Changer de modèle économique

Automobiles, pétrole, pneus, acier, il va falloir dire la vérité !
Sidérurgie, Psa, Renault, Goodyear, Faurecia… Les plans de licenciements se multiplient…
Des milliers d’ouvriers qui ont sué sang et eau pendant 150 ans pour la jouissance de quelques grandes familles de profiteurs et des générations lamentables de petits boursicoteurs, vont être jetés comme des malpropres par des tôliers qui les auront pressés jusqu’à la dernière minute.
Des ministres s’agitent, des avocats syndicaux tentent par de pathétiques plaidoiries de retarder en droit la fatale échéance.. On se raccroche à la fable des licenciements boursiers comme cause majeure du massacre social qui se déroule sous nos yeux. Tout le monde entretient la croyance selon laquelle comme aux Usa, après une purge sévère, tout finira par repartir comme en quatorze…
Il n’en est rien : aucune des activités carbonées à la base des deux révolutions industrielles et de la seconde accumulation du capital n’a d’avenir sur le long terme.
On peut tenter de retarder l’échéance … On peut mentir aux ouvriers qui d’ailleurs n’en croient rien… C’est une autre direction qu’il faut prendre, on a déjà vingt ans de retard, il faut décider maintenant.
Moins d’automobiles de grosses cylindrées, davantage de trains, d’autobus et de tramways.. Moins d’avions et davantage de bateaux, moins de pétrole et plus d’énergies renouvelables et d’écomateriaux, moins de surconsommation individuelle standardisée et plus de services partagés à haute valeur ajoutée. Moins d’ hypermarchés et plus de commerces de proximité. Moins de camions et d’autoroutes et plus de circuits courts… La reconversion est urgente, incontournable, juste et positive.
Il y aurait cependant un scandale à ce que les ouvriers qui ont tout le temps donné, payent une fois encore pour la navrante cécité historique des classes dirigeantes.
Voilà pourquoi le gouvernement de la gauche et des écologistes ne peut ni entretenir la fiction du redémarrage ou de la continuation sous perfusion d’activités caduques, ni accompagner les plans de licenciements secs et scandaleux qui se préparent.
Il doit au contraire ouvrir la voie de la reconversion industrielle et celle ci passe par la garantie absolue de revenus et de formation professionnelles des salariés.
Comment ça, on ne sait pas faire ? Allez donc demander aux métallos, aux chimistes et aux gens du bâtiment : ils ont plein d’idées et de propositions pour l’avenir.
L’écologie, c’est l’avenir de la classe ouvrière et la classe ouvrière, c’est l’avenir de l’écologie.

Billet de Jacques Archimbaud, Secrétaire National adjoint d’Europe Ecologie Les Verts, dans la newsletter EELV du 6 février 2013.

Capitalisme et démocratie

À l’automne 2013, le GIEC, le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, annonçait que la hausse moyenne de la température terrestre pourrait atteindre 5 degrés d’ici 2100. Notre système nous conduit donc tout droit à une catastrophe écologique.

Et même s’il n’en était rien notre monde est de toute façon à repenser, car profondément injuste. Ne citons à cet égard qu’un seul chiffre : 1 % d’ultra-riches dans le monde détiennent 50 % du patrimoine mondial. Selon l’ONU, pour éradiquer la faim dans le monde, il faudrait seulement 40 milliards de dollards par an. On nous dit que l’on ne sait pas où trouver cet argent. Pourtant, le budget militaire mondial est de 1 200 milliards de dollards par an et le budget publicitaire, de 500 milliards de dollards par an. Cherchez l’erreur.

Par ailleurs, passer sa vie à travailler pour rembourser des crédits, est-ce cela qui rend heureux ? Dans le monde, trois salariés sur quatre avouent ne pas trouver de sens à leur travail… Leur unique motivation est l’accès à la consommation que celui-ci leur permet. Et lorsque l’on parle de travail, encore faut-il rappeler qu’il y a dans le monde 200 millions de chômeurs et 1.5 milliard de travailleurs pauvres (2 dollards US par jour)…

Notre système échoue donc complètement sur un plan écologique, social et même économique. Et pourtant on nous ressasse les oreilles avec la « croissance » comme « moteur du progrès ». Comment en sommes-nous arrivés là ? Au XVIe siècle, Montaigne définissait le progrès comme « un chemin vers la vertu ». C’est au XIXe siècle que le philosophe anglais Herbert Spencer, par ailleurs ingénieur des chemins de fer, va faire rimer progrès avec capitalisme. Ainsi, en 1882, l’américain Andrew Carnegie, créateur du trust de l’acier, invite Spencer à New York et organise un banquet en son honneur. Les capitalistes de la côte est font un triomphe à celui que l’on considère comme le père d’une « théodicée du capitalisme sauvage ».

Alors, sommes-nous condamnés à rester esclaves de ce « capitalisme sauvage » ? Pour se libérer, encore faut-il déclarer qu’une situation est insupportable afin de pouvoir se révolter. C’est ce qu’on fait les descendants des Mayas, dans l’État du Chiapas, au sud du Mexique, le 1er janvier 1994. Cette date est celle de l’entrée en vigueur de l’Alena, l’Accord de libre-échange nord-américain. Pour les indiens mayas, l’Alena fait partie de la « quatrième guerre mondiale » qui, en soumettant les peuples et les États à la logique néolibérale, tend à les détruire. C’est pourquoi ils se sont constitués en une Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), afin de réclamer la démocratie, la justice et la liberté. Ils vivent aujourd’hui selon les règles d’une démocratie directe radicale. Et nous, que que faisons-nous en Occident ?

Texte de Florence Leray dans le journal La décroissance de mars 2014.

Le ministère de l’Agriculture dissimulateur ?

L’État est-il en train d’étouffer un nouveau scandale sanitaire de première ampleur ? En tout cas, il ne facilite pas (c’est le moins qu’on puisse dire !) les démarches des agriculteurs, de plus en plus nombreux à développer des cancers et autres maladies dus à l’utilisation des pesticides.
(…)
C’est d’abord contre l’État et notamment le ministère de l’Agriculture qu’ils (les agriculteurs) doivent batailler. Car la plupart des produits responsables des pathologies développées ont été retirés du marché.
Or, c’est l’État qui organise la collecte de l’ensemble des produits sur le territoire. Sous son contrôle, la société Adivalor récupère les bidons, usagés ou non, et toute trace de l’existence du produit. « Chaque mois, des produits sont retirés du jour au lendemain, explique Patrick, viticulteur dans le Bordelais. On nous dit que le produit n’est plus autorisé à la vente et qu’il faut rendre nos stocks, sans plus d’explications. C’est totalement opaque. » Une collecte obligatoire régie par le décret 2002-540 du 18 avril 2002 et l’article L541-2 du code de l’environnement.
Ainsi il est interdit et pénalement répréhensible de conserver ne serait-ce que des bidons vides ou des étiquettes des produits retirés du marché.
Cette disposition complique un peu plus la recherche de preuves d’empoisonnement pour les victimes, qui doivent alors demander au ministère de l’Agriculture de leur fournir les documents sur la composition chimique des produits. Et la tâche est ardue. Du coté des fabricants, tous les documents sur les produits retirés ont soit miraculeusement disparu, soit sont protégés par le secret commercial, soit ne sont pas archivés.

En décembre 2012, Stéphane Le Foll, le ministre de l’Agriculture, s’était engagé à faciliter ces démarches. Une simple demande écrite à la Direction générale de l’alimentation (DGAL) devait ouvrir l’accès aux dossiers d’autorisation de mise sur le marché et aux étiquettes commerciales des produits incriminés. Plus d’un an après, il n’en est rien. Le Ministère n’a dans aucun cas facilité l’accès aux dossiers. L’avocat des victimes, maître Lafforgue, a dû saisir la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) dans plusieurs dossiers. À chaque fois, la Cada a émis un avis favorable à la communication des documents par le ministère de l’Agriculture. Et dans aucun des cas, il ne s’est exécuté.

Extraits d’un article de Geoffrey Livolsi dans Siné mensuel de mars 2014.

Quatre priorités pour EELV en 2014

Le Bureau Exécutif d’EELV a souhaité identifier 4 priorités d’action pour 2014. Cette « feuille de route » a été débattue, amendée et adoptée au Conseil Fédéral des 8 et 9 février.

La 1ère des priorités est la loi de transition énergétique. Nous attendons de cette loi qu’elle fixe les modalités concrètes de la nouvelle stratégie énergétique de la France passant par la réduction de la part du nucléaire de 75 % à 50 % en 2025, la fermeture définitive de Fessenheim avant 2017, la baisse de la consommation d’énergie de 50 % d’ici 2050 et la réduction d’au moins 80 % des émissions de gaz à effet de serre de la France en 2050 comparée à leur niveau de 1990. Cette loi, pour nous, doit être le point de passage vers un nouveau modèle de développement. Enjeu de formidables pressions de la part d’acteurs qui ne veulent évidemment pas voir leur rente de situation remise en cause, cette loi ne tombera pas du ciel. Rien n’est gagné, tout reste à faire.

La 2nde priorité est la réforme de la fiscalité, ou plutôt le début de la transition écologique de la fiscalité. Elle passe par la prise en compte dans le projet de loi de finances 2015 des premiers piliers vers plus de justice et d’écologie : fiscalité écologique, mise à contribution des flux financiers, meilleure progressivité de l’impôt doivent être au cœur de cette réforme. Bien entendu, nous voulons que la France agisse pour l’adoption avec d’autres Etats européens d’une taxe sur les transactions financières en Europe.

La 3ème priorité est la tenue d’une conférence dédiée à la santé environnementale afin de relancer le Plan National Santé Environnement. Elle devra permettre d’adopter des mesures fortes à mettre en œuvre immédiatement sur les perturbateurs endocriniens, les pesticides, l’agriculture biologique, la place de la voiture en ville, les ondes électro magnétiques… Face à la crise sanitaire actuelle, autre visage de la crise écologique, la mise en œuvre d’une véritable politique nationale de santé environnementale est une urgence.

Enfin, face à la crise de l’aspiration démocratique, le repli sur soi et la revitalisation des mouvements conservateurs et réactionnaires la 4ème priorité est la relance de la réforme institutionnelle autour de deux piliers :

  • favoriser la participation de tous à la vie politique grâce à l’adoption du droit de vote des résidents étrangers et l’instauration d’une dose significative de proportionnelle pour les scrutins nationaux de 2017,
  • rapprocher les centres de décisions des territoires par un véritable acte III de la décentralisation dès 2014 qui simplifiera le mille- feuille administratif et favorisera un redécoupage territorial plus cohérent et efficace de notre pays.

Ces quatre priorités vont donner lieu à un plan d’action et une stratégie de communication pour l’ensemble du mouvement. Nous travaillerons avec chacune des forces mobilisées dans la société sur ces sujets (ONG, syndicats, professionnels, entreprises, parents d’élèves, associations familiales, associations de consommateurs…). Il nous revient de susciter la dynamique nécessaire avec tous ceux qui veulent aller dans le même sens. Au travail.

Texte d’Eric Loiselet, membre du bureau d’EELV, dans la lettre d’information envoyées aux adhérents et sympathisants d’EELV.

C’est promis, à la fin de l’année, si rien n’a bougé, je ne serai plus « sympathisant EELV ».

Ferme-usine des 1000 vaches : non !

Une ferme de 1000 vaches n’a aucune justification alimentaire ni économique. En outre, elle contribue à aggraver la surproduction en faisant baisser les cours, ce qui fragilisera encore plus les élevages à taille humaine : ce gigantisme est donc néfaste aux éleveurs laitiers herbagers respectueux des attentes sociales et environnementales.
Le but principal de cette usine à vaches n’est de toute façon pas de produire du lait ou de la viande, mais des déjections (lisier). Ce lisier doit en effet permettre de faire tourner une unité de méthanisation , de façon à produire de l’électricité en profitant des subventions à la méthanisation !
La motivation du groupe Ramery n’est pas agricole ni alimentaire mais financière : il s’agit pour cet industriel du BTP de placer son argent dans un processus industriel qui lui permettra de capter des aides publiques pour le faire fructifier.
Nos impôts iraient donc indirectement enrichir un « chasseur de primes » dont le bien-être animal est le cadet des soucis.
Ce type d’entreprise ne mérite pas l’appellation d’élevage, tant les conditions concentrationnaires empêchent tout respect des fondamentaux physiologiques des animaux. (…)
Les vaches seront donc nourries à base d’aliments concentrés dont la matière première est importée du Brésil et contribue à la déforestation, à la pauvreté et la fragilité alimentaire de ses populations.
N’oublions pas, par ailleurs, que le soja brésilien est très massivement OGM et/ou très fortement traité aux pesticides. Qui plus est, il est aberrant de prétendre produire de l’électricité… en mettant en oeuvre un système dont le bilan énergétique est très négatif, compte tenu du transport à longue distance des aliments du bétail et des émissions de CO2 qu’il engendre.

Extraits d’une campagne de l’association Agir pour l’environnement lancée début février 2014.

Refusons l’allongement de la durée de vie des centrales nucléaires

Avec 58 réacteurs nucléaires, la France compte un septième des réacteurs actuellement en fonctionnement dans le monde. Moins de 30 pays disposent de réacteurs nucléaires. Sur la planète, cette source d’énergie ne représente qu’à peine 3% de l’énergie finale consommée et baisse d’année en année. Malgré la énième catastrophe « impossible » de Fukushima, la France n’a pas changé d’un iota sa politique énergétique.

Sur les 58 réacteurs français, 21 ont plus de 30 ans et auraient déjà du faire l’objet d’un arrêt. L’âge moyen du parc nucléaire est de 27 ans. Malgré les réserves de plus en plus marquées de l’Autorité de Sureté Nucléaire, EDF semble prêt à tout pour obtenir une décision visant à prolonger la durée de vie des réacteurs et ainsi repousser à plus tard un démantèlement coûteux. Mais parce que trop n’est jamais assez, le lobby nucléaire est déjà en train de fourbir ses armes afin d’obtenir une prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires à 50 ans… tout en évoquant déjà un arrêt (définitif ?) à 60 ans. A moins que… à moins qu’une catastrophe ne vienne écourter ces folles hypothèses !

En effet, le nombre d’accidents se multiplie d’année en année. Entre la fin des années 90 et aujourd’hui, le nombre d’incidents est passé de 300 à près de 900 ! Selon un rapport de l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire (IRSN) rapporté par le journal TerraEco, « Il apparaît que les mécanismes de vieillissement sont à l’origine d’une part importante des événements ayant conduit à des défaillances matérielles. Celles-ci peuvent être difficiles à détecter et avoir des conséquences significatives ».

Pire, la privatisation larvée du secteur énergétique amène l’opérateur historique à compresser les coûts et reporter certains investissements. De fait, la course aux profits se réalise au détriment de la sécurité des biens et des personnes. Les travailleurs du nucléaire que certains n’hésitent plus à appeler de la « viande à rems » tellement ils sont exposés aux radiations, souffrent dans leur chair de cette option libérale. La cascade d’intermédiaires et l’intervention d’intérimaires, véritables soutiers du nucléaire créent de fait les conditions d’un nucléaire « low cost » où la sécurité est une variable d’ajustement comme une autre. Enfin, dans les années à venir, une part conséquente des salariés du nucléaire va partir à la retraite; départ se traduisant nécessairement par une perte importante de « savoir-faire », essentiel à l’heure du démantèlement, déterminant en cas de crises majeures.

Un démantèlement nucléaire coûteux… des provisions insuffisantes !
Dans le petit milieu du nucléaire, chacun sait aujourd’hui qu’EDF est aux abois et est très loin d’avoir provisionné les sommes nécessaires à un démantèlement des réacteurs.

L’opérateur historique cherche à reporter la date d’un éventuel démantèlement afin de cacher le plus longtemps possible le véritable coût du nucléaire. Le seul exemple de démantèlement que la France ait connu se situe à Brennilis en Bretagne. « Petit » réacteur de 70MW, le coût de ce démantèlement, encore loin d’être achevé, a été multiplié par 25 par rapport aux évaluations initiales. Qu’en est-il des provisions prévues par EDF pour démanteler les 58 réacteurs nucléaires ? La Cour des Comptes a, à de nombreuses reprises, fait part d’incertitudes importantes sur les coûts à venir, en particulier vis-à-vis du démantèlement.

Faute d’avoir pu mobiliser les ressources nécessaires, EDF a obtenu de l’Etat, un décret sur mesure ! A l’article 3 du décret n° 2010-1673 du 29 décembre 2010, l’Etat autorise l’exploitant de centrales nucléaires à provisionner des actifs en vue de démanteler les centrales nucléaires à l’arrêt. Profitant de ce décret, EDF a transféré la moitié du capital du Réseau de transport d’électricité (RTE) gérant les milliers de kilomètres de lignes à haute et très haute tension à un fonds dédié au démantèlement des centrales nucléaires. Si EDF manque de ressources financières pour démanteler les réacteurs, l’opérateur historique n’aura plus les lignes THT…

Un amortissement plus long… des bénéfices immédiats

Le fait d’allonger de dix ou vingt ans la durée de vie des centrales permet à l’opérateur d’abuser d’un artifice comptable vieux comme le monde en augmentant, en parallèle, le temps d’amortissement des réacteurs. Ce tour de passepasse comptable permettrait d’accroître le bénéfice d’EDF de 800 millions d’euros par an.

L’Etat, propriétaire d’EDF à hauteur de 84% pourrait ainsi tout à la fois profiter de cette manne financière tout en mettant sur le marché quelques pourcents du capital d’EDF dont l’action pourrait bondir de 10% selon certains analystes financiers à la suite de cet allongement d’amortissement !

Cette vision de courte vue fait abstraction du coût d’une éventuelle catastrophe nucléaire. L’IRSN a estimé qu’une catastrophe du type Fukushima pourrait coûter de 760 milliards à 5800 milliards d’euros dans les conditions les plus défavorables. De plus, un allongement de la durée de vie des centrales aurait également pour effet de faire exploser le coût de maintenance.

Ce n’est qu’un débat… continuons le combat !

Malgré un débat national sur la transition énergétique, malgré deux conférences environnementales, le Gouvernement semble prêt à prendre une décision aussi lourde de conséquences sans que cette question n’ait fait l’objet de discussions poussées ni d’évaluations sérieuses.

Comme de mauvaise coutume, les débats et concertations ne semblent avoir vocation qu’à entretenir l’illusion d’une démocratie vivante alors même que les décisions pesant sur l’avenir énergétique du pays restent prises par EDF.

Si le Gouvernement prenait cette décision, il mettrait un terme définitif à toute possibilité de dialogue. Il est en effet impossible d’affirmer et répéter que la France baissera, d’ici à 2025, la part du nucléaire de 75% à 50% tout en construisant un EPR de 1600 MW à Flamanville, en prolongeant la durée de vie des réacteurs à 50, voire 60 ans et en réduisant le soutien de l’Etat au développement des énergies renouvelables. Le débat national sur la transition énergétique a acté le principe d’une division par deux de la consommation énergétique du pays d’ici à 2050. Il est grand temps de mettre en musique cet objectif de sobriété et cesser d’investir dans des centrales nucléaires aussi coûteuses que dangereuses.

Extrait d’une campagne de l’association Agir pour l’environnement au cours de l’année 2013.

Évolution de l’écologie politique au cours des 40 dernières années

À ses début, l’écologie politique n’hésitait pas à tenir un discours que les conseillers en communication actuels jugeraient « négatif », face à la destruction de la planète et de l’homme par la quête de croissance infinie.
Lorsqu’en 1974 René Dumont déboule aux élections présidentielles, son message frappe : « si nous maintenons le taux d’expansion actuelle de la population et de la production industrielle jusqu’au siècle prochain, ce dernier ne se terminera pas sans l’effondrement total de notre civilisation », alerte-t-il en s’appuyant sur le rapport du club de Rome. Raréfaction des ressources naturelles, du pétrole, des minerais, destruction de la biodiversité, pollution de l’air, de l’eau, des sols, bouleversement climatique, pillage du tiers monde : l’agronome détaille la catastrophe sans esquiver, sans chercher à caresser dans le sens du poil le spectateur habitué à des élans enjoués sur le thème des lendemains qui chantent. Non, lui appelle à « une mobilisation générale de survie ». C’est « l’écologie ou la mort ». Il parle d’en finir avec la croissance sans limites, avec le « cancer de l’automobile », la « folie nucléaire », la « surconsommation des pays riches », l’urbanisation délirante. Il invite à reconvertir la production, à redistribuer les richesses, à nous auto-limiter. Ses propositions subversives ne font pas dans le consensus ouaté : suppression de la publicité, taxation massive des consommations somptuaires, de l’automobile, suppression de places de stationnement…
Imaginons l’un des candidats aux présidentielles de 2012 déclarer : « il faut élever le coût d’utilisation de la voiture privée à un niveau tel qu’on ait un gros avantage pécuniaire à prendre le train, même s’il s’agit de 4 ou 5 personnes : une sortie en voiture doit devenir un grand luxe. »
(…)
Comme l’explique René Dumont à la gauche keynésienne : « le programme commun propose une hausse généralisée du niveau de vie, oubliant que ce niveau de vie résulte en partie du pillage du tiers-monde, du sous-paiement de ses ressources rares. »
(…)
lors de leur assemblée générale fondatrice de 1984, les Verts fustigeaient une gauche qui « n’a pas d’autre projet que de gérer le capitalisme ». Les textes d’orientation du nouveau parti brillaient par leur intransigeance : « Les modèles de société que nous offrent tant l’Est que l’Ouest, tant la droite que la gauche, sont fondés sur le même postulat du développement ininterrompu des forces productives »
(…)
les Verts puis Europe Écologie ont définitivement opté pour une ligne « libérale-libertaire » revendiquée par Lalonde dès 1981, mais aussi Daniel Cohn-Bendit ou Noël Mamère. Et qui s’exprime si bien dans leur soutien sans faille à la construction ultralibérale d’une Union-européenne-marché-sans-entraves et dans leur volonté d’en finir avec toute souveraineté nationale. Bien loin de la remise en cause fondamentale de la société de consommation et des appels à l’austérité, ils ne se contentent plus que de timides aménagements du capitalisme, d’un effacement de l’écologie dans l’économie triomphante et d’un réformisme propre sur lui qui ne heurte personne.

Extrait d’un long article de Pierre Thiesset dans le journal La décroissance de novembre 2013.
Ce long article décrit l’évolution de l’écologie politique et de son discours depuis les années 70 jusqu’à aujourd’hui.

Abandonnons l’élevage industriel !

L’affaire des lasagnes de « boeuf » produites à base de cheval illustre parfaitement les errements d’une industrie agroalimentaire qui a rompu tous liens avec le vivant. Les animaux sont considérés comme des « sous-produits », le consommateur n’est qu’un porte-monnaie et l’environnement qu’une variable d’ajustement.

La consommation mondiale de viande a plus que quintuplé en à peine 50 ans. Cette boulimie de produits carnés est un cas d’école qui soulève de multiples questions en lien avec la sauvegarde de notre planète et la survie de ses habitants. L’élevage et la pêche ont aujourd’hui des conséquences dramatiques pour les humains, les animaux et l’environnement. En plus de raisons morales, culturelles ou économiques, de nombreux arguments écologiques et sociaux plaident pour une nette modération de la consommation de viande.

Recherchant la rentabilité à court terme, l’industrie agroalimentaire exploite et maltraite des animaux d’élevage. Mais nous sommes toutes et tous victimes de l’élevage industriel à des degrés divers : les pays du Sud, qui voient une grande partie de leurs terres monopolisées ; les consommateurs, qui ingèrent une nourriture de mauvaise qualité dont la consommation excessive prédispose à l’obésité et à diverses pathologies; les éleveurs, qui doivent supporter des conditions de travail très difficiles pour un revenu de plus en plus précaire.

Sur le plan environnemental, l’eau, l’air et les sols ne peuvent supporter de si grandes concentrations d’animaux ; la biodiversité animale et végétale se réduit sous le poids d’une standardisation agricole extrême ; la production des produits animaux requiert énormément d’eau et d’énergie et rejette quantité de gaz à effet de serre.

Des solutions existent mais vont à l’encontre d’intérêts économiques bien établis. Face à l’inertie des pouvoirs publics, de plus en plus de citoyens, personnalités et organisations se mobilisent afin de réclamer une alimentation plus diversifiée et moins carnée et favoriser un élevage respectueux du bien-être des animaux et de l’environnement.

Extrait d’une campagne de l’association Agir pour l’environnement pour soutenir un modèle d’agriculture durable et extensif.

Changer de société pour sauver notre planète

Crises énergétiques et climatiques, raréfaction des ressources naturelles, effondrement brutal des écosystèmes, contaminations chimiques, radioactives, électromagnétiques, génétiques… Face à l’urgence écologique, Agir pour l’Environnement n’a de cesse de mener campagne en faveur d’une planète vivable. En 15 ans, une quarantaine de campagnes a été menée en partenariat avec de très nombreux acteurs associatifs et syndicaux. Chaque campagne est l’occasion de démontrer qu’un autre monde est possible.
Les trente glorieuses et cinquante gaspilleuses continuent à être le modèle indépassable auquel se réfèrent la plupart de nos décideurs politiques et économiques. Nucléaire, autoroutes, pesticides, nanotechnologies, OGM, agrocarburants, microparticules, aéroports, antennes relais, publicité… sont sans cesse évoqués comme solutions pour relancer la sacro-sainte croissance économique.
Le système économique dominant semble frappé de cécité aiguë. Nos sociétés semblent continuer ainsi à croire qu’une croissance infinie dans un monde fini est possible et souhaitable. Alors que tous les indicateurs sont au rouge, nous perdons ainsi un temps précieux.

Extrait d’un document de l’association Agir pour l’environnement qui résume bien la situation actuelle.
Certains décideurs politiques habillent quelquefois de vert leurs discours mais aucun acte, aucune décision…

Les Français payeront l’addition pour les camions

Les routes ne sont pas gratuites. Elles sont payées par les Français et usées par les camions. En outre le « tout camion » pollue et réchauffe le climat. Cette taxe, juste écologiquement et socialement, si elle n’entre pas en vigueur va entrainer une augmentation des impôts locaux pour payer l’entretien des routes passées sous l’autorité des collectivités locales. Elle est aussi un signal pour les poids lourds de toute l’Europe : venez traverser la France, c’est pas cher pour vous !

Le cadeau fiscal ne résoudra rien et enfonce le pays dans la crise.

Le cadeau fiscal coûtera plus d’un milliard par an à l’Etat, en manque à gagner, 800 millions de plus si le contrat avec le prestataire est rompu. Par ailleurs, la crise profonde que traversent certains secteurs agricoles ne saurait trouver de solution si nous sommes incapables de favoriser une production (notamment agricole) de proximité, faiblement émettrice de gaz à effets de serre et de pollutions atmosphériques.
Le moins disant environnemental et social, payant le plus mal ses salariés et polluant le plus, continue d’être l’alpha et l’oméga d’un dogme productiviste qui saigne nos territoires et notre économie. Tant pis pour les conséquences tant que le prix est le plus bas possible et qu’on ne paye pas pour son outil de travail (la route)…

Nous n’aurons pas les moyens de la transition écologique

Pour mémoire, rappelons que le gouvernement avait promis que la baisse du budget du ministère de l’écologie de 7% serait compensée par la TKPL. Sans elle qui le financera ?…
On ne peut continuer à faire comme avant en espérant que ça change. La transition écologique nécessite des investissements et il nous semble naturel que ceux qui sont les principaux responsables de la crise écologique soient aussi ceux qui financent prioritairement la sortie de crise au profit de tous ceux (dont de nombreuses entreprises, exploitants agricoles…) qui essayent de construire la France de demain. A moins de remettre en cause le principe pollueur-payeur et d’assumer un état de fait : aujourd’hui c’est pollué-payeur !

Extrait de la newsletter d’octobre 2013 de l’association France Nature Environnement.