique de la médecine.

Extrait d’un article de Christian Portal, porte-parole du collectif ACECOMED, dans le trimestriel Les Zindigné(e)s de juin 2018.

Santé et Médecine du travail

[…] en 2007, une modification du Code de la santé publique introduit le terme « notamment » devant la liste des personnes et organismes autorisés à porter plainte contre un médecin devant l’Ordre : patients, associations de patients, organismes d`assurance maladie… Dès lors. les avocats d`entreprises s’engouffrent dans la brèche juridique.
« Très pratique quand leurs clients sont embarrassés devant les prud’hommes. Ils espèrent discréditer des écrits médicaux sur lesquels s’appuient les salariés puisque, selon le code de déontologie, le médecin n’a pas le droit de faire le lien entre une pathologie et le travail » remarque le Docteur Dominique Huez, président de l`association Santé et Médecine du travail.

D’après ses estimations environ 400 généralistes, psys ou professionnels de la santé au travail essuient une plainte chaque année, un chiffre qui aurait nettement augmenté depuis 2012.
« Le plus souvent, les poursuites s’arrêtent en phase de conciliation. Les médecins acceptent de modifier leurs certificats. Ces affaires n’étant pas jugées, seuls les Conseils départementaux
de l’ordre connaissent le nombre de plaintes et ces chiffres sont difficiles à obtenir », nuance le Docteur Mathilde Boursier qui a consacré son travail de thèse à quantifier les plaintes d’employeurs
contre des médecins généralistes pour des certificats en lien avec le monde du travail.
Sur 96 Conseils départementaux de l’Ordre interrogés, seuls 17 ont accepté de lui répondre.

« Prescrire des arrêts de travail, c’est du quotidien quand on est généraliste. Dans nos enseignements à la fac, on nous répétait de faire attention à la rédaction des certificats. Mais comment concilier notre obligation de motiver notre diagnostic, la souffrance des patients et le risque de plainte ? »
Seule certitude : les poursuites sont de plus en plus fréquentes. Entre 2011 et 2015, sur l’ensemble des plaintes, celles qui concernent des certificats liés au travail ont doublé. Dans 90 % des cas, c’est l’employeur d’un patient qui met en cause le médecin.
Ceux qui refusent de se dédire en conciliation, ou de violer le secret médical pour justifier leurs écrits, sont jugés devant les Chambres disciplinaires régionales de l’0rdre. En mars 2018, le
Docteur Gaël Nayt, psychiatre à Paris, est condamnée à trois mois d’interdiction d’exercer par la chambre disciplinaire d’Île-de-France pour un « certificat de complaisance » à la suite d’une plainte
de Bouygues Énergie. Quatre ans plus tôt, elle écrivait à propos d’un de leurs salariés, suivi pour un épisode dépressif anxieux : « l’état de santé dans lequel je l`ai vu […] est directement imputable à sa situation professionnelle ».

Extrait d’un article de Léa Gasquet dans Siné mensuel d’avril 2018.

Vaccination : état d’urgence !

[…] Les groupes de biotechnologie avaient déjà lancé l’attaque en imposant un vaccin hexa-valant. Ils avaient tout simplement rendu indisponible l’ancien vaccin DTP (obligatoire) pour obliger les parents à vacciner contre trois autres agents pathogènes (non obligatoires) […]

Signe des temps, dans la nouvelle guerre secrète des agents pathogènes, la France « En Marche » avance loin devant à pas de géant en somnambule. Mais dans le même temps à l’arrière, plus lucide, l’Europe s’attend à la recrudescence des victimes collatérales et semble vouloir éviter l’inévitable scandale sanitaire et la « class action ». À la mi-juin, la Cour de justice de l’Union européenne décidait d’alléger le parcours du combattant des victimes de la vaccination. […]

« Aujourd’hui, la rougeole réapparaît, il n’est pas tolérable que des enfants en meurent : dix sont décédés depuis 2008. […] »
« On a le même problème avec la méningite. Il n’est pas supportable qu’un ado de 15 ans puisse mourir parce qu’il n’est pas vacciné. »
[…]
« Il n’est pas tolérable », « il n’est pas supportable », la ministre parle avec ses tripes pour faire vibrer la corde sensible de l’opinion publique et surtout imposer massivement aux parents l’inacceptable sur le plan sanitaire. On ne peut quand même pas traiter la population humaine avec la violence des pratiques vétérinaires en cours dans le domaine de la zootechnique industrielle…

Non, madame la ministre, 10 morts en 10 ans ne constituent ni une menace épidémique ni un problème de santé publique. Aussi traumatisant que cela puisse être pour les parents, ces cas exceptionnels doivent en toute logique épidémiologique être analysés dans leur situation médicale ou médico-sociale avant d’affirmer une résurgence menaçante et imposer l’extension de l’état d’urgence à la petite enfance.
Et fort probablement, comme depuis toujours, on découvrira sans peine que la misère sociale, la paupérisation, fait le lit de ces tragédies microbiologiques… Mais il est vrai dans le contexte actuel, que l’asservissement du travail au capital, comme le prévoit la « Loi Travail ! », ne prépare rien de bon. Avec la précarisation sociale générale, elle risque en effet de faire resurgir le risque microbiologique…

Extraits d’un article de Jean-Marc Sérékian dans la revue Les Zindigné(e)s de juillet-août 2017.

Sur le même sujet, il faut absolument lire l’article Semblant de démocratie.
On peut également trouver de nombreux articles ailleurs sur le web, comme par exemple : collusion entre le gouvernement et Sanofi.

Vaccins : Semblant de démocratie

Il faut remonter à l’an dernier, à 2016. Une enquête secoue le petit monde de la médecine : elle révèle que, parmi 67 pays, les Français sont les plus méfiants à l’égard des vaccins. Le seul en rouge très foncé sur la carte, répondant « non » à plus de 40 % à la question : « En général, je pense que les vaccins sont sûrs ».
D’où l’idée d’une « consultation citoyenne ». Logiquement, elle devrait être confiée à la Conférence nationale de santé, qui siège depuis 1996. Mais voilà que son président, Thomas Dietrich, en claque la porte, dénonçant « une instance consultative fantoche ».

Nous recopions ici largement son entretien avec LeLanceur.fr, tant sa position nous paraît juste :

Thomas Dietrich : Nous devions organiser un grand débat public sur la vaccination, notamment parce qu’il y avait beaucoup de questions à ce sujet. En fait, le jeu était biaisé. La ministre a commencé à vouloir relire les avis de la Conférence nationale de santé avant qu’ils ne soient publiés, notamment pour expurger les passages qui ne convenaient pas à son cabinet ministériel. Concernant le grand débat public sur la vaccination, le format que j’avais monté était jugé trop indépendant…
L’organisation a donc été retirée à la Conférence nationale de santé pour la transférer à l’Agence nationale de la santé publique (ANSP), une agence sous tutelle de l’État qui, en parallèle, fait de la publicité pour les vaccins.
[…]
Le ministère avait peur que ce débat libère la parole. En fait, il y avait surtout la peur d’une sorte de curée contre la vaccination qui soit orchestrée par les ligues anti-vaccinales, qui, soit dit en passant, sont assez virulentes, voire violentes.
De mon côté, j’ai toujours dit que tous les méfaits de la démocratie sont remédiables par davantage de démocratie. Le but était d’organiser un vrai débat, pour qu’on pose les bonnes questions et qu’on arrête d’avoir une baisse de la couverture vaccinale.
[…]
« Le semblant de démocratie » va néanmoins se poursuivre, via un « Comité d’orientation de concertation citoyenne de la vaccination ». Avec pour but, donc, de rétablir la confiance…
Mais quelle en est la composition ?
« Les déclarations publiques d’intérêts de trois des seize membres du comité d’orientation mentionnent des liens d ‘intérêts avec des laboratoires développant des vaccins », note Le Monde. Plus un quatrième, « le professeur Thierry May qui ne mentionne pas des dizaines de conventions et avantages avec des laboratoires pharmaceutiques, dont MSD et Sanofi ». Plus une cinquième, « Claire-Anne Siegrist, professeur de vaccinologie et de pédiatrie, qui entretient des liens avec DBV Technologies, qui étudie un vaccin épicutané sous forme de patch de rappel contre la coqueluche. »
Plus un sixième, le président du comité : « Le professeur Fischer n’a pas mentionné le prix Sanofi-Institut Pasteur reçu pour ses recherches sur les déficits immunitaires, d’un montant de 100 000 euros. » Et tout ça, alors que « promouvoir une réelle pédagogie de la transparence » est une priorité du comité.
L’association Formindep, qui œuvre pour une information médicale indépendante, évoque un « fiasco déontologique ». Bref, de quoi rétablir une pleine « confiance »…
[…]
D’où cette idée d’agir en deux temps : d’abord élargir l’obligation vaccinale, puis à terme, supprimer l’obligation vaccinale comme ailleurs en Europe. Pour les récalcitrants, serait proposée une clause de refus : les parents réfractaires signeraient un document « pour leur faire prendre conscience qu’ils prennent une responsabilité, une prise de risque pour leur enfant et pour la communauté des gens qui vivent autour d’eux et qu’ils risquent aussi que leur enfant puisse être refusé par une directrice de crèche, ajoute le médecin. Toutefois, s’il y avait trop de refus de la vaccination, cette possibilité d’exemption pourrait être supprimée. »

Extraits d’un dossier sur la vaccination dans le journal Fakir de septembre 2017.

Le monopole de la distribution des médicaments

Et si au lieu de privatiser à tour de bras, on rendait à l’État, c’est à dire à nous tous, ce qui ne devrait jamais devenir un marché ? Si on arrêtait d’engraisser les lobbys pharmaceutiques ? On nous rebat les oreilles avec le trou de la Sécu. Trop de vieux, trop de malades pèsent sur les comptes.
Avons-nous les moyens de nos cancéreux, nos greffés, nos éclopés ? Il paraît que non. On fustige les abus des tricheurs. C’est quoi, un tricheur à la Sécu ? C’est quelqu’un qui prétend se faire soigner alors qu’il a même pas la carte vitale, le salaud ! Pauvre ou malade, il faut choisir.

Quand on sera redevenu un pays riche transpirant la grandeur, on pourra tomber malade, c’est promis. Mais là, on a plus les moyens. Va falloir ramener l’espérance de vie à la cinquantaine, autrement on est foutus.

Ça fait peur, hein ? Rassurez-vous ! Ça n’arrivera pas ! Les trusts pharmaceutiques n’aiment pas que les gens meurent, ça leur bouffe le bénef. Ils veulent des malades chroniques, sous traitement à long terme. Ils mettent au point des produits parfois inutiles, parfois dangereux, mais toujours remboursés. Par nous. Font de la pub, organisent des congrès de toubibs, lobbyisent à tout-va. Imposent leur loi.

Et si on se débarrassait de ces affreux ? Si l’État avait, comme en Suède, le monopole de la distribution des médicaments ? Imaginons des officines où on ferait exécutter les ordonnances. Des espaces sans publicité, sans marques, sans chichis, aux murs couverts de tiroirs. Derrière le comptoir, un préparateur assemblerait la quantité exacte de comprimés nécessaires au traitement. La Sécu rembourserait les pilules, pas les boîtes, flacons, blisters, opercules et autres emballages sophistiqués qui polluent la planète et alourdissent l’addition.

Les bazars à croix clignotante qui fourguent tout et n’importe quoi rejoindraient les très prospères parapharmacies, feraient du commerce.

Les groupes pharmaceutiques qui grugent la Sécu, vampirisent la collectivité et exploitent les malades auraient mangé leur pain blanc.

Article d’Isabelle Alonso dans Siné mensuel de novembre 2015.

La science asservie

Annie Thébaud-Mony, sociologue de la santé, avait (un peu) fait parler d’elle au cœur de l’été 2012, en refusant avec fermeté la Légion d’honneur dont voulait la décorer la ministre verte Cécile Duflot. Elle avait fait savoir que la seule récompense souhaitable pour ces travaux serait un changement complet d’orientation des politiques publiques, dans le sens de la prévention du cancer.

Bien sûr, la presse ne s’était pas appesantie sur ce geste rare. Le dernier livre de Thébaud-Mony, La science asservie, est, lui, carrément passé inaperçu, bien que son propos soit fracassant. C’est assez compréhensible d’un certain point de vue, car la lecture de ce livre est douloureuse, insupportable même parfois. Il porte sur le lien entre cancers, Big business et Big science. Pour être plus précis : sur la façon dont les grandes industries empoisonnent notre milieu et trouvent systématiquement des appuis dans la recherche scientifique pour les aider à masquer le fait qu’elles détruisent consciemment un grand nombre de vies – à commencer par celles de leurs ouvriers.
[…]
En matière d’amiante, par exemple, Annie Thébaud-Mony souligne que des révélations ont été faites dès 1906 dans deux des nations capitalistes les plus avancées. Un inspecteur du travail de Caen, Denis Auribault, publie cette année-là une enquête sur les conditions de travail dans une filature d’amiante : se fondant sur les dires du directeur de l’usine et d’un contremaître présent depuis l’ouverture de l’usine en 1890, il dénombre 50 décès d’ouvrières en 15 ans. La même année, à Londres, le docteur Murray présente devant la commission des maladies industrielles le cas d’un travailleur victime d’asbestose (type de fibrose provoquée par l’inhalation de poussières d’amiante), qu’il a soigné et vu mourir, après dix ans d’exposition à l’amiante. Vingt ans plus tard, en Afrique du Sud, un médecin employé dans une mine de la firme Turner & Newal montre que 70 % des travailleurs y souffrent d’insuffisance respiratoire, accompagnée d’une perte de poids ; la moitié des mineurs de fond et des ouvriers du moulin sont selon lui atteints d’asbestose. Son rapport lui vaut d’être licencié, et ses résultats, consignés dans une thèse universitaire non publiée, ne seront découverts que plusieurs décennies après.

Extraits d’un article de Matthieu Amiech dans le journal CQFD d’octobre 2015.

Pandémie de grippe ou de cancers ?

L’État avait passé la commande de 94 millions de doses de vaccins. La grippe H1N1 venue des confins asiatiques était aux portes du pays ; l’hécatombe nous guettait. Et puis… rien. Passons outre les multiples polémiques liées à la nocivité du vaccin et laissons le toxicologue André Cicolella faire le bilan de la pandémie : L’impact de celle-ci fut inférieur aux grippes habituelles […]. En France, le bilan au bout de six mois était de 91 décès, tandis que sur la même période 75 000 personnes étaient mortes de cancer, première cause de mortalité en France, dans une indifférence quasi générale. Là est pourtant la vraie pandémie, en France comme dans le monde.
À la tête du Réseau Environnement Santé, Cicolella émet une hypothèse que l’on peut résumer ainsi : les différents promoteurs officiels de la santé publique nous enfument. Tandis que des maladies dites chroniques (cancer, diabète, obésité, maladies cardiovasculaires et respiratoires, etc.) explosent et font des ravages sanitaires, le pouvoir médiatico-politique se complait à jouer avec nos peurs ancestrales des maladies infectieuses.
[…]
Depuis les années 80, l’incidence du cancer, pour ne parler que de lui, a crû de plus de 100 % en France.
[…]
Voilà plusieurs décennies que des études indépendantes s’empilent et dressent le même constat : deux cancers sur trois ont des causes environnementales. Quant au rôle des perturbateurs endocriniens, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) continue sa politique de l’autruche tandis que des rapports de plus en plus alarmants font montre de leur dangerosité à des doses infinitésimales. À la botte de ces fossoyeurs qui font de la planète (et de nos corps) un réceptacle à polluants : les industriels de la chimie.

Un million de tonnes de chimie de synthèse était produite en 1930 dans le monde ; entre 400 et 500 millions aujourd’hui. Chiffre d’affaires du secteur dans l’hexagone pour l’année 2014 : 82,4 milliards d’euros. Vu le marasme économique du moment, il serait suicidaire de mettre l’industrie chimique à la diète. Pire : de lui demander des comptes sur les saloperies qu’elle propage. Consciente de cet indéniable enjeu de santé publique, l’Europe a adopté la réglementation Reach censée permettre l’évaluation de quelque 30 000 substances chimiques… sur 47 millions recensées dans le monde. Il s’agit avant tout de ne pas affoler le populo.

Extraits d’un article de Sébastien Navarro dans le journal CQFD de septembre 2015.

Bien-être animal et productivisme : l’exemple du cochon

Maltraitance d’un animal que la plupart d’entre nous ne connaissons pas

– Toutes les queues sont coupées, aussi, j’ai l’impression ?
– Oui, on les coupe quand ils sont petits, ça leur fait une petite douleur, mais bon, c’est comme nous quand, bébé, on nous fait des vaccins. Et puis, gentiment, on cautérise.
– Pourquoi vous faites ça ?
– Parce que, les cochons, c’est très joueur, et comme ils ne savent pas avec quoi jouer, ils se mordent la queue. Ils peuvent attraper des germes, dans 0,2 à 0,3 %.
– Mais c’est interdit par l’Union européenne ?
– Non, la directive dit qu’il faut que ce soit « justifié ».
– Mais si on coupe 100 % des queues pour éviter 0,2 % des germes, à ce moment là, c’est justifié tout le temps !
[…]
On a le même dialogue, à peu près, sur les dents, qui sont meulées. Et encore sur la castration, qui se déroule à vif, sans anesthésie.

Le cochon est un animal intelligent. Il aime fouiller le sol, l’explorer, comme son ancêtre le sanglier. Il vit en groupe, normalement, fort sociable. On pourrait, pour prouver ça, s’appuyer sur les recherches menées à l’Université de Pennsylvanie. Un jeu vidéo est placé devant un cochon, avec un joystick sous son groin : très vite – bien plus vite que le chien – le porc comprend que, pour gagner, il doit déplacer le petit rond bleu dans le carré bleu.
On pourrait mentionner, encore, les expériences à l’Université de Cambridge. Placé devant un miroir, après des hésitations, le cochon reconnaît son reflet, joue avec lui. Ce qui n’arrive, chez l’homme, qu’entre douze et dix-huit mois. Ce qui n’arrive jamais chez le gorille ou le chat, par exemple, qui prennent éternellement cette image d’eux pour un intrus.
[…]

Le productivisme comme règle prioritaire

Les espagnols, ils paient leurs salariés 500 € dans les abattoirs, les Allemands pareil, c’est trois fois moins cher qu’en France. […] Installer une station de lisier, ici, c’est 7 centimes de plus par kilo. Tandis que les Danois, eux, par exemple, ils exportent douze millions de porcelets, surtout vers la Pologne, ils les font naître, et puis ils les engraissent là-bas, pour éviter les problèmes environnementaux. L’élevage moyen, là-bas, comme en Allemagne, c’est mille truies, nous c’est deux cents…
[…]
L’amendement Le Fur […] que change-t-il ? Auparavant, pour installer une porcherie de plus de 450 cochons, une enquête publique était nécessaire. Depuis le 1er janvier 2014, ce seuil est relevé à 2 000 bêtes.

Courts extraits d’un dossier « cochon » publié dans le journal Fakir de juillet 2015.

Une production agricole de qualité existe

Le film documentaire Herbe illustre très bien deux orientations opposées de la production agricole. D’un coté la production extensive et naturelle et de l’autre, la production agro-industrielle qui est intensive, productiviste, chimique, modifiée génétiquement et fortement irriguée. À l’inverse, la production extensive et naturelle permet une forte productivité et l’accès à l’autonomie.

Alors que des fermes se sont engagées depuis plusieurs années dans une agriculture autonome, durable et performante, la majorité de la profession refuse cette approche. La majorité des agriculteurs s’inscrivent au contraire dans le sillon de l’industrie agro-alimentaire promue par le complexe pétro-chimique de transnationales, telle Monsanto ou Exxon et Mobile Oil des Rockefeller.
Elle a pour objectif de vendre plus d’engrais et de pesticides qui proviennent en large partie de la production de pétrole. Cette orientation s’est fortement accélérée durant ce que l’on a appelé la révolution verte au cours de la période 1944-1970. Mais cette dernière devrait plutôt être qualifiée de révolution industrielle de l’agriculture, dans la mesure où il ne s’agit que de la couleur verte des plantes et non pas du vert de l’écologique.
Cette approche est encore renforcée par le fait que les ingénieurs agronome sont formés dans cette optique. D’ailleurs, les lobbies de l’industrie font pression de diverses manières, afin que les ingénieurs soient formés ainsi.

Or, ce mode de production fondé sur le pétrole et la mécanisation va devenir de plus en plus coûteux du fait de la raréfaction du pétrole. Il a déjà un coût très important en terme simplement financier, car les agriculteurs de ce type doivent emprunter aux banques privées. Ces prêts vont leur permettre d’acheter de gros tracteurs, de grands systèmes de traites automatisées, de fabriquer de très grosses exploitations agricoles …
… ce qui oblige les agriculteurs à travailler de très longues journées à un faible salaire, afin de rembourser leurs emprunts…

À l’inverse, les paysans qui ont choisi de nourrir leur troupeau avec de l’herbe…
Ainsi dans ce film on constate que les salaires mensuels de ce type de paysans sont relativement proches de ceux de l’agriculture industrialisée, mais par contre leur salaire horaire est considérablement plus élevé, car ils travaillent environ 30 à 50 % de temps en moins !
(…)
Le suivi des 27 exploitations par l’Inra, et, d’une manière très pointue, des 17 fermes laitières reconverties, montre que ces dernières ont amélioré leur revenu ; le travail y est plus agréable, et la pollution azotée est diminuée de 2/3. Quant aux pesticides, il a été impossible d’en trouver trace (…)

Mais depuis cette étude qui s’étend de 1993 à 1998, le Cedapa a fait tâche d’huile. En 2002 en Côtes d’Armor, ce sont plus de 400 éleveurs, dans le Grand Ouest plus de 3000, qui se sont reconvertis.

Extraits d’un article de Thierry Brugvin dans le mensuel Les Zindigné(e)s de juin 2015.

L’agroécologie, l’agriculture qui peut nous sauver

Vandana Shiva : La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (UNCTAD) a récemment envoyé une alerte aux gouvernements du monde.
Elle affirme que, s’ils ne réagissent pas pour apporter une vraie protection aux petites exploitations, les populations seront dépassées par une crise d’une ampleur trop importante pour les gouvernements. Le devoir des dirigeants n’est pas de mettre la planète à la disposition des entreprises, mais d’assurer la bonne gestion des graines, des sols, de l’eau, etc.
Ils doivent s’assurer que l’alimentation est produite dans de bonnes conditions pour l’environnement et la société. Les gouvernements devraient avoir l’obligation de défendre les fermiers et de leur donner la priorité, du fait du rôle nourricier des agriculteurs.
Les décideurs doivent abandonner la grille de lecture qui présente le spéculateur comme celui qui crée de la croissance. En bout de chaîne, le fermier est le grand perdant alors que, quand la crise va frapper, c’est le premier que nous irons voir pour trouver des solutions. Les agriculteurs devraient avoir une juste rémunération de leur travail, une vie moins précaire et une reconnaissance des dirigeants pour leur rôle fondamental.
(…)
Je distinguerai tout d’abord deux sortes de firmes : d’une part celles qui favorisent la protection de l’environnement et de la société, et d’autre part celles qui se comportent comme des prédateurs, pillent la planète et exploitent les populations. Cette distinction doit désormais être prise en compte pour nous assurer que les entreprises responsables, engagées et éthiques sont bien celles qui prospèrent. Les sociétés qui se comportent comme des criminels doivent être traitées comme tels. Il existe suffisamment de lois pour cela, elles doivent être appliquées !

Les entreprises du secteur agroalimentaire ont une large part de responsabilité, car leurs choix sont lourds de conséquences. La plupart imposent à travers leurs politiques d’achat des méthodes agricoles chimiques et intensives. Ces techniques impliquent l’utilisation massive d’engrais et de pesticides et une consommation d’eau colossale, qui représente au niveau mondial 70 % des prélèvements d’eau douce dans les rivières, les lacs et les aquifères. Ces méthodes appauvrissent les sols et diminuent le rendement des exploitations à l’échelle d’une génération.

Tout cela, alors même que nous savons qu’en dix ans à peine, les petits agriculteurs peuvent doubler la production alimentaire des régions vulnérables en recourant à l’agroécologie : un ensemble de méthodes qui ne font pas appel aux produits chimiques et préservent les ressources en eau, protègent la biodiversité et les sols, et luttent efficacement contre le réchauffement climatique. Pourtant, l’industrie ne fait rien ou presque pour promouvoir ces avancées.

Extraits d’un entretien entre Vandana Shiva et Lionel Astruc dans le journal Les Zindigné(e)s d’avril 2015.