Biodiversité

La vision systémique globale est primordiale et n’est pas si compliquée à mettre en œuvre.
Lors du « grand débat national » en 2019, une note de la FRB (Fondation pour la recherche sur la biodiversité) montrait qu’on pourrait avoir un vrai projet de transition écologique pour la France avec un objectif simple : ramener l’empreinte écologique à hauteur de sa biocapacité.
Aujourd’hui, notre empreinte écologique est de 4,7 hectares par habitant et par an, tandis que notre biocapacité est de 2,7 hectares sur tous nos territoires y compris l’outre-mer. Les deux hectares manquants sont pris à l’étranger, générant la destruction des forêts tropicales, la dégradation de certains milieux, l’exportation de nos déchets plastiques et donc une qualité de vie moins bonne pour les habitants.

La financiarisation de la biodiversité est-elle contre-productive ?

Notre économie est fondée sur la destruction de la biodiversité et c’est ce qu’il faut changer profondément. Par exemple, si je détruis un arbre, je prive la population des bénéfices que cet arbre procure gratuitement (ombre, oxygène, captation de CO2). Est-ce qu’il ne serait pas juste que je compense la perte induite par la destruction de l’arbre ? D’autres alertent sur les dangers de cette financiarisation, parce que ceux qui ont assez d’argent paieront pour pouvoir détruire, au détriment des plus pauvres.
Harold Levrel, chercheur en économie écologique, montre que le système actuel est pervers car la majorité des activités ne dépendent pas de la biodiversité, malgré l’idée reçue. Une intervention de l’État est donc nécessaire pour dire que la biodiversité est un bien commun qu’on ne peut pas exploiter sans contrepartie. Si on en retire des bénéfices, il faut obligatoirement un système efficace de préservation, de restauration écologique, d’exploitation durable pour que les générations futures puissent en profiter.

Extrait d’un entretien de Hélène Soubelet dans Politis du 11 mars 2021.

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